L’Odyssée au Théâtre Royal du Parc

On connaît tous l’histoire de l’Odyssée d’Ulysse telle qu’Homère nous l’a rapportée il y a près de 29 siècles: parti livrer la guerre aux Troyens de laquelle il sortira vainqueur en jouant un rôle déterminant – notamment grâce au fameux cheval –, il sera sur le chemin du retour vers Ithaque, soumis à la colère des Dieux qui le perdront sur les océans pendant plus de dix ans. Pendant que le héros pleure au loin et vogue d’aventures en aventures, des prétendants se sont manifestés auprès de Pénélope sur Ithaque, ses biens sont mis en pillage et son fils Télémaque ne tient pas le rang qu’il devait remplir. Presque tout le monde le croit mort et beaucoup l’ont oublié.

C’est à cette œuvre monumentale de la littérature antique qu’a décidé de s’attaquer Thierry Debroux, en prenant le pari risqué mais indispensable – quand on pense que l’œuvre originale compte 24 chants – de l’adaptation, et donc de décevoir les puristes. C’est pourtant une version intelligente, à la fois respectueuse de la trame dramatique originale et empreinte d’une légèreté et d’une insolence très modernes que nous livre le metteur en scène.

ODYSSEE1

Ulysse vient d’être rejeté sur le rivage de l’île phéacienne, face à Ithaque où, recueilli par Nausicaa, la fille du roi, il accepte de conter quelques-unes de ses aventures. S’appuyant sur une scénographie flamboyante de créativité de Ronald Beurms, les 23 comédiens nous entraînent tour à tour sur le vaisseau d’Ulysse aux prises avec les sirènes, sur les terres de la maléfique Circé ou encore sur l’île du cyclope Polyphème. Dans un seul et même décor impressionnant de technique et d’inventivité, aux panneaux mobiles, aux trappes secrètes et aux astuces surprenantes, par un très habile jeu de projection et d’apparition, la troupe impose un rythme effréné à la pièce et propose dans son ensemble un jeu de bonne qualité. Les scènes et les tableaux s’enchaînent, les personnages se multiplient, on ne s’ennuie pas une seconde : c’est bien mieux qu’au cinéma !

Pendant ce temps-là, le temps presse à Ithaque : la ruse de la tapisserie de Pénélope – elle promettait d’épouser un prétendant lorsqu’elle aurait fini son ouvrage, qu’elle défaisait patiemment chaque nuit – a été découverte et elle doit se décider à prendre un nouveau mari, qui deviendra le nouveau régent. Pour ne rien faciliter, les dieux s’en mêlent (mention spéciale au duo hilarant Othmane Moumen et Karen De Paduwa). Ridicules, souvent puérils et revanchards, ces derniers ne sont pas présentés à leur avantage, et leurs querelles n’en sont que plus délicieuses !

ODYSSEE6

Le metteur en scène ne renonce à rien pour créer du mouvement, de la surprise, du plaisir : costumes, lumières, effets sonores, accessoires, décor: tout est minutieusement choisi pour nous transposer quelques heures sur les bords de la mer ionienne.

S’il est encore besoin de vous convaincre, je mentionnerai quelques scènes « chorales » époustouflantes d’esthétisme, d’équilibre et de rondeur, où la maîtrise de la mise en scène est à son paroxysme.

Cette « Odyssée » est tout simplement fantastique, ne ratez pas le bateau !

Du 18/09/2014 au 25/10/2014 au Théâtre Royal du Parc

D’après Homère

Texte et mise en scène de : Thierry Debroux

Avec: Ulysse : Laurent BONNET, Pénélope :  Sandrine LAROCHE, Télémaque : Gabriel ALMAER, Anticlée : Jo DESEURE, Antinoos : Lotfi YAHYA, Hermès : Othmane MOUMEN, Athéna : Karen DE PADUWA, Nausicaa : Pascaline CRÊVECOEUR, Circé : Babetida SADJO, Eole, Amphinomos : Yannick VAN HEMELRYCK, Le Cyclope, Poséidon, un prétendant :Ronald BEURMS, Euryloque, un prétendant : Camille PISTONE, Agamemnon, un prétendant ; Sébastien CORBIÈRE, Un compagnon d’Ulysse, un prétendant : Mickaël DUBOIS, Eurymaque Arthur : MARBAIX, Un compagnon d’Ulysse, un prétendant :Inan AYKAC

Tarifs : de 5€  à 26€ (Adulte)

Durée du spectacle : 2h00 y compris l’entracte

Plus d’informations sur le site du Théâtre Royal du Parc

Tags from the story
Written By

Curieuse, spontanée, enthousiaste et exigeante, j'aime aller au théâtre et j'aime raconter ce que j'y vois, que j'ai aimé ou pas!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *