Les cartes du pouvoir: sexe, mensonge et trahison au théâtre Hebertot !

Avec Les cartes du pouvoir, première pièce de la saison, le Théâtre Hébertot nous promet déjà une bien belle rentrée théâtrale.

Depuis le 29 août, le théâtre du quartier des Batignolles à Paris nous invite à suivre sur scène l’ascension et la chute d’un jeune et brillant attaché de presse. Inspiré d’un fait réel, Les cartes du pouvoir offre une formidable plongée dans le monde impitoyable de la politique dans les coulisses d’une campagne électorale américaine. Adapté de Beau Willimon (le titre de la pièce n’est d’ailleurs pas sans évoquer une célèbre série, et pour cause il s’agit du scénariste de la série House Of Cards ), le texte est vif et passionnant, plein de suspens et d’intrigues.

Portés sur scène, les Etats-Unis et le côté obscur des liens étroits entre politique et journalisme (faits essentiellement de mensonges et de trahisons) apparaissaient bien ambitieux tant l’univers semblait difficilement transposable au théâtre et pourtant, la mise en scène de Ladislas Chollat est épatante, moderne et rythmée.  Les Cartes du Pouvoir est un mélange rare et réussi entre théâtre et cinéma. De la vidéo à la bande sonore (dont le groupe British India ce qui ne gâche rien!), la scénographie de Emmanuelle Roy est bluffante et alterne des décors (hall d’aéroport, chambres d’hôtel, snacks, coulisses électorales) qui semblent enfermer nos personnages comme prisonniers d’une toile d’araignée.

Lˋautre grande réussite du spectacle repose sur l’interprétation exceptionnelle de Raphaël Personnaz qui porte littéralement la pièce sur ses épaules. Véritable virtuose de l’intox, il est Stephen Bellamy, jeune ambitieux qui use sans cesse de ses armes (séduction et ambition) pour se jouer des autres; un rôle loin des comédies légères et grand public que lui ont offert le cinéma. À noter, aussi la présence sur scène de Francis Lombrail, le nouveau directeur du théâtre depuis octobre 2013, qui incarne une belle ordure ainsi que Thierry Fremont, toujours remarquable (il est Paul Zara, l’incontournable directeur de campagne).

L’ensemble est (malheureusement) d’actualité, cynique et cruel à souhait, sensuel et machiavélique au possible mais c’est finalement avec un réel plaisir qu’on se laisse embarquer, pour ne pas dire duper,  pendant deux heures dans cette jouissive quête du pouvoir !

Les cartes du pouvoir

à partir du 29 août 2014 au Théâtre Hébertot , 78 bis Bd des Batignolles, Paris XVIIe, Tél : 01 43 87 23 23

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Crédit Photos: Laurencine Lot.

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Atteinte de cinéphilie aiguë, Lorraine Lambinet, fille de projectionniste, a passé son enfance dans les salles obscures. Titulaire d'une Maîtrise Arts du Spectacle et Écrits Cinématographiques, elle a touché à tous les domaines du 7ème Art aussi bien à la programmation (Festival Quais du Polar, Courts du Polar), l'exploitation (Projectionniste), la réalisation (Assistante réalisatrice) ou la production (Assistante de production long-métrage ). Aujourd'hui, elle est Directrice d'un cinéma en région parisienne.

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