Le sexe ne me choque pas et vous?

Non, ça ne me choque pas. Mais apparemment, ce n’est pas de cas des parents qui ont porté plainte contre la dernière campagne publicitaire d’American Apparel, dont voici quelques images…

Bon, OK, il y a un problème: la femme est présentée comme un objet. Mais cette constatation ne s’applique absolument pas qu’au cas d’American Apparel, c’est une réalité plus générale qu’on observe dans les médias! De plus, ce problème d’objetisation de la femme ne s’applique pas qu’aux représentations sexualisées. C’est aussi en nous collant systématiquement derrière les fourneaux ou en nous poussant à remplir nos assiettes de brocolis-poisson vapeur qu’on passe pour des potiches. Entre autres, hein. Mais comme nous sommes samedi aprem et que nous avons besoin de nous divertir, nous n’allons pas nous prendre la tête et renter dans le débat de la femme-objet.

A part ça, je ne vois pas où est le problème. On voit un téton, du string et des poses hot qui me font vaguement douter de mon hétérosexualité, mais je vais dire… comme partout ailleurs!

Les gens de ma génération voient depuis leur tendre enfance des seins volumineux remplir des soutien-gorges dans les abribus, des poses lascives dans les magazines parce que « cette voiture/montre/machine à laver est tellement excitante! » et entendent gémir celles qui goûtent un yaourt à la télévision comme si on leur léchait le minou en hors-champ.

Et ce n’est pas tout! A peine adolescents, nous chantions – très faux, mais ça compte quand-même – « I wanna, I wanna, I wanna, I wanna, I wanna really really really wanna zigazig ha! » des Spice Girls, sachant bien qu’il ne s’agissait pas de chocolat ou de paillettes, et nous avons vu du porno avant même d’avoir des préservatifs dans nos porte-feuilles. Sans compter que grâce à Internet, nous avons découvert diverses perversions qui ont relégué la sodomie aux rang des pratiques douces et romantiques.

Cela a-t-il banalisé notre image de la sexualité? Oui! Est-ce mal? Non!

Comment ça, « non »?

D’une part, il ne faut pas croire que les jeunes exposés à un message vont forcément tout copier, les yeux fermés. Sinon, nous serions tous des boîtes à MST. Grâce à l’éducation et à une initiation à l’esprit critique, on prend le bon et on jette le mauvais. D’office, certains auront une sexualité foireuse, mais allez plutôt chercher du côté des troubles psychologiques

D’autre part, cette banalisation de la sexualité entraine aussi une suppression des tabous. On voit du sexe, on parle de sexe! Avec son partenaire, avec qui on nomme ses envies sans rougir, ou entre copines avec qui on n’hésite plus à parler de choses intimes. On se rassure en découvrant que Machin est elle aussi clitoridienne ou que Trucmuche a également opté pour le ticket de métro. On rigole, on fait des découvertes… On commente le dernier post de Maïa Mazaurette sur Sexactu, on lit sans gêne Fifty shades of Grey et on achète des sex toys comme on investirait dans un fer à lisser. Bref, le sexe est devenu fun et c’est bien comme ça!

Bon, c’est pas mai 68, non plus. Donc les parents éviteront d’afficher leur sexualité à leurs enfants et on n’exposera pas les plus jeunes à certains messages. Ne vous méprenez pas sur mon propos! Ce que je voulais simplement vous démontrer, c’est que c’est inutile de crier au diable dès qu’un contenu média est érotique.

Je dirais donc, pour le cas « American Apparel »: admirons le côté artistique de ces photos ambiance « Terry Richardson », dévorons des yeux ces belles courbes et… voilà. Et cela ne fera pas de nous des blasés du sexe: je rigole toujours quand j’entends le mot « pénis »!

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Clara, la vingtaine avancée, passionnée de style, voit la mode comme un moyen de se mettre en valeur et de se sentir mieux dans sa peau. Dans la "vraie vie", travaille comme copywriter et community manager.

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