La tendresse

Sortie le 16 octobre 2013 en Belgique

Un film de : Marion Hänsel – Belgique – 2012

Avec : Marylin Cantot et Olivier Gourmet, et la participation de Sergi Lopez

Durée : 1h28

Autre : V.O. sst. NL.

«Un couple séparé depuis quinze ans se retrouve le temps d’un voyage de deux jours pour aller chercher leur fils hospitalisé à l’étranger suite à un grave accident de ski. Que ressentent-ils encore l’un pour l’autre; de l’indifférence, de la rancœur, de la jalousie ? Ou peut-être de la connivence, de l’amitié, qui sait de l’amour. Ce road-movie léger, qui nous emmène de Bruxelles au sommet des Alpes, nous fera découvrir Frans et Lisa deux êtres profondément sincères pour qui nous ne pourrons ressentir que de la tendresse».

Le film s’ouvre sur un travelling magnifique sur les Alpes enneigées, et on se dit que c’est plutôt bien parti… deux surfeurs s’éclatent à dévaler les pentes hors-piste, juste le bruit des planches glissant sur la poudreuse, magique. Puis vient l’accident : Jack (Adrien Jolivet), moniteur de ski belge (il ne doit pas y en avoir beaucoup, n’ai-je pu m’empêcher de penser), rentre dans un arbre, comme ça. Ah, bon.

Pour des raisons d’assurance dont Lisa (Marilyne Canto), la mère de Franck, ne nous épargnera aucun détail, la voilà contrainte d’aller chercher son grand dadet de fils (oui parce que le type a quand même une bonne grosse vingtaine d’années, mais il a besoin de MAAAAANMAN) à plus de 800 km de chez elle – et de contacter son ex-mari (Frans, Olivier Gourmet), qui doit, semble-t-il, inévitablement faire partie du voyage – oui, je pourrais facilement dire que je me suis demandée POURQUOI elle ne pouvait pas aller chercher son fils toute seule comme une grande adulte indépendante et responsable qu’elle est, mais certains de mes amis pourraient ENCORE m’accuser de tenir des propos odieusement féministes.

Et voilà donc la fine équipe partie, sur les routes de Belgique, du Luxembourg, puis de France. Et, à partir de ce moment-là, j’ai commencé à me poser de sérieuses questions. Parce que bon, les soi-disant sentiments résiduels d’une histoire d’amour que le film prétend saisir, moi, je les cherche encore… Marion Hansel, da sa note d’intention, déclare qu’elle « avait envie d’écrire une histoire simple, linéaire,…, qui parle de gens comme vous et moi. Des gens heureux, dont on dit qu’ils n’ont pas d’histoire, et qui comme nous tous vivent aussi les petites peines et les grands chagrins de la vie ». Alors voilà, on suit Frans et Lisa, qui parlent de la pluie et du beau temps dans cette voiture qui va QUAND MÊME FAIRE 800km, MON DIEU ! Elle rappelle maladroitement et de façon téléphonée les bons souvenirs d’enfance du « petit », lui sur-joue le mec revêche mais tendre au cœur. Ben moi je ne dois pas en avoir, du cœur, parce que ça m’a agacée cette mièvrerie latente, ce flottement sentimental dans lequel sont plongés les deux personnages.

Il faut reconnaitre que filmer dans une voiture est ardu : pas de distance par rapport au sujet, peu de mouvements possibles, etc… mais ici, pour moi, l’absence totale d’intrigue, couplée à des personnages caricaturaux (Lisa est dans la lune, mais vraiment loiiiiiiiiiiiiiin, et Frans est bougon mais alors beaucoup), des dialogues d’une banalité voulue par la réalisatrice, et des situations tellement saugrenues qu’elles deviennent comiques (la promenade nocturne impromptue de Lisa, la présentation de la petite copine Alison (Margaux Chatelier) ont tout simplement fini de plomber le film.

Rien ne nous est épargné de la vie très banale de ces gens : les problèmes au péage (grande totale : Lisa s’est garée trop loin du péage, n’arrive pas à insérer sa carte, la ceinture se bloque, elle gesticule, proteste en geignant, elle joue l’ingénue, sa carte belge ne fonctionne pas mais elle n’a pas l’idée d’essayer le carte INTERNATIONALE (oui, comme elle se trouve en France, ça pourrait aider), etc …, les propos misogynes de Frans, le fils sur-couvé qui a l’air d’un adolescent attardé, la présentation de la petite copine… BREF, un peu long pour moi. Et l’apparition, nouvel élément dont on ne comprendra encore une fois pas l’objet, de Sergi Lopez ne viendra rien changer à l’addition.

Il faut toutefois souligner la bonne performance d’Olivier Gourmet, qui excelle dans son rôle de père de famille un peu distant et bourru; il me fait penser à un Jean-Pierre Bacri belge. Il est d’ailleurs tellement bon qu’il a lui aussi l’air agacé, dans ce film.

Enfin, comme vous l’aurez compris, je n’ai pas su être saisie par le sens profond de ce film, que j’ai malheureusement vu comme un amalgame de clichés sur une famille banale, agrémentés d’éléments (peu) perturbateurs dont je n’ai pas compris l’intérêt, ni pour l’intrigue, ni pour le film. J’ai pourtant lu de nombreuses bonnes critiques sur le film, qui a été sélectionné dans de nombreux festivals, c’est pourquoi je me pose de sérieuses questions sur mes facultés d’empathie: allez passer le test, vous me direz si, vous, vous avez du cœur !

Pour plus d’information : http://latendresse.be/fr/

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Curieuse, spontanée, enthousiaste et exigeante, j'aime aller au théâtre et j'aime raconter ce que j'y vois, que j'ai aimé ou pas!

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