Le bruit des os qui craquent

« C’est l’histoire de deux enfants soldats en fuite et celle d’une infirmière qui témoigne. Après une rafle dans son village, la petite Elikia devient enfant soldat. Deux ans plus tard, c’est Josepha, la plus jeune enfant à parvenir au camp des rebelles, qui lui donne le courage de fuir et de les sauver toutes les deux. »

J’aimerais pouvoir ne pas écrire cet article. Car devoir transmettre ce que j’ai vécu, fait rejaillir des émotions que je n’ai pu contrôler suite au spectacle. C’est donc dans la douleur et avec à nouveau des larmes que je m’adresse à vous. Je peux donc vous assurer que vous ne sortirez pas indemne de ce spectacle.

Il est de certaines réalités qu’on n’ose à peine penser ou imaginer jusqu’à ce que, par ce genre de pièce, on nous les mette sous le nez ! Tel un conte, voilà l’histoire de deux fillettes traversant la vie et la forêt pour fuir les méchants. Mais ne vous y méprenez pas, ici pas de féerie ! Juste des kalachnikovs, des pieds meurtris par la fuite et l’odeur de la peur au souvenir des regards assassins… Ici on vit un témoignage, celui d’une vie volée, vie de soldat, de fugitive, de captive, certainement pas celle d’une enfant.

C’est fort de voir la transformation d’une personne au contact d’une autre et l’humanité resurgir des entrailles d’un bourreau. Car c’est une mère qui va se révéler en Elikia, petite de 14 ans pour sauver Josefa, 10 ans.

La scène est presque vide de décor, mais il n’est pas nécessaire lorsque le jeu d’actrice est si juste et envahit la salle de son authenticité (car oui le spectacle est sous-titré en prime). Pas d’artifice, pas de dramatisme, juste des faits révélés tout simplement et sans pommade.

Parfois, le publique a ri. Mais d’un rire nerveux duquel suintait la gêne face à cette réalité sur laquelle on ferme si facilement les yeux.

Des enfants comme Elikia et Josefa ne sont pas exceptions. Leur destin pour la plupart ? Une balle ou le sida. Leur vie ? Trop courte !

Du 31/01/13 au 16/02/13 à 20h30 au Théâtre de Poche, 1a Chemin du Gymnase à 1000 Bruxelles.

De : Suzanne LeBeau.

Mise en scène : Roland Mahauden.

Avec : Angel Uwamahoro-Kabanguka, Olga Tshiuyka-Tshibi, Aïssatou Diop.

En partenariat avec Amnesty International et la Croix Rouge.

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