« Les Belles personnes » : une pièce pour critiquer drôlement un certain esprit bourgeois au TTO

Sur la scène du Théâtre de la Toison d’Or, au départ de la pièce, on voit une table, des chaises. On sent déjà qu’il va s’agir d’un huis-clos. Mais on ne sait pas à quoi s’attendre jusqu’à ce que les personnages entrent et nous annoncent la couleur : de la drôlerie, mais aussi de la profondeur sur des questions de société actuelles et contemporaines. Dans « Les Belles personnes« , six amis échangent, parlent, se chamaillent et rient, d’un rendez-vous à l’autre, à la maison ou dans un café, au gré des fêtes du calendrier. La pièce a lieu jusqu’au 31 mai !

L’ambiance est à la fête pour commencer. Sur chacune des chaises autour de la table installée au milieu de la scène de la grande salle du TTO, un sacré caractère, toujours à sa manière. Que ce soit Charles, son compagnon l’écrivain, ou les autres exaltés, ils et elles sont des tempéraments hauts en couleur, forts de leurs positions dans la société et qui revendiquent leur acquis, quels qu’ils soient au prix fort.

« De repas en brunch et de cocktail dînatoire en dîner de réveillon, ils tiennent la chronique de leur amitié et le feuilleton de leurs conversations. Ils mangent et ils parlent. Ils parlent et ils mangent – sauf l’alcoolique qui ne dit rien et n’avale que du vin« , nous explique l’équipe de la mise en scène des « Belles personnes« .

Quatre des six « Belles personnes » à table, en discussion © Gabriel_Balaguera

Ce qu’on observe aussi c’est que Sébastien Ministru, qu’on ne présente plus, a tapé fort sur ce coup-là. Auteur de la pièce, il a pris le pari de critiquer par l’humour et la drôlerie, ce qu’on se dit dans les salons, dans les cafés, lorsqu’on est « en privé », sans filtre, cash, franco. Des allusions à des personnages de la politique belge, à des partis, ne manquent pas, pour assaisonner le tout.

Des incursions de monologues sur des thèmes de société

Bien que se voulant drôle dans sa forme et dans son fond, la pièce se veut aussi sérieuse par certains aspects… et informative pour le public. Aussi, à la fin de plusieurs scènes de la pièce, un acteur ou une actrice (chaque fois différent.e) déclame une information, une situation, manifestement jugée problématique par le scénariste, dans la société d’aujourd’hui. Beaucoup de sujets y sont traités : l’homophobie et ses dérives, à plusieurs reprises, mais aussi le phénomène de pression sociale poussant les femmes à avoir des enfants (alors que « Douze pour cents des femmes d’aujourd’hui en Belgique ne veulent pas avoir d’enfants« , nous est-il précisé), mais aussi des « minutes Histoire » comme l’origine de la rose de Noël (« Pourquoi une rose ? »).

Ces digressions se fondent naturellement dans le fil de la pièce et permettent des transitions amenant au rendez-vous suivant de ces six personnages amis, et au déroulement de la pièce.

L’équipe de la pièce accompagnée par Sébastien Ministru, l’auteur © D.R.

La pièce va du général, du groupe, au particulier, à l’individualité des protagonistes. Au départ, on voit tous les personnages unis, formant un tout monolythique mais, petit à petit, on apprend à les découvrir (le mutisme de l’un d’eux est-il naturel ou forcé ? Pourquoi ? Quel est le point de vue de la directrice de pétro-chimie sur l’écologie ? etc.). En fin de pièce, hormis un drame, on découvre comment se sont rencontrés les personnages des trois couples dans un flash-back, où les protagonistes échangent pour la première fois.

Et ce n’est pas tout ! Des morceaux nous accompagnent du début à la fin de la pièce. De quoi nous plonger plus profondément encore dans l’émotion suscitée, drôle ou plus triste, par le dialogue et le jeu des comédiens. Un célèbre classique de la chanson française des années 60 clôture avec brio « Les Belles personnes ». Somme toute, rien à dire, il s’agit bien là d’une réussite !

Infos pratiques

Les représentations de la pièce continuent jusqu’au 31 mai 2019, du mercredi au samedi à 20h30.

Où ? Au Théâtre de la Toison d’Or (TTO), au 396 – 398 Galeries de la Toison d’Or à Ixelles (arrêt bus & métro Porte de Namur).

De Sébastien Ministru Mise en scène Nathalie Uffner Avec Laurence Bibot, Emmanuel Dell’Erba, Antoine Guillaume, Aurelio Mergola, Pierre Poucet et Soda Scénographie Thibaut De Coster et Charly Kleinermann Costumes Façon Jacmin Illustrations Justin Lalieux Création lumières Alain Collet Décor sonore Laurent Beumier Production Théâtre de la Toison d’Or.

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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