Les psy ont de l’avenir sur le divan, Raoul Cauvin et Bédu s’amusent toujours (Interview)

Ce matin-là, j’avais rendez-vous avec deux monstres de la bande dessinée franco-belge: l’un est l’auteur et scénariste prolifique de plus de 350 albums (dont les ventes dépassent aujourd’hui les 50 millions d’exemplaires), l’autre possède un fameux coup de crayon, très perfectionniste (comme Cauvin nous l’apprendra dans l’interview), derrière le P’tit Prof, Clifton et bien sûr, Les Psy. Une série qui fête son 20ème album, cela valait bien une rencontre. Et dès le début, on s’aperçoit que dès qu’ils ont le nez levé de leurs BD’s les deux hommes gardent bel et bien leur humour. « Moi, je ne suis que le stagiaire, c’est lui que tu dois interroger« , se défend Raoul Cauvin en pointant le doigt vers l’assistant de l’attachée de presse, présent ce jour-là. Ça commence fort bien.

Et si au début, le tandem humoristique avait peur d’être incompris de la profession, les psy leur ont très vite témoigner leur affection vis-à-vis de la série. Ils en remplissent même la bibliothèque de leur salle d’attente.

Curieux paradoxe aussi entre ces deux auteurs: Bédu ne se consacre qu’à une seule série, tout en la soignant. Raoul Cauvin, lui, on connaît son processus de travail (il s’allonge dans son divan, où les idées fusent avant de les mettre sur papier), signe plusieurs séries en même temps. Et si la série est d’abord pré-publiée dans Spirou, la sortie de l’album est très importante. Et pendant que Bédu se lance dans de solides explications sur le choix des couleurs, Raoul Cauvin, lui, soupire.

En tout cas, le dessinateur ne se contente pas seulement du strict minimum dans l’adaptation du scénario. Son rôle est aussi de composer des petites histoires en arrière-plan, tout en évitant d’effacer l’histoire primaire. Ça passe notamment par l’introduction des… chiens. Pendant ce temps-là, le gsm de Raoul Cauvin sonne, une petite blague de l’attachée de presse qui fait rire tout le monde.

Et pourtant, les psy auraient pu être des avocats. C’était du moins l’idée de Raoul Cauvin au moment de travailler avec Bédu. Une époque où la BD ne s’était pas encore intéressée réellement aux corps de métier. Désormais, entre les gendarmes, les pompiers et autres profs, la tendance est à la mise en récit de certains professionnels.

Fous, les nouveaux auteurs de BD’s le sont peut-être, dans des conditions très difficiles tant la production est énorme. Pourtant, dans le même temps, la critique, la presse dénigre un peu les anciens auteurs populaires; petite critique glissée par Raoul Cauvin, qui n’a pas sa langue en poche.

 

dscn1286dscn1285Raoul Cauvin et Bédu, Les Psy, Tome 20: Génial comme thérapie, Dupuis, 46 pages, 10,60€

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Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

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