Lastman 3

Avec le tome 3 de Lastman, Vivès, Balack et Sanlaville donnent à leur projet fou une nouvelle envergure. Fini la belle vallée aux relents moyenâgeux suaves. Le boxon que Richard avait déjà introduit « en douceur » (à lire avec l’accent marseillais) dans les deux premiers tomes, prend ici toute son ampleur, avec le départ de Marianne et d’Adrian de la vallée pour se mettre en chasse de celui qui est parti sans laisser de petit mot sur la table de chevet. Le rustre.

Adieu veaux, vaches, cochons (et encore), bonjour lumière des tristes néons, chant des moteurs au diesel et charme de la tôle ondulée. Bienvenue à Nillipolis.

Passé le rideau de brouillard épais qui sépare un monde de l’autre, c’est aussi l’anachronisme qui fait un tour sur la tête puisque la moto ne l’est plus et ce sont Marianne et Adrian qui font tâche.

Le contraste avec les décors des premiers épisodes est saisissant et c’est tout l’univers de Lastman qui s’en retrouve enrichi et augure d’autres développements tout aussi jouissifs. L’intrigue s’épaissit également et souligne que l’intention des auteurs est bien de développer un récit solide derrière le plaisir de mettre en scène de la bonne vieille baston à la japonaise.

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De baston, rassurez-vous, il en sera encore question car le trio ne manque pas d’idées pour conserver à leur franchise l’odeur de la testostérone et la douce image de la chair meurtrie.

Malgré un démarrage en douceur, le naturel revient au galop et l’épisode se laisse dévorer comme les deux premiers, tant l’alchimie de ce manga « à la française » est une indéniable réussite. Un coup de poker qui semble se révéler payant.

Comme pour un épisode de série HBO (c’est un exemple), les auteurs laissent le temps à l’intrigue et à l’univers de percoler dans nos petites cellules grises, afin de pouvoir s’amuser du détail et de toute la saveur de scènes qui peuvent se prolonger au-delà de ce que permet habituellement le média bd. Les auteurs prennent visiblement leur plaisir pour le plus grand nôtre (jsais pô si c’est français ça, mais on s’en f…t, on est dans Lastman, pas chez l’oncle Paul).

Bref, le dessin déchire, le scénario aussi. Quand c’est bien, il ne faut pas en faire des tonnes, hormis vous encourager chaudement à dévaliser les stocks de votre libraire préféré d’autant que Noël est une excellente occasion et que ce tome 3 est sorti depuis le 6 novembre 2013. Plus d’un mois déjà, mais donc plus que deux mois à attendre avant le tome 4. A priori…

Collection : KSTR
Serie : KSTR
Tome : 3
Pages : 216
Prix : 12,50 €

Editions : Casterman

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Comme le dit si bien Pascal Quignard, "Ecrire, trouver le mot, c'est éjaculer soudain". Ou encore Alphonse de Lamartine, "La critique est la puissance des impuissants". Mmh, pas très cohérent tout ça. Pour ma part, et pour contredire Sheakspeare, la critique n'est pas aisée et je ne suis pas dans l'aisance. J'écris néanmoins parce que c'est par moment assez jouissif, comme l'exprime si bien l'ami Quignard. A part cela, j'aime le cinéma, la bd, la musique et les citations à la con.

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