Les Vacances (des parents) du Petit Nicolas

Le Petit Nicolas est de retour sous la houlette de Laurent Tirard pour de nouvelles aventures, estivales cette fois. Malheureusement, autant le premier volet des aventures du Petit Nicolas était plutôt sympathique et réussi, autant celui-ci déçoit et souligne un peu plus les qualités du premier.

Alors que le Petit Nicolas et ses parents sont en villégiature à la mer, la maman du Petit Nicolas enfile la culotte pour aller dire sa façon de penser à un cinéaste italien qui assomme les plagistes de sa direction d’acteur intempestive. Ce dernier fond pour cette mère de famille au sang chaud et souhaite en faire sa nouvelle muse. Rome, Cinecitta, Capri, champagne, la maman du Petit Nicolas va-t-elle résister aux sirènes du cinéma et de la célébrité ?

Et le Petit Nicolas me direz-vous. Dire qu’il est relégué au second plan serait exagéré. Il est bien au centre d’une intrigue, dont l’origine est un quiproquo né de son imagination mâtinée d’innocence, mais celle-ci se conclut rapidement et maladroitement, nous assommant au passage d’une morale guimauve. Aux orties le regard caustique sur le monde des adultes au travers des yeux d’un enfant espiègle, Tirard a remonté sa caméra pour filmer à hauteur des parents et ainsi changer de point de vue sur le personnage créé par Goscinny et Sempé. Vidé de sa substance, le Pauvre Nicolas. Le charme n’opère dès lors plus comme précédemment, tellement le récit ne parvient pas à restituer la saveur douce-amère de l’enfance.

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Kad Merad et Valérie Lemercier qui formaient un duo plutôt drôle et efficace dans le premier volet sont ici au centre de l’attention, le Petit Nicolas servant juste de prétexte à la reformation de ce couple de vedettes du rire à la française. Las, ils surjouent, cabotinent et en deviennent presque énervants.

En Belge de service, après François Damiens, c’est Bouli Lanners qui s’y colle. Son apparition est plutôt sympathique mais ne constituera vraiment pas un rôle marquant de sa filmographie.

« Après l’enfance, c’est quasiment fini », chantait Renaud en 1994, et c’est ce que pourrait se dire Maxime Godart, qui tenait le rôle-titre dans le premier volet. C’est Mathéo Boisselier qui reprend le rôle et la difficile tâche d’incarner un gamin des années 50. Il ne démérite pas mais subit malheureusement la comparaison avec son aîné.

Enfin, Camelia Jordanna qui reprend La Madrague de Bardot, c’est quand même moins séduisant qu’un Renan Luce qui compose une chanson originale pour clôturer le film. Tout un symbole.

A voir dès le 9 juillet 2014

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Comme le dit si bien Pascal Quignard, "Ecrire, trouver le mot, c'est éjaculer soudain". Ou encore Alphonse de Lamartine, "La critique est la puissance des impuissants". Mmh, pas très cohérent tout ça. Pour ma part, et pour contredire Sheakspeare, la critique n'est pas aisée et je ne suis pas dans l'aisance. J'écris néanmoins parce que c'est par moment assez jouissif, comme l'exprime si bien l'ami Quignard. A part cela, j'aime le cinéma, la bd, la musique et les citations à la con.

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