L’assaut des cieux

Sur la scène, quelques tas de sable, des seaux éparpillés, et un grand mât de singe qui se dresse, central. Ce sera le terrain de jeu de la bande des six danseurs de Claudio Bernardo. Qui sont-ils ? Des adolescents dans un collège anglais, des hommes pleins de testostérone prêts à en découdre, des explorateurs suivis par les habitants d’un nouveau monde ? Nul ne le sait. Ils semblent en tous cas décidés à trouver un moyen pour s’envoler, s’élever au-dessus de leur condition.

Dans un premier temps, le mât sera leur support : ils partent à l’assaut de l’appendice gigantesque, se jouant de l’apesanteur et des contraintes physiques pour proposer un ballet limpide, en apparence si simple. Ils s’élancent, se croisent, tournent, tombent dans une chute vertigineuse mais toujours contrôlée. S’appropriant l’espace, souvent par groupe de deux, ils jouent, s’interpellent, se chahutent, se défient. Les mouvements sont vifs, nerveux, précis, justes. Les scènes sont joyeuses, souvent pleines d’humour : la joie de vivre, l’enthousiasme, l’espièglerie transpirent. Elise Gabële, qui vient placer sa très belle voix sur du Haendel et du Purcell, les regarde ainsi apprendre à voler, pleine de bienveillance, un brin moqueuse.

Assaut 2

Dans la seconde partie, les danseurs se lancent dans la quête d’un absolu : ils vont au-delà de leurs craintes et s’élèvent, non plus au sens premier du terme, mais plus spirituellement, pour se mesurer aux dieux. En basculant dans l’intériorité, cette seconde partie s’éloigne de la narration pour mieux retranscrire le questionnement du sacré. L’aube, le zénith, le crépuscule, la nuit… Ces mouvements silencieux, irrationnels et béants qui font bouger les hommes et leurs corps, influencent leurs humeurs, leurs couleurs, leurs sexualités. Comprendre, questionner… dans un effort de dépassement violent, jusqu’à la mort.

La pièce met en lumière le désenchantement d’un monde, la tentation du sacré, et le départ inéluctable, quoi qu’il en soit. En s’appuyant sur ces six interprètes, qui livrent une performance physique impressionnante avec une légèreté et une virtuosité inversement proportionnelle, Claudio Bernardo questionne la métaphysique de l’homme, de façon très poétique, esthétique et élégante.

L’assaut des cieux

Du 02/10 au 11/10 au Théâtre Varia
Chorégraphie : Claudio Bernardo
Avec : Steven Berg, Vincent Claveguera, Diogo Dolabella, Benoit Finaut, Ricardo Paz, Ondrej Vidlar
Musique originale : Yves de Mey
Musique : Haendel, Purcel, Jim Morrison
Chant : Elise Gabële

Plus d’informations sur le site du Théâtre Varia

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Curieuse, spontanée, enthousiaste et exigeante, j'aime aller au théâtre et j'aime raconter ce que j'y vois, que j'ai aimé ou pas!

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