L’été, ce calvaire!

Comme vous l’avez remarqué, nous subissons ce printemps un yoyo infernal de journées glaciales et estivales. Si le Belge moyen ne se sent plus dès que le ciel est bleu et court se poser dehors comme s’il y a avait distribution gratuite de champagne, je ne fais pas partie de cette catégorie.

Ne vous méprenez pas: les journées douces sont mes préférées. Avec 15°, je parade sur les trottoirs bruxellois avec autant d’aise qu’un mannequin surpayé en pleine fashion week. Je peux porter un jean, des boots, une veste en cuir ou un blazer. Je ne transpire pas comme un bœuf, mais ne me gèle pas les miches. Tout va bien. Non, ce que je hais, ce sont les journées à 25°, comme nous en aurons d’ici peu.

Pour vous donner le topo, j’ai des gènes nordiques, ce qui fait qu’à déjà 20°, il faut limite que je me foute à poil pour supporter ce que je vis comme une fournaise. La couleur de ma peau est en totale adéquation avec le régime « blanc de poulet – fromage blanc » qu’il est utile de s’infliger 14 jours avant d’enfiler son maillot. De surcroît, je ne fais pas partie de ceux dont la peau tire vers le doré, mais bien de ceux qui sont « rose cochon ».

Vous ne connaissez peut-être pas les désavantages d’être aussi claire de peau, mais sachez qu’ils sont de plusieurs ordres:

1. Il y aura toujours un connard pour me demander « Pourquoi tu bronzes pas? » et à qui j’ai envie de foutre des claques.

2. Les défauts de la peau se voient beaucoup plus que sur une peau mate. Déjà que je ne raffole pas de l’opération bikini, je n’avais pas besoin d’obstacles supplémentaires…

3. Les couleurs estivales me font un teint de merde.

4. Une peau blanche attire le regard, ce qui est un mauvais plan étant donné les trois points précédents.

Alors, oui, il y a des solutions, mais pas hyper satisfaisantes. Le banc solaire, c’est cher, ça donne le cancer et ça créé des rides qui entraveront mon objectif d’être une MILF à 50 ans. Puis, il y a l’auto-bronzant, que j’applique en effet sur mes jambes (le visage, le décolleté et les bras prennent naturellement des couleurs), mais je ne peux pas en mettre trop, sinon je risque de me faire griller, faute aux zébrures oranges. Donc, j’assume, telle Blanche-Neige, tel Edward Cullen. Mais ça me fait quand même bien chier.

Avoir une peau translucide, option fluorescente au soleil, n’est pas mon seul défi de l’été. Non, je suis aussi obligée de tripler mon temps à la salle de bain! En hiver, avec mon duvet blond, je peux zapper l’épilation des mollets pendant une durée que je ne vais pas citer ici. Mais en été, un effort s’impose. Pareil pour mes pieds: laissés toute l’année à l’abandon comme ce légume occupé à pourrir dans le fond de votre frigo, il faut soudain les exhiber en sandales. Fuck.

Puis, l’été, ce n’est vraiment pas fairplay pour les complexés! Genre, pour les gens qui n’aiment pas leurs bras… Si le problème est gérable le reste de l’année (sauf quand on vous tague sur une photo Facebook où votre bras parait super fat – ne niez pas, ça arrive à même aux meilleurs), c’est plus difficile en débardeur à fines bretelles. Ou pour ceux qui font la guerre à leurs jambes! « Non, non, je te jure, je n’ai pas trop chaud avec ce jean! », assurez-vous au énième connard qui vous demande pourquoi vous ne portez pas un SHORT. Bref, on pourrait encore citer des exemples, mais je propose plutôt une minute de silence où chacun va visualiser ses propres complexes et prier une divinité quelconque pour qu’ils disparaissent d’ici le 1er mai, c’est-à-dire mercredi.

Mais les malheurs ne s’arrêtent pas là! Vous pensiez détourner le regard de vos complexes en laissant votre chevelure de rêve flotter au vent, en portant des accessoires dernier cri à la Sienna Miller? Que vous êtes naïfs! En fait, vous transpirez tellement que vous êtes obligée d’attacher vos cheveux, vos doigts ont tellement gonflé que porter de grosses bagues pour un look « ethnic chic » est inconcevable (le collier plastron ne vous évoque, lui non plus, rien de confortable) et porter un slim de couleur super en vogue correspond à une séance de sauna.

Pour terminer, j’aimerais faire une spéciale casse-dédi à tous les moustiques qui me prennent pour un pot de Häagen-Dazs et leur dire d’aller bien se faire foutre. Ainsi qu’aux autres insectes qui foutent grave les boules.

Sur ce, je vous laisse, je vais aller profiter de cette journée tempérée (à 7°, me dit mon smartphone).

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Clara, la vingtaine avancée, passionnée de style, voit la mode comme un moyen de se mettre en valeur et de se sentir mieux dans sa peau. Dans la "vraie vie", travaille comme copywriter et community manager.

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