Living in an immaterial world and I was a material girl

Vos tiroirs, vos armoires et vos bibliothèques, comme les miennes, sont certainement remplis de tout un tas d’éléments épars, rassemblés au cours de votre vie, dont vous n’arrivez pas à vous séparer bien que vous vous sentiez écrasé par leur nombre.

À mesure que vous les contemplez, sans doute réaliserez-vous pourquoi. Ces supports vous permettent d’exprimer votre tempérament, vos idées, vos sentiments et même vos liens sociaux. On ne se fait pas les mêmes amis si l’on écoute Joy Division ou les Destiny Child, on ne prend pas exactement le même chemin de vie si on lit Bret Easton Ellis ou Dan Brown. Sans aucun doute, les objets que vous possédez témoignent de qui vous êtes.

Puis, vous constaterez peut-être qu’une épaisse couche de poussière recouvre vos livres, vos cds et tout ce que vous avez devant les yeux. Là, vous réalisez ce qui vous dérangeait: tous ces éléments appartiennent à un temps passé, fini, révolu! Le caractère impermanent de vos bibelots vous saute littéralement aux yeux et à travers eux c’est l’aspect éphémère de votre personnalité qui vous saisit d’effroi. Que restera-t-il de tout cela? L’engagement, les actes et les souvenirs, peut-être…

Living in an immaterial world and I was a material girl propose une réflexion sur ce thème. Georgia Kokot a emmené plusieurs centaines de ses objets personnels dans son atelier et les a photographiés de manière sérielle. C’est ce travail photographique, véritable échographie de la vie matérielle de l’artiste, que vous pouvez passer en revue à la B galerie, rue Saint-Jean à Bruxelles. Parmi ces objets dont certains ont une réelle valeur sentimentale pour l’artiste, entre du matériel informatique, des photos et des tee-shirts de rock, on découvre également certaines choses insolites telles que des statues religieuses ou des vestes de contrôleur de la sncb par exemple.

Chacun des près de 400 objets photographiés trouve également place dans la galerie, emballé dans du cellophane, il vous est gracieusement offert par l’artiste. En emportant un de ces objets, vous participez à l’oeuvre en vous appropriant une partie de la vie matérielle de Georgia Kokot. Qu’en ferez-vous, allez vous l’offrir, le garder pour vous ? Vous pouvez l’exprimer sur des fiches où sont repris tous les objets nommés et numérotés.

Pour faire fonctionner l’œuvre, il faut y participer, mais y participer, c’est du même coup la détruire. Cruelle équation qui nous renvoie au thème même de l’installation. Living in an immaterieal world and I was a material girl est exposition intelligente, résolument pop et aussi belle qu’éphémère, qui durera matériellement tant qu’il en restera quelque chose à prendre. À voir!

Du 29 août au 21 septembre 2013, du mercredi au samedi, de 13h à 18h, à la B-Gallery (Galerie Bortier, rue Saint-Jean, 17-19 – 1000 Bruxelles). Entrée libre.

Mathias

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