Lastman 4

Si un coup de poing se décomposait en quatre temps, cet épisode pourrait logiquement être associé à l’onde de choc ou à la transmission d’énergie (douloureuse dans ce cas-ci) consécutive à la percussion (violente) de l’épisode précédent.

A la poursuite de Richard Aldana, Marianne et Adrian ont quitté Nillipolis et son charme rustique pour les ors de la sophistiquée Paxtown. Un Richard Aldana que mère et fils ne vont pas tarder à retrouver engoncé dans un trop confortable divan du trop suspect Mila. De ces retrouvailles impromptues, c’est Mila qui retire les marrons du feu. Il voit l’affiche de sa Fight Fist Funeral Cup enrichie par deux couples inattendus : Richard Aldana et Cristo Canyon, ainsi qu’une maman sexy et son jeune fils.

Transmission d’énergie ou onde de choc, ce quatrième tome de la saga Lastman survient après le surprenant et détonant tome 3 et se révèle somme toute moins jouissif que ce dernier. Est-ce dû à l’absence des joyeux rednecks de Nillipolis ou à une certaine lassitude qui s’installerait pour une recette, certes excellente, mais dont les trois auteurs abusent quelque peu? Sensualité, baston et bons mots, c’est plaisant un temps mais fastidieux si l’intrigue tarde à se dessiner.

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Pourtant, l’intrigue prend corps, mais bien trop timidement. Alors que Richard Aldana était depuis le début enveloppé d’un voile de mystère, Balak, Salanville et Vives profitent de cet épisode pour lever un coin de ce voile. Ainsi Richard Aldana semble avoir beaucoup d’antécédents à Paxtown. Des antécédents à charge, puisque on apprend les raisons qui poussèrent Aldana à fouler l’herbe plus verte de la Vallée.

Mais point trop n’en faut. Les auteurs se gardent bien de dévoiler les origines d’un éclat qui vit Aldana se faire exclure de la Fight Fist Funeral Cup qu’il est sur le point de réintégrer en grandes pompes, d’autant que surgit la belle Tomie Katana qui a plus que des arguments physiques à faire valoir face à Marianne et qui s’annonce comme un personnage d’importance pour la suite de la saga. A chaque épisode suffit son lot de révélations.

Ne boudons pas notre plaisir. La lecture de ce tome quatre de la saga Lastman reste un très agréable moment tant les auteurs parviennent à glisser des traits d’humour particulièrement bien sentis et à trouver des situations et des mots justes pour rendre totalement savoureuse de naturel la relation entre Marianne et son fils Adrian. Sans oublier le volet graphique qui reste indéniablement le point fort de la série. Espérons seulement que tout cela ne soit pas vain et prétexte à un délire en bande-dessinée, que les auteurs aient bel et bien une solide intrigue derrière la tête pour animer la seconde moitié de cette histoire. Sans quoi, la qualité des premiers épisodes ne ferait pas le poids à l’aune d’une série aboutie qui se révélerait décevante.

Disponible depuis le 19 mars 2014

Collection : KSTR

Série : Lastman

Tome : 4

Nombre de pages : 216

Prix : 12,5 euros

Plus d’infos sur le site des éditions Casterman

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Comme le dit si bien Pascal Quignard, "Ecrire, trouver le mot, c'est éjaculer soudain". Ou encore Alphonse de Lamartine, "La critique est la puissance des impuissants". Mmh, pas très cohérent tout ça. Pour ma part, et pour contredire Sheakspeare, la critique n'est pas aisée et je ne suis pas dans l'aisance. J'écris néanmoins parce que c'est par moment assez jouissif, comme l'exprime si bien l'ami Quignard. A part cela, j'aime le cinéma, la bd, la musique et les citations à la con.

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