Les Misérables

« Faut-il encore raconter l’histoire des Misérables, classique parmi les classiques? Faut-il encore portraiter Jean Valjean en chantre de l’humanisme et de la justice? Faut-il encore s’apitoyer sur son sort, puis se réjouir lorsqu’il prend en charge Cosette, puis frémir lorsque l’abject Javert le retrouve, et enfin le plaindre de la perte de sa chère orpheline, frappée par le coup de foudre qui emporte loin des parents les enfants ingrats? Le faut-il vraiment? »

Parce que bon, tout le monde connaît Les Misérables, ou à tout le moins Victor Hugo. Maintes fois adaptée, l’oeuvre du grand écrivain français n’en finit pas de tourner sur nos télévisions, que ce soit sous forme de dessin animé, de téléfilm douteux ou de film coûteux. Et puis, bien sûr, il y a le roman, le récit initial, l’histoire première bien avant que ne soient pratiquées les amputations au lyrisme d’Hugo.

L’adaptation qui sort sur nos écrans le 13 février prochain et que nous avons eu la chance de voir en avant-première à Flagey, n’échappe pas à la règle, surtout qu’elle est largement inspirée de la comédie musicale qui se joue depuis des années à guichets fermés à Londres. Aussi, ne soyez pas surpris si Hugh Jackman et Russell Crowe se mettent à chanter, C’EST UNE COMÉDIE MUSICALE. Vous voilà plus qu’avertis. Qu’on ne vienne pas pleurer parce qu’on ne savait pas. Donc, voilà, pour passer un bon moment devant cette super production américaine, faut aimer la chansonnette tire-larmes en continu. Par continu, j’entends 2h30. Oui.

N’étant pas particulièrement portée sur le genre, je peux difficilement faire l’éloge de ce film, freinée que je suis par tout ce qui fait le sel de la comédie musicale.

L’exacerbation mélodramatique, le pathos à outrance, la narration dépossédée par les chansons, la pauvreté des textes, les solos de 5 minutes pour faire comprendre des états d’âme bas de gamme, et puis le traumatisme de voir chanter Wolverine et Maximus furent autant d’indigestions.

Pourtant, j’ai survécu.

Si on fait fi du son, il y a l’image. Et à l’image, il y a d’abord une chiée d’acteurs bankable. Les producteurs ont mis le paquet sur le casting, un casting démentiel comme Hollywood sait si bien en monter. Hormis les précités Jackman (Jean Valjean) et Crowe (Javert), on retrouve Anne Hathaway (tête d’affiche alors qu’elle n’interprète que Fantine, rôle secondaire s’il en est, mais regonflé au scénar pour justifié son nom sur l’affiche), Sacha Baron Cohen (Thénardier mâle) et Helena Bonham Carter (Thénardier femelle). Et puis, à l’image il y a aussi des effets spéciaux impressionnants et une réalisation affolante de Tom Hooper qui invitent à une valse opératique époustouflante.

Bref, si vous êtes friands de méga-production spectaculaire à la sauce broadwoodienne, vous risquez de trouver votre compte dans cette adaptation chantée. Surtout que la plupart des acteurs s’en sortent avec les honneurs, Hugh Jackman et Anne Hathaway en tête, Russell Crowe en fin de cortège. Amoureux de la langue française et de la prose de Victor Hugo, passez votre chemin. Les Misérables en anglais, ça reste quand même un peu sacrilège…

Plus d’informations sur Flagey.

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S. aime la bande-dessinée et le cinéma, les images qui parlent, quoi.

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