Le Père Noël calibré pour cartonner

Fin d’année oblige, voici venu le temps des films qui enfilent la barbe blanche et le costume rouge. Film familial, conte moderne, comédie, Le Père Noël ne prétend pas à autre chose que de proposer un divertissement qui correspond à la saison. Bons sentiments et aventures sur fond de relation enfant-adulte. Tels sont les arguments de ce Père Noël.

En cette nuit de Noël, Antoine, 6 ans, rêve de rencontrer le Père Noël et de faire un tour dans son traîneau avec l’espoir de rencontrer son père parti dans les étoiles comme le lui raconte sa mère. Alors que le Père Noël se ramasse lamentablement sur le balcon de la chambre d’Antoine, ce dernier est bien trop émerveillé pour voir en ce Père Noël un cambrioleur roublard. Après nombres de tentatives pour se débarrasser de cet importun, le Père Noël va s’associer au jeune garçon pour former un duo inattendu qui va parcourir les toits de Paris, chacun à la recherche de son rêve.

À Noël le cinéma propose des contes de Noël et les cambrioleurs se déguisent en Père Noël. À chacun le droit d’exploiter la magie de Noël, ma bonne dame. C’est de bonne guerre. Alexandre Coffre, à qui l’on doit l’imprononçable comédie Eyjafjallajökull avec Dany Boon et Valérie Bonneton, sait exploiter « le bon filon », et est à la manœuvre de ce film qui est gentiment calibré pour racoler les familles en quête de divertissement et de magie de Noël en ce beau mois de décembre.

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Prenez un orphelin, un gentil voyou abrupt et Paris une nuit de Noël et vous aurez un Été de Kikujiro « à la française », soit les tribulations d’un duo improbable dans un Paris enchanté malgré le vilain Père Fouettard (que fait-il encore là à Noël?) qui vient régler ses comptes avec le Père Noël cambrioleur. Antoine et le Père Noël se confrontent, s’apprivoisent et vainquent leurs différences pour le plus grand bénéfice de la morale finale. Voler c’est pas beau, travailler c’est trop dur, mais ça valorise. Antoine trouvera t-il un père de substitution? Oui, non, peut-être, peu nous chaut. C’est là que le bât blesse, cette gentille comédie ravira sûrement les enfants, mais laissera les parents en bord de chemin parce que le film échoue dans sa tentative de lecture satirique de la magie de Noël.

Tahar Rahim dans le rôle du gentil voyou déguisé en Père Noël, ce n’est peut-être pas une idée folle, mais c’est LA bonne idée du film. Il a un sens du comique assez étonnant sans pour autant se départir d’un ton grave parfois corrosif. Habitué au rôles dramatiques (Un Prophète, Grand Central) Tahar Rahim confirme avec ce film, ainsi que le récent Samba, qu’il sait tout jouer.
Victor Cabal qui interprète le jeune Antoine est assez convaincant. Pas toujours juste, mais toujours touchant.

Le Père Noël est un peu en avance cette année et dès ce 10 décembre dans les salles.

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Comme le dit si bien Pascal Quignard, "Ecrire, trouver le mot, c'est éjaculer soudain". Ou encore Alphonse de Lamartine, "La critique est la puissance des impuissants". Mmh, pas très cohérent tout ça. Pour ma part, et pour contredire Sheakspeare, la critique n'est pas aisée et je ne suis pas dans l'aisance. J'écris néanmoins parce que c'est par moment assez jouissif, comme l'exprime si bien l'ami Quignard. A part cela, j'aime le cinéma, la bd, la musique et les citations à la con.

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