Les artistes qui fouleront les planches du Festival des Mini-Classiques (26, 28, 29/9) se confient !

Le Festival des Mini-Classiques approche à grands pas ! Culture Remains a décidé de s’intéresser aux artistes qui poseront leurs instruments, manieront l’archet, feront glisser leurs doigts sur les cordes de guitare, de violoncelles ou tapoteront avec rythme en soufflant mélodieusement sur les touches de leur clarinette. Nous parlons bien sûr du Duo Calloé (violoncelles), du Morganite Duo (clarinette et guitare) et du TetraCelli Quartet (violoncelles). Ils joueront respectivement les 26, 28 et 29 septembre ! Cerise sur le gâteau : cet événement est soutenu par le Parlement francophone bruxellois !

Les représentations ont chaque fois lieu la veille d’un congé ! Vous n’avez pas d’excuses pour ne pas venir les écouter ! Et pour donner véritablement envie aux plus récalcitrants et perplexes, nous avons rencontré les musiciens afin qu’ils se confient, et nous livrent leurs secrets musicaux… voire personnels !

Oui ! Cyril et Frederika du TetraCelli Quartet ainsi que les deux duos (Calloé et Morganite) conjointement, ont accepté de répondre à nos questions et de lever le voile sur certains pans de leurs activités musicales et de leurs carrières !

Les réservations peuvent se faire dès à présent via le site du Théâtre de La Clarencière !

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Parlez-moi de votre groupe. Quand a-t-il été fondé ?
Duo Calloé – Nous nous sommes rencontrées en 2013 lors de nos études à l’IMEP (Namur). Nous avons commencé par suivre le cours de musique de chambre ensemble puis, assez rapidement, une proposition de concert est arrivée. Nous avons adoré jouer ensemble et nous avons alors continué à chercher des lieux où nous produire. Le duo Calloé est né peu de temps après.

TetraCelli Quartet – Cyril : L’idée de créer un quatuor de violoncelles est venue lors d’une discussion avec Frederika à la terrasse d’un café d’Ostende où nous attendions l’heure d’un concert avec l’Orchestre National de Belgique. Quelques mois plus tard, le 18 février 2012, nous donnions notre premier concert. Depuis lors, les membres du groupe ont changé plusieurs fois mais Frederika et moi même y sommes restés fidèles. Donner une identité à un quatuor de violoncelles n’est pas facile car c’est une formation généralement occasionnelle pour des manifestations violoncellistique festives! Mais je pense que grâce à toutes les personnes qui se sont succédé dans le groupe, nous avons réussi à nous imposer comme une formation sérieuse et durable avec un répertoire précis et de qualité.

Nous avons comme fil rouge de :

– mettre en évidence le patrimoine culturel belge en interprétant des oeuvres inédites de compositeurs nationaux

– proposer une approche différente de la musique par des concerts thématiques commentés et par de nouveaux concepts.

– s’inscrire dans notre temps en élargissant le répertoire par des commandes et des arrangements.

Morganite Duo – Notre groupe, le Morganite Duo, fut officiellement créé en janvier 2018 mais nous jouons ensemble depuis notre rencontre, en tant qu’étudiantes au Conservatoire Royal de Mons, en décembre 2016. Il s’est naturellement mis en place par le biais de discussions et par l’envie de jouer, tout simplement. Nous travaillons pour l’instant des pièces touchant à l’oralité des cultures issues des Balkans mais aussi celles touchant à la culture hispanique ainsi que celles issues de collaboration avec des compositeurs de musiques plus contemporaines.

Le Duo Calloé jouera le 26 septembre en ouverture du Festival des Mini-Classiques © D.R.

Pour chacun des membres, qu’est-ce qui vous a fait aimer la musique ? Pouvez-vous décrire en quelques mots ?
DC – Chloé a commencé la flûte à bec, puis a choisi la contrebasse pour pouvoir jouer un plus large répertoire musical, et parce qu’elle était séduite par les sonorités graves. Dès l’âge de 5 ans, Camille a été attirée par la contrebasse et le violoncelle avant de jeter son dévolu sur ce dernier. Nous aimons toutes deux partager la musique et jouer en groupe ou en orchestre.

Le Duo Calloé en concert à l’église Saint-Martin de Montlevon (août 2017) © D.R.

TQ – Cyril : Mes parents m’ont fait commencer le violoncelle à 5 ans et depuis cet âge, j’ai répété avec obstination que je voulais devenir  violoncelliste! Même si j’ai eu des périodes de doute, il n’y a rien à faire, je reste passionné par cet instrument. Difficile de savoir pourquoi, hormis que mes parents écoutaient beaucoup de musique et que mon frère a débuté le violon avant moi.

Frederika : Pendant mon enfance, la musique était omniprésente. Tout le monde jouait un instrument et on allait régulièrement aux concerts ou à l’opéra.  La musique faisait partie de la vie quotidienne.

MD – Nadia, la guitariste du duo, aime la musique pour les émotions qu’elle permet de dégager et de susciter auprès de chacun… le fait également qu’elle puisse nous faire passer des messages souvent sans parole en faisant par exemple appel à certains codes. Que ceux-ci nous échappent ou qu’on les comprenne, l’expérience musicale est un fait fascinant. Quant à Aurélie, c’est une rencontre avec un clarinettiste, dans sa tendre enfance, qui a fait pencher la balance de ce côté. Si, comme dans beaucoup d’autres foyers, les chants étaient bien présents, la culture musicale classique a vite pris une place très importante dans le quotidien et par la suite, est devenue une évidence, malgré les aléas de la vie. La musique reste un domaine de création, de liberté, riche en échanges et sensations.

Quels sont vos styles à chacun et en tant qu’ensemble ?
DC – Camille aime tous les styles de musique et s’intéresse aux genres plus récents et au jazz. Chloé aime également tous les styles musicaux et est passionnée par l’écriture et la structure des oeuvres musicales. Ensemble, nous essayons de jouer un répertoire assez large d’un point de vue des époques musicales. Le répertoire pour notre formation étant assez limité, nous arrangeons nous-même des pièces qui nous plaisent. Nous sommes surtout attirées par les compositeurs romantiques ; historiquement, ils sont les premiers à avoir accordé de l’importance aux voix basses ; leurs oeuvres se prêtent donc parfois mieux à nos arrangements.

Le TetraCelli Quartet, ensemble déjà bien connu du genre et au palmarès déjà bien rempli !© D.R.

TQ – Cyril : Mes styles musicaux préférés sont naturellement la musique classique mais j’écoute aussi d’autres styles avec une grosse préférence pour la variété française de Brassens à Bénabar. Pour la musique classique, j’adore la richesse musicale de la fin du XIXème siècle et du début XXème. Je trouve extraordinaire que Piaf, Stravinsky, Louis Armstrong et Puccini auraient pu se connaître! Pour moi, la première moitié du XXème siècle est l’apogée de l’Art : la rencontre de la musique, de l’architecture, de la peinture, de la poésie, de la danse n’a jamais été aussi forte qu’à cette période. Ce croisement entre les arts est toujours présent à notre époque, et en tant qu’artistes nous-mêmes, je pense que nous avons aussi un rôle très important à jouer dans le domaine de la création artistique. L’ensemble, lui, s’inscrit totalement dans préférences stylistiques puisque le répertoire du quatuor de violoncelles a débuté grâce aux compositeurs violoncellistes vers la fin du XIXème et que depuis, il ne cesse de s’enrichir.

Frederika : Mon style préféré est la musique classique et plus particulièrement celle du 20ème siècle. En dehors de la musique classique j’écoute ce qui me plaît peu importe le style.

MD – Dans le domaine de la musique classique, les deux membres du groupe privilégient le travail de pièces issues de la musique moderne, voire contemporaine, Nadia appréciant particulièrement le répertoire des Balkans. Sachant qu’Aurélie joue également dans le milieu des fanfares et harmonies, cette dernière apprécie également ce type de répertoire plus divertissant. Le travail de la musique ne pouvant s’envisager dans un cadre fermé, nous avons développé toutes les deux des goûts éclectiques, qu’il s’agisse de la soul, du jazz ou encore du funk. Comme déjà précisé auparavant, notre duo présente pour l’instant des pièces musicales contemporaines, issues de traditions orales populaires. Ce travail s’est imposé de lui-même étant donné nos propres préférences mais également au regard du répertoire étendu dans ce domaine pour le duo instrumental que nous formons.

Qu’avez-vous vous déjà réalisé comme concert ?
DC – Nous avons eu l’occasion de nous produire à 6 reprises en Belgique mais aussi en France dans des lieux tels que des chapelles ou petites églises, des petites salles ou bien lors de mariages ou de réceptions. Nous apprécions beaucoup les concerts plus « intimes » où nous pouvons avoir un réel contact avec le public.

TQ – Cyril : Difficile d’énumérer tous les concerts depuis tout ce temps : nous devons en être à peu près à une soixantaine. Nous nous sommes prestés principalement en Belgique où nous avons déjà eu la chance de nous produire au Palais des Beaux-Arts de Charleroi, au théâtre de Namur ou encore dans la grande salle du conservatoire de Bruxelles mais aussi dans plusieurs centres culturels francophones et flamands. Nous avons été aussi invités en France à Agen, à la cartoucherie à Paris pour y réaliser la création d’une pièce qui a été écrite pour nous et cet été à Gérardmer.

MD – Notre duo étant très jeune, nous n’avons à notre actif, en-dehors des murs du Conservatoire, que deux concerts, l’un donné au Kinepolis dans le cadre des Seniors@the movies en mars 2018 et l’autre, mais non des moindres, lors de la première édition de « Les Saisons musicales de Seneffe » en avril 2018.

Morganite Duo, photo officielle © D.R.

Quelle est votre meilleure expérience ?
DC – Chaque expérience est réussie ; nous adorons rencontrer le public et découvrir des lieux différents en partageant notre passion et en passant un agréable moment.

TQ – Cyril : Avec le quatuor de violoncelles TetraCelli, je pense que notre concert au festival des midis minimes reste un moment fort. La grande salle du conservatoire était bien remplie et le concert enregistré par Musiq3. Le concert de cet été à Gerardmer a été un très beau succès aussi et j’avoue que le tournage de l’émission de la trois « l’Invitation » a été pour moi une très bonne expérience qui s’est terminée avec un concert dans la grande salle du Waux Hall de Nivelles! Après, personnellement, mon meilleur souvenir est d’avoir joué les souvenirs de Florence de Tchaikovsky dans la grande salle du Palau de la musica de Barcelone, lors d’une tournée avec Marc Grauwels.

Frederika : Avec TetraCelli, je suis d’accord avec Cyril pour le concert des midis-minimes !

MD – La première prestation publique, réellement proposée sans filet, reste un moment indéniablement crucial et enrichissant pour un groupe. Le cadre étant de plus particulier et peu propice à première vue pour ce type de prestation, nous en sommes ressorties soudées plus que jamais.

Le Parlement Francophone Bruxellois est partenaire du Festival des Mini-Classiques.

Avez-vous une actualité en ce moment ? Si oui, que préparez-vous ? quels projets pour l’avenir ?
DC – En raison de nouvelles perspectives professionnelles à 1000 km de distance l’une de l’autre, nous allons devoir trouver un nouvel équilibre. Nous tenons cependant à poursuivre et faire évoluer notre projet. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de jouer prochainement dans le sud de la France.

TQ – Cyril : Oui, nous avons plusieurs concerts de prévus, notamment au théâtre de la Clarencière. Le 6 et 7 décembre nous présenterons notre projet: « Poésie-Concert avec Jean Cocteau » à Bruxelles dans sa nouvelle version avant de le faire tourner avec les Jeunesses Musicales puisque nous avons été sélectionnés. Nous interpréterons  également ce programme qui mélange poésie, peinture, cinéma, danse grâce à des projections à Liège en janvier avant de lancer un autre projet en mars portant sur les compositeurs de musique de film. Le mieux pour connaître nos prochains concerts est de consulter notre site internet: tetracelli.com ou de nous rejoindre et de s’abonner à notre page Facebook ! Et des projets… Bien évidemment! Nous souhaiterions sortir notre premier disque en 2019 puisqu’on nous en demande très régulièrement. L’été prochain s’oriente vers une petite tournée française et j’espère que 2019 sera une année de création et de partenariat avec des compositeurs actuels. Pour le reste, je ne peux pas encore en parler!

MD – Fraichement sorties du Conservatoire, nous pouvons envisager dès lors l’avenir du groupe de manière plus active, en recherche permanente d’évolution et de découvertes. Nous travaillons pour l’instant une pièce en cours de composition, écrite et managée par Ludovic Monnier. Nous souhaitons également étoffer notre répertoire. Nous avons le projet de parcourir les différents festivals de musique classique, organisés tout au long de l’année avec l’envie de mettre en scène à terme de véritables moments musicaux permettant au public de s’échapper pour un temps de la vie trépidante.

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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