Lee Friedlander: Self and Family

Cet automne, la Fondation A nous propose une très belle exposition sur un des plus grands photographes américains contemporains : Lee Friedlander. Intitulée Lee Friedlander: Self and Family, l’exposition met l’accent sur les autoportraits de l’artiste et les portraits intimes qu’il réalisa de sa famille, et plus précisément sa femme, Maria, et leurs deux enfants, Erik et Anna.

Né en 1934 dans l’état de Washington, aux Etats-Unis, Friedlander débarque en 1955 à New York. Il y suit alors des orchestres de jazz en tournée, devenant ainsi un témoin privilégié de la scène jazz new yorkaise. Mais Friedlander est aujourd’hui surtout connu pour ses photographies représentant la vie quotidienne dans les grandes villes américaines. A l’instar des monstres sacrés que sont Walker Evans, Eugène Atget ou encore Robert Frank, Friedlander aime à photographier la ville sous toutes ses coutures : les vitrines, les écrans, les gens qui se promènent, les publicités. Déjà dans ces photographies, on voyait apparaître l’ombre du photographe sur les objets – ou même les personnes – qu’il photographiait. Comme pour montrer qu’il y a, derrière chaque photographie, un photographe caché dans l’ombre.

Ce jeu sur les ombres se retrouve dans ses autoportraits. Dans ses photographies, Friedlander s’amuse à prendre son ombre en photo. Il aime aussi à se photographier dans les vitrines de magasin, ou à se prendre en photo en tenant son appareil photo devant lui dans ses bras tendus. Il fait de même avec sa famille, son autre sujet préféré. Les photos de sa femme et de ses enfants sont sublimes. Si elles apparaissent, à la surface, comme de simples photos de famille, on s’aperçoit rapidement que le sens du détail, de la lumière et de la composition de Friedlander les élèvent au rang d’œuvres d’art. J’ai été particulièrement touchée par les photographies de Maria, tenant son bébé dans sa voiture, ou de Friedlander jouant avec sa fille dans des feuilles mortes. Les cinquante photographies exposées sont toutes en noir et blanc, mais un noir et blanc lumineux, qui achève de transformer ces instants de vie en œuvres d’art.

Cette exposition de photographies familiales est complétée, dans le petit bureau, par une série de photographies plus récentes et regroupées sous le titre Mannequin. Dans cette série, Friedlander revient à ses premières amours et arpente les rues de New York, Los Angeles et San Francisco pour y photographier les vitrines de magasins. Ici aussi, Friedlander joue avec la lumière et les reflets en nous montrant les bâtiments reflétés dans les poupées mannequins.

Lee Friedlander: Self and Family.
Jusqu’au 14 décembre 2014 à la Fondation A, Av. Van Volxem 304, 1190 Bruxelles.
Du jeudi au dimanche, 13h – 18h.
Tickets : 4€ / 2€ / gratuit.

Photo : Lee Friedlander, Philadelphia, Pennsylvania, 1965
© Lee Friedlander, Courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco

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Diplômée en Histoire de l'Art et en Etudes culturelles, Margaux s'intéresse tout particulièrement à l'art moderne et contemporain.

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