Lolita Pille – Hell

 » ‘Je suis une pétasse. Je suis un pur produit de la Think Pink génération, mon credo : sois belle et consomme.’ Hell a dix-huit ans, vit à Paris Ouest, se défonce à la coke, est griffée de la tête aux pieds, ne fréquente que des filles et des fils de, dépense chaque semaine l’équivalent de votre revenu mensuel, fait l’amour comme vous faites vos courses. Sans oublier l’essentiel : elle vous méprise profondément… Jusqu’au soir où elle tombe amoureuse d’Andréa, son double masculin, séducteur comme elle, et comme elle désabusé. Ensemble, coupés du monde, dans un corps à corps passionnel, ils s’affranchissent du malaise qu’ils partagent. Mais les démons sont toujours là, qui veillent dans la nuit blanche de ces chasseurs du plaisir. »

C’est sous les conseils d’une amie que ce livre se trouva entre mes mains. Et, c’est indéniable, « Hell » ne laisse pas de marbre. Volontairement provocateur, totalement amoral et désillusionné, ce roman épuré de tout contexte tient probablement entre ses doigts la vie de tous les adolescents. Leurs questionnements, leurs conneries, leurs découvertes, leurs loisirs,  leurs désirs, leurs parents, leur monde… Et qui de mieux placé pour en parler qu’une ado, elle-même? Car, oui, Lolita Pille a écrit ce roman à 17 ans et, parce qu’on est pas sérieux à cet âge-là, elle nous a servi, d’emblée, sur un plateau d’argent,  un rail de coke et un verre de champagne, à savoir le quotidien de la jeune Ella.
Faisant preuve d’une cohérence et d’une qualité scripturale relativement constante, Lolita Pille nous offre une puissance, une véracité de ton sidérante – probablement dues à la part autobiographique a priori relativement importante. De ce fait, bien qu’il ne s’agisse pas d’un excellent roman – l’histoire en elle-même n’est pas la plus passionnante et manque de personnalité, de créativité et d’originalité pour être touchant – ce roman trouble. Tout (trop ?) simplement. Et c’est, très certainement, son but.
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8 Comments

  • Je me souviens que tu m’aies prêté ce truc mais j’ai pas du tout aimé. Je l’ai trouvé facile et fade; un peu le cliché de la gonzesse qui sait pas écrire mais qui s’essaye à la vulgarité et au stéréotype du drogué bobo pour accrocher le lecteur. En plus c’est pompé à mort sur des mecs style Beigbeder, en beaucoup moins classe. ‘fin je sais pas en tout cas je ne me suis pas sentie du tout « ébranlée ».

    Cela dit, faire lire ça à des ados de 15-17 ans pour les initier à la diversité littéraire et aborder vite fait l’un ou l’autre thème, why not.

  • C’est comique parce que dans mon souvenir c’est toi qui me l’a prêté. Je n’aurai jamais acheté un tel bouquin en tout cas donc je ne sais plus d’où il venait. Il ébranle, oui, et il est cliché, aussi. L’un n’empêche pas l’autre. Je reconnais tout à fait que c’est loin d’être quelque chose de novateur et d’extraordinaire, c’était d’ailleurs là mon propos mais en plus « soft » et/ou générique. Ce bouquin perturbe parce que tu sens que ça gigote derrière mais ça n’émeut clairement pas parce que c’est tout juste un foetus littéraire qui n’est ou était, je ne sais pas, encore capable de s’autonomiser pour faire preuve d’originalité.

    Un peu comme tous les histoires de vampires et compagnie, certains trucs sont sympa (toutes proportions gardées) mais c’est toujours la même chose, au final, comme si les auteurs ne pouvaient pas se renouvelés et s’approprier leur sujet.

    Enfin! Peut-être devrais-je rajouter une ou deux phrases à ma critique si elle est appréhendable comme: « j’ai surkiffé ce bouquin », ce qui n’est absolument pas le cas ^^

  • Ptain sérieux je te l’ai prêté ?
    Hahahaha aucun souvenir. Je l’avais lu y a trois ans dans je sais plus quel contexte et ça m’avait donné cette impression. Sans doute que ma première lecture avait été plus enthousiaste mais j’m’en souvenais plus. Mais la thématique me faisait chier dans l’absolu parce que par rapport à des bouquins sur la drogue comme L’Herbe Bleue ou Moi Christiane F, je l’avais trouvé un peu faiblard. Plus tout l’aspect prétention un peu fake et bling bling.

    Après je dis ça mais dans le genre auteur déjà adulte qui écrit avec un style super simple, des thèmes hyper baclés mais simplement un vocabulaire accrocheur, y a Amélie Nothomb, et y a rien à faire, malgré tout ça, j’adore.

  • * renouveler, hum.

    Voilà, article légèrement modifié 😛

    Cela dit, ouais, Nothomb a fait quelques bons trucs, j’allais justement en parler! ^^

  • Je n’ai pas lu le livre mais j’avais détesté le film ! Les atermoiements de ces gosses de riches qui ne savent pas s’occuper autrement qu’en traînant leur spleen dans des soirées branchées et en se droguant m’était un peu passé au-dessus ! 🙂

  • ça ne m’étonne pas! Je n’ai pas été le voir pour cette raison. A la lecture, c’est passablement désagréable mais on passe au-dessus (avec une pointe de condescendance probablement, d’ailleurs) parce que c’es un peu dépaysant pour ceux ou celles qui n’ont jamais reproduit ce schéma de vie. Mais le voir sur un écran, rien que d’y penser, ça m’écoeurait déjà!

    Je prendrai peut-être, un jour, le temps de le voir, mais juste pour le côté scientifique de l’analyse d’arts comparés, pas pour d’autres raisons!

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