Le mec de la tombe d’à côté

« Bibliothécaire et citadine pragmatique, Daphné vit dans un appartement tout blanc, très « tendance ». Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que les manières : Jean-Marie vit seul à la ferme avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s’en sort comme il peut grâce à une bonne dose d’humour et d’autodérision. Chaque fois qu’il la rencontre, il s’énerve lui aussi contre la «Crevette», avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Rien, a priori, ne devait rapprocher ces deux-là, et pourtant… Entre la petite bourgeoise et l’agriculteur, il y a un fossé, plus grand qu’une tombe, de la taille d’un préjugé ! À travers la rencontre improbable de ces deux marginaux, la pièce nous emmène vers des questions peut-être naïves, mais redoutables : l’amour est-il plus fort que l’appartenance à une classe sociale ? Le milieu dans lequel nous évoluons va-t-il jusqu’à déterminer nos futurs partenaires ? »

Le mec de la tombe d’à côté au Public, encore une pièce qu’on ne pouvait pas manquer !

On vous avait parlé, il y a un peu moins d’un an, du roman suédois dont elle est inspiré. Un roman doux et agréable, malgré la thématique amoureuse un tantinet prévisible, qui n’était clairement pas passé inaperçu chez les lecteurs puisque, traduit en français en 2006, il s’était rapidement imposé comme best-seller.

Mettre en scène un roman est toujours un défi. Je ne vous apprendrai rien. Transposer décors, pensées, paroles d’un monde où, en une phrase, on peut abolir toutes les frontières à un plateau aux limites visuelles et spatiales concrètes, n’est jamais une sinecure.

Toutefois, Michelangelo Marchese ne s’est pas laissé impressionné par le succès de la charmante suédoise et c’est avec brio qu’il a réussi à contourner la problématique du décor, nous offrant une scène simple et sobre, séparée en deux, biaisée, partageant le monde froid et blanc de Désirée – ici appelée Daphnée – et l’univers terreux et rustique de Benny – Jean-Marie dans la pièce – d’un coup net et franc. Sorte de tranchée, de fossé entre ces deux sphères qui se rejoignent en un simple déplacement de mobilier, aussi symbolique que fonctionnel.

Le texte lui aussi est bien pensé, alternant entre réflexions et dialogues, jouant un peu des répétions, des échanges et surtout des boutades qui le ponctuent. Le public rit ou sourit souvent face à l’incongruité des dialogues, des petites folies et incompréhensions mises en évidence et on peut clairement sentir l’enthousiasme des deux acteurs, qui n’en sont pas à leur première fois.

Le seul bémol serait peut-être lesdit acteurs qui, malgré leur jeu explosif, ne semblaient pas toujours au sommet de leur forme. Quelques cafouillages mais surtout une forme de désincarnation par rapport à leur personnage qu’ils ne semblaient pas totalement maîtriser. Mais peut-être est-ce simplement leurs différences indéniables avec les Dérisée et Benny de notre imaginaire qui les aliènent et en font, à nos yeux, des étrangers…

Du 08/01 au 02/02 au Théâtre Le Public, 64-70 rue Braemt à 1210 Bruxelles. Les tarifs sont de 7 à 25€.

De : Katarina Mazetti.

Mise en scène : Michelangelo Marchese.

Avec: Florence Crick et Guy Theunissen.

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