L’événement de l’été : My Fair Lady au Festival Bruxellons !

Scénographie - My Fair Lady, Festival Bruxellons!, 2019.

Eliza – If I can’t have kindness, I’ll have independence.

Higgins – Independence? That’s middle class blasphemy. We are all dependent on one another, every soul of us on earth. (Pygmalion, George Bernard Shaw, 1912.)

Je vous en parlais la semaine dernière, le Festival Bruxellons! fête ses 20 ans ! Depuis plusieurs années, il est une tradition qui nous enchante au Festival Bruxellons ! : un musical à succès est créé en français chaque été avec une grande distribution d’artistes (belges, pour la plupart !) et joué en plein air dans la cour du Château du Karreveld. L’année dernière, nous avions assisté à la première de Sunset Boulevard, emportés par une époustouflante Anne Mie Gils ! Cet été, My Fair Lady est en haut de l’affiche du 11 juillet au 7 septembre, dans une nouvelle version francophone.

Henry Higgins, professeur de phonétique misanthrope, parie avec le colonel Pickering qu’il peut faire passer la jeune vendeuse de fleurs Eliza Doolittle pour une lady rien qu’en effaçant son accent « cockney » très prononcé, signe de sa basse extraction sociale.

Après six mois de travail acharné pendant lesquels Eliza habite chez Higgins et bouscule sa vie de célibataire endurci, il parvient enfin à corriger son accent.

Il fait un premier test en la mêlant au public distingué des courses de chevaux d’Ascot…

Pygmalion, 1938.

Avant d’être un musical, My Fair Lady est d’abord une pièce brillante du dramaturge irlandais George Bernard Shaw, écrite en 1912 et créée en 1914 à Londres (après une première à Vienne en 1913). Plusieurs adaptations au cinéma voient le jour dans les années ’30 et l’on retiendra surtout celle de 1938, réalisée par Anthony Asquith et adaptée par Shaw lui-même, avec Leslie Howard et Wendy Hiller dans les rôles principaux. L’auteur a sans cesse été approché par des artistes voulant adapter Pygmalion en musical, mais il a toujours refusé que ses œuvres soient mises en musique. En 1950, George Bernard Shaw meurt et tout devient possible.

Après bien des péripéties et l’abandon de Rodgers et Hammerstein, alors en pleine gloire avec Oklahoma ! (1943), Carousel (1945), South Pacific (1949), le musical My Fair Lady est créé en 1956 par Lerner & Loewe avec Julie Andrews et Rex Harrison dans les rôles principaux. Le musical s’inspire non seulement de la pièce originale Pygmalion de George Bernard Shaw, mais aussi du film de 1938, dans lequel des changements ont été apportés par Shaw et la fin – toujours très controversée – a été changée, sous la pression du producteur Gabriel Pascal.

Julie Andrews (Eliza Doolittle) et Rex Harrison (Henry Higgins), My Fair Lady, 1956.

My Fair Lady est ensuite rendue populaire par le film musical au 8 Oscars de George Cukor (1964) dans lequel Rex Harrison reprend son rôle tandis qu’Audrey Hepburn remplace Julie Andrews dans le rôle d’Eliza Doolittle.

Dans Pygmalion, Shaw nous parle sans détour des classes sociales, des sentiments de dépendance, des traumatismes et fossés qu’elles créent. Mais pour moi, c’est surtout une démonstration superbement orchestrée des sentiments humains toujours contradictoires, prévisibles… mais pas tant que ça. Le dialogue entre Higgins et Eliza à la fin du 5ème acte flamboient d’une langue ciselée et d’un sens amené avec un rare génie. Leur relation complexe donne à réfléchir et la pièce est réellement éclairante sur ce que cherche un homme ou une femme dans son partenaire.

Lauren Ambrose, Harry Hadden-Paton, et Allan Corduner chantent “The Rain in Spain », My Fair Lady, production 2018.

Même si le musical diffère un peu de la pièce d’origine, l’esprit est le même et les personnages y sont toujours extrêmement intéressants. My Fair Lady reste l’un des musicals les plus célèbres jamais montés à Broadway, à l’affiche pendant plus de six ans lors de sa création, pour un total de 2717 représentations, un record à l’époque. Les musiques de Frederick Loewe et le livret d’Alan Jay Lerner forment un tout d’une cohérence encensée par la critique et les chansons de My Fair Lady restent encore aujourd’hui des succès populaires. Nous n’avons plus qu’une hâte : retrouver ces airs dans l’adaptation française de Stéphane Laporte, Jack Cooper et Simon Paco.

Nous retrouverons bien sûr des artistes des années précédentes, à commencer par Franck Vincent, le ténébreux majordome de Sunset Boulevard, que l’on verra ici dans le rôle d’Henry Higgins. Il s’agira aussi de retrouvailles, puisque Franck Vincent retrouvera François Langlois (Colonel Pickering), avec qui il exécutait d’incroyables numéros de claquettes, incarnant les Dupont et Dupond dans Tintin et le temple du soleil en 2002 !

My Fair Lady, spectacle au 6 Tony Awards qui a révélé Julie Andrews arrive enfin en Belgique et va, j’en suis sûre, nous en mettre plein les yeux et les oreilles !

MY FAIR LADY (billets disponibles sur www.bruxellons.be !)

Du 11 juillet au 7 septembre 2019 au Festival Bruxellons! (château du Karreveld)

Compositeur : Frederick Loewe – Auteur : Alan Jay Lerner

Mise en scène de Jack Cooper et Simon Paco – Direction musicale de Laure Campion – Chorégraphies de Kylian Campbell – Scénographie de Francesco Deleo

Avec : Marina Pangos (Eliza Doolittle), Franck Vincent (Henry Higgins), Janine Godinas (Mrs Higgins), François Langlois (Colonel Pickering), Daniel Hanssens (Alfred Doolittle), Laure Godisiabois (Mrs Pearce), Samuel Soulie (Freddy Eynsford-Hill), Carole Clin (Mrs Eynsford-Hill), Oonagh Jacobs (Mrs Hopkins), Steven Colombeen (Zoltan Karpathy), Florian Avoux (Jamie), Arnaud Masclet (Harry).

L’Ensemble : Jolijn Antonissen, Ivy Barlow, Camille Barreira, Roland Bekkers, Virginie Benoist, Zen Berckmans, Pia Brondel, Allan Bungeneers, Geoffrey Debondt , Anaë Dechamps, Armance Delaunoy, Ellen Dilles, Sonia Sheridan Jacquelin, Damien Locqueneux, Romina Palmeri, Stijn Proesmans, Inge Teeuwen, Nando Tilkin, Delphine Vandersmissen

Retrouvez la programmation complète sur le site du Festival Bruxellons! 

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Partage sa vie entre théâtre, littérature et écriture...

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