Les Mardis de la Philo – Interview

Philosophie

« Rendre la philosophie accessible ? Voilà ce que font les orateurs des mardis de la philo chaque semaine ! Ce concept qui réunit bon nombre d’adepte en France prend son envol avec cette deuxième saison en Belgique. Nous vous l’avions présenté en début d’année, voici l’interview des créatrices-organisatrices. »

D’où vient cette idée des Mardis de la philo ?

Amélie d’Oultremont : J’ai rencontré par hasard le créateur des mardis de la philo à Paris, et quand il m’en a parlé je me suis dit que c’était ce que je voulais faire. J’étais en interrogation professionnelle, il y avait donc une recherche de ma part de « comment employer mon temps de manière agréable ». On peut toujours faire mille choses, mais pour moi, le plus important était de recréer les mardis de la philo à Bruxelles. Pour nous les femmes d’un certain âge, quand on arrête de travailler on veut nous occuper avec les petits enfants. Les hommes on les plaint parce qu’ils n’ont plus rien à faire mais personne ne s’indigne pour les femmes. On nous a trouvé un job tout fait et on n’imagine pas que pour une fois on voudrait aussi s’occuper de choses qui nous plaisent…

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le concept ?

Amélie d’Oultremont : D’abord que des gens qui suivaient les conférences des mardis de la philo à Paris les suivaient depuis 15 ans, et que malgré tout ce temps, ils étaient toujours aussi enchantés. Ce concept permet une liberté de penser qui n’existe pas à l’université. Celles-ci rendent les choses difficiles afin que la matière paraisse plus sérieuse. De plus c’est cadenassé. Les étudiants ont un examen à passer. Nous, on veut faire de la philosophie pour le plaisir, pour réfléchir ensemble. Peut-on aller aux mardis de la philo s’en jamais avoir étudié la matière auparavant ?

Martine Legein : Évidement. C’est destiné à des personnes qui n’ont aucunes expériences. Les philosophes qui présentent les cours sont très bons et font l’effort de se rendre accessible. Ils se débarrassent du langage codé des initiés. Pour eux, il est important de placer la philosophie dans la cité. Ils sont tous emballés par l’exercice. Du coup c’est très facile à comprendre. Dans le public, il y a des personnes qui viennent pour approfondir, d’autres qui viennent pour s’ouvrir l’esprit… Et pour eux on a un message : « N’ayez pas peur de la philosophie, vous pouvez comprendre ! »

Pourquoi est-ce le mardi matin ?

Martine Legein : On a copié le modèle parisien. On a copié le nom et le fait que chaque orateur parle 10 fois. C’est aussi une entreprise privé, autofinancé, et donc pour des raisons pratiques les locations de salles sont plus simples les mardis matins. Mais cela a pour conséquence d’amener essentiellement un public âgé…

Amélie d’Oultremont : Ce type de public est très important aussi. Et on retrouve aussi des femmes qui ne travaillent pas, des chômeurs, … Les étudiants eux sont à l’université et ils peuvent suivre des cours là bas. Ils peuvent venir évidement mais nous n’allons pas changer le principe car il n’y a pas grand-chose le matin, et que les soirs en revanche sont surchargés de possibilités. Ce que nous espérons faire c’est mettre ces conférences sur le net, pour qu’elles soient accessibles à tous. Mais pour cela on cherche encore des accords.

Est-ce que vous avez l’impression de vous inscrire dans les tendances telles que les cafés philos ?

Martine Legein : Les cafés philos sont quelque chose de différents, car on met un sujet sur la table et chacun, formé ou non, y contribue. Ici c’est un cours avec un échange de questions après. Ce qui n’empêche donc pas les discussions.

Comment ça se passe pour l’organisation ?

Martine Legein : Quand on a commencé il a fallu tout faire, contacter la presse, contacter les philosophes, trouver un endroit, etc… Pour la programmation j’ai imprimé les compositions de facultés de philosophie en Belgique, et j’ai pris contact, j’ai demandé des avis… Le problème c’est que sur internet on peut voir quel philosophe fait un travail intéressant mais on ne peut pas voir s’il est pédagogue.

Savez-vous déjà qui seront les prochains orateurs de la saison suivante ?

Martine Legein : 5 philosophes de cette saison-ci vont recommencer l’année prochaine et nous avons déjà 3 nouveaux noms dont Sébastien Laoureux et Odile Gilon. Ils sont jeunes et enthousiastes. Ils peuvent choisir le sujet qu’ils vont aborder et donc ils sont très contents de pouvoir communiquer leurs passions.

Avez-vous l’impression que la philosophie n’est pas accessible à tout le monde ?

Martine Legein : Non, il y a un énorme de travail de « vulgarisation » (pas au sens péjoratif du terme) philosophique. On communique de la philo avec des magazines et des activités. Chose qui n’existait pas à l’époque de mes études. Je trouve ça bien mais c’est à double tranchant : on risque de tomber dans les travers de la culture rapide, en 3 minutes. Mais ces outils sont merveilleux car ils donnent le goût de la philo à plus de monde.

 Comptez-vous « améliorer » le concept ?

Martine Legein : On a déjà changé des choses. Les conférences commencent plus tard et maintenant on a systématisé la mise sur le site internet des documents donnés par les orateurs. On voudrait pouvoir diminuer les prix, et avoir plus de monde. Mais en même temps, si on est trop nombreux ça ne sera plus la même chose. Ce qui est très agréable c’est de ne pas être trop. Au tout début on avait commencé avec trente personnes par conférence. Aujourd’hui on était 60. C’était très convivial. Sinon on a déjà un partenariat avec le cpas pour faire venir des chômeurs. L’année dernière un des orateurs voulaient amener ses étudiants mais ils ne sont jamais venus. Avec notre salle actuelle on peut accueillir jusqu’à 200 personnes. Mais si on y arrive un jour, ça ne sera plus pareil.

Comment résumer les mardis de la philo ?

Martine Legein : « C’est de la philosophie pour le plaisir et pour tout le monde. »

Vous voulez participer à des conférences philosophiques ? Venez donc assister aux différents cours sur « Qu’est-ce donc que la science ? » par Laurence Bouquiaux, « La philosophie peut-elle aider à mieux vivre ? » par Guy Haarscher, « Comment exister ? Pensées chinoises et européennes en dialogue. » par Michel Dupuis et « Invention et formes du paysage. » par Alain van der Hofstadt. Depuis le mardi 8/01 au mardi 26/03. Au Théâtre du Vaudeville, Galerie de la reine 13, dans les galeries Royales Saint Hubert à Bruxelles. Pour les moins de 25 ans : 10€/conférence. Pour les autres : 35€/conférence. Plus d’infos sur Les Mardis de la philo.

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Hallo! Je suis une Étudiante en Philosophie, une Grande Voyageuse, une Jeune critique et une Rédactrice pour plusieurs blogs/journaux... Je vous conseille en films, pièces, livres et voyages! D'ailleurs, je vis actuellement au pays du sirop d’érable... Tchuss! :)

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