Les Jeudis de l’Hémicycle : un rendez-vous mensuel entre citoyens et politiques sur des thèmes de société

Le politique, homme ou femme, est souvent considéré par la société civile comme étant en dehors de la réalité quotidienne vécue par a plupart des gens, leurs difficultés, leurs craintes, leurs mécontentements ou leurs problèmes divers. C’est un constat que certaines enquêtes et micro-trottoirs démontrent régulièrement. Mais il y a parfois, il faut le dire, des hommes et femmes, professionnels de la politique, qui tentent un rapprochement avec les citoyens en les invitant dans des institutions où se prennent les décisions pour connaître leur sentiment face à telle ou telle question de société. Ainsi, il y a les Jeudis de l’Hémicycle. Le dernier en date a eu lieu le 29 mars dernier. Au programme du Parlement Francophone Bruxellois : la question des « salles de consommation à moindre risque » (entendez les lieux de consommation légale et encadrée de certains types de drogues), initiée par Zoé Genot et Alain Maron (Ecolo) portée par le PFB et soutenue par la présidente Julie De Groote et par plusieurs députés d’autres partis tels que le PS (avec notamment Julien Uyttendaele), le CdH (avec André du Bus), DéFI (avec notamment Fabian Maingain) et le MR à l’échelon Bruxellois (avec le nouveau député David Weytsman) mais pas national. Tous étaient présents pour aborder ce sujet parfois sensible ou, en tout cas clivant.

Fedito BXL

Fedito BXL asbl c’est la Fédération Bruxelloise Francophone des Institutions pour Toxicomanes. Venue au Parlement Francophone Bruxellois pour venir expliquer ses positions et faire part aux députés et aux citoyens présents de la question des drogues et de ce qu’elles impliquent, elle est surtout venu plaider pour la mise en place d’une salle de consommation à moindre risque pour des raisons de santé publique et lutte réelle contre ce fléau qui existe depuis que l’homme est homme et, ce de la manière jugée la plus efficace.

 Sébastien Alexandre, directeur de Fedito BXL expliquant la démarche au PFB © F. Coppée (Parlement Francophone Bruxellois)

Au début de la séance, Julie de Groote, présidente du Parlement Francophone Bruxellois, nous le précise : ces salles proposées ne seront pas des salles de shoot, peut-être pour rassurer l’assemblée, mais des lieux de remédiation, de suivi sanitaire et d’aide avant tout. Et qu’il était temps de traiter la question dans l’enceinte parlementaire avec la société civile directement. Ce à quoi Alain Maron a ajouté : « Un projet d’ordonnance a d’ailleurs été initié par les députés Ecolo, et validé par le Parlement et un avis au Conseil d’Etat a été demandé, qui a relu et fait quelques remarques, remarques qui ont été prises en compte. Le texte est maintenant à nouveau dans les mains du Conseil d’Etat. Lorsqu’il aura rendu son nouvel avis, et s’il décide que le texte est convenable en terme de fond et de forme au niveau de la légalité, il sera voté en séance plénière, au Parlement. »

« Ces salles répondent à des nécessités qu’on ne peut plus nier aujourd’hui » , dit Sébastien Alexandre, le directeur de Fedito BXL. « Nous sommes dans une impasse politique face à ce problème récurrent. Les médecins et les autres professionnels de la santé, mais également de la Justice, le disent aujourd’hui. Le constat est quasi unanime sur le sujet. »

Et Sébastien Alexandre continue : « Aujourd’hui, les médecins se voient donner des seringues stériles aux consommateurs et ceux-ci les utilisent dans des lieux non stériles, c’est aberrant. »

Avec les salles de consommation à moindre risque, il sera possible de consommer de manière encadrée mais pas uniquement, puisque dans ses salles seront présents des médecins, des psychologues et d’autres corps de métier de la santé pour aider les personnes y venant à résoudre leur problème, ou du moins ne pas l’aggraver. Il est également à noter que nombre de ses salles existent déjà en Europe, c’est donc un phénomène large de réflexion sur tout le continent. Et le phénomène touche aussi des villes wallonnes. « A Liège, le bourgmestre Willy Demeyer travaille en ce moment-même à la mise en place d’une salle de consommation à moindre risque« , explique Sébastien Alexandre, « il a d’ailleurs rencontré Maggie De Block, ministre fédéral de la Santé, afin de mettre en place une expérience pilote en la matière, et d’user du principe d’exception scientifique pour ce faire. Si cela ne passe pas, il se verrait contraint de passer en force. À Bruxelles, les choses évoluent sur le terrain dans le même sens, où l’on parle notamment de désobéissance civile si les autorités ne suivent pas. »

Les connaisseurs des lois et des vides juridiques, et les acteurs de l’associatif, se sont d’ailleurs exprimés à la tribune.

Bernard Michielsen, premier substitut au parquet de Bruxelles © F. Coppée (Parlement Francophone Bruxellois)

      Dr Thomas Dusouchet de l’Association Gaïa Paris © F. Coppée (Parlement Francophone Bruxellois)

Mathias El Berhoumi, constitutionnaliste à l’Université Saint-Louis Bruxelles © F. Coppée (Parlement Francophone Bruxellois)

On peut donc conclure, à l’écoute des parties, qu’une solution trouvée le plus rapidement possible serait la bienvenue, et qu’au vu de ce qui se passe, une nécessité, validée par les concernés et les professionnels.

Le prochain rendez-vous des Jeudis de l’Hémicycle

Les Jeudis de l’Hémicycle sont des séances mensuelles. Leur thème varie à chaque débat organisé. Le 26 avril dès 9 heures au Parlement Francophone Bruxellois (rue du Lombard 69 à 1000 Bruxelles), il sera question de l’égalité entre filles et garçons. La question se pose, en effet, dès la petite enfance, et à l’adolescence, également. La parole sera donnée aux jeunes, les premiers concernés par cette problématique, qu’ils soient de tels ou tels sexe et genre.

Ce prochain Jeudi de l’Hémicycle s’organise en collaboration avec Plan International Belgique, une ONG qui veut « faire progresser l’égalité pour les filles et les droits de l’enfant dans plus de 70 pays, dont les plus pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine« .

Vaste débat au programme donc, que la société civile pourra suivre et au sein duquel la parole lui sera donnée sur la page Facebook et sur le site du Parlement Francophone de Bruxelles.

Written By

Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *