Les contes hérético-urbains

« Après Les Contes Erotico Urbains, Héroïcos Urbains et Bobos Urbains, Laurence Bibot, Réné Gizac, Thomas Gunzig et Riton Liebman signent, pour le Poche, une plongée délirante au cœur de toutes les hérésies ».Voilà donc trois ans que le Théâtre de Poche nous propose ses contes de fin d’année. Le concept du spectacle est simple : 4 plumes, 4 metteurs en scène, 4 acteurs, 4 histoires. Des contes de Noël ? Que nenni ! Il s’agit ici de fables résolument modernes, décalées et comme leurs noms l’indiquent : hérétiques.

Mais attention, comme l’indique le site du Poche, on ne parle pas des hérésies que l’Inquisition voyait à chaque coin de rue mais bien d’idées qui peuvent choquer ou paraître injustes. Comme jeter du chocolat. Ça c’est une hérésie par exemple. Avouez que c’est très choquant. Enfin vous avez compris l’idée.

Bref, nous voilà donc face à quatre hérétiques qui nous livrent leurs histoires, seuls sur scène, dans un décor sobre – comme c’est l’habitude du Poche – mais néanmoins très efficace. Hérésie n°1. C’est sur l’immense morceau de Madness que s’ouvre notre premier conte : Minnie 7. Entre sur scène Marge, une jeune fille pleine d’espoir, entamant une danse survoltée. Son objectif ? Remporter le casting pour le prochain spectacle de Disney, son rêve absolu. Mais peu à peu, les apparences tombent et apparaît sous nos yeux, une toute autre fille, brisée cette fois-ci. Je ne vous en dis pas plus…

Ce premier conte aigre-doux donne le ton : méfiez-vous des idées reçues ! Le texte est cinglant et inquiétant (dans le bon sens du terme), dommage que la comédienne semble avoir quelques difficultés à incarner les deux personnages du conte.

Hérésie n°2. Une femme nous fait face et nous insulte. Que fait-elle là ? Il parait qu’elle a été forcée par son psy à se livrer dans un groupe de parole. Son crime ? Elle déteste ses marmots. Ou plutôt, « elle s’en fout ». Avouez que pour une maman, ça ne le fait pas. Surtout pour notre société où la maternité est sacrée. Sacrée ? Mais non on avait dit hérétique, enfin !

Ce deuxième conte est savoureux, la plume acérée de Thomas Gunzig n’y est pas pour rien mais saluons aussi la comédienne, totalement crédible en maman indigne.

Hérésie n°3. Une fois de plus, le conte s’ouvre sur de la musique. Et quelle musique ! Je vous invite à l’écouter, cadeau. On ne sait jamais, vous pourriez être passé à côté de ce chef-d’œuvre pop interprété par la délicieuse Paris Hilton. D’ailleurs parlons-en de Miss Hilton, Laurence Bibot, auteure du texte, décide de faire brûler l’enfant chérie des USA. Pas très sympa. Mais peut-être l’a-t-elle mérité qui sait ? Le personnage, fan de la starlette organise sous nos yeux ébahis une veillée funèbre en son honneur et très vite, voilà que tout le public se dandine sous les airs de « dada dada dadada ». Comprenne qui pourra. Cette troisième hérésie est sans doute la plus drôle et la plus grinçante. J’adore, j’adhère et j’en redemande !

Hérésie n°4. L’acteur Riton Liebman nous narre l’histoire de son père : juif de gauche… pro-palestinien. Avouez que la combinaison n’est pas courante. Des juifs pro-palestiniens, il y en a mais peut-être pas assez et ils ne sont sûrement pas assez reconnus dans leur propre communauté. Mais ne vous méprenez pas, avant de parler politique, ce conte est surtout la déclaration d’amour d’un fils, Riton, à son père, Marcel Liebman. Un conte autobiographique sensible mais qui ne manque pas d’humour. Pour exemple, l’imitation d’une petite vieille juive et de son accent est à mourir de rire.

Le spectacle se clôture donc par une histoire plus triste, plus mesurée, plus réfléchie, plus belle tout simplement.

Vous l’aurez compris avec Paris Hilton, Minnie, un juif et une maman indigne, il y en aura pour tous les goûts ! Je ne peux que vous inviter à écouter ces contes hérético-urbains et au plus vite car ils prennent fin le 29 décembre.

Allez bande d’hérétiques, allez vous encanailler un peu avant la grande messe de Noël !

Du 11 au 29/12/2012 au Théâtre de Poche, 1a Chemin du gymnase à 1000 Bruxelles, de 8 à 16 €.De : René Bizac, Thomas Gunzig, Laurence Bibot, Riton Liebman

Mis en scène : Sofia Betz, Tilly, Isabelle Gyselinx, Olivier Coyette

Avec : Gwen Berrou, Cathy Grosjean, Ariane Rousseau, Riton Liebman

Plus d’informations sur le site du Théâtre de Poche

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Laura, 28 ans, 1m55. Titulaire d'un diplôme loufoque : Sciences des religions et de la laïcité. Ecrit des articles non moins loufoques pour Culture Remains. Nourrit une passion pour M.I.A, le Théâtre de Poche, son chat, Edgar Allan Poe et les plantes carnivores. A toutes fins utiles, sachez qu'elle est très facilement corruptible si on lui offre à boire et à manger.

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