Mapplethorpe: Photographs and Polaroids

Pour le grand public, le nom du photographe américain Robert Mapplethorpe (1946 – 1989) est encore souvent associé à la notion de scandale. Pendant des années, l’attention de la presse et du public s’est en effet focalisée sur les portraits que l’artiste réalisa d’hommes nus ou habillés de tenues sadomasochistes. Depuis quelques années, pourtant, on assiste à une relecture de l’œuvre de Mapplethorpe qui, sans pour autant nier les photographies « scandaleuses » qui firent sa renommée, cherche à démontrer que ces photographies ne forment qu’une partie de l’œuvre du photographe. Les mémoires que Patti Smith publia en 2010 sous le titre de Just Kids y sont sans doute pour quelque chose. Le livre, devenu depuis un bestseller, raconte la rencontre, l’histoire d’amour, puis la profonde amitié qui lia l’icône du punk rock au jeune photographe. Dans son livre, Smith livrait un portrait intime et admirable de celui avec qui elle passa ses années de galère à New York, et qui deviendrait plus tard le photographe de la pochette de Horses (1975), le CD qui lança la carrière de Patti Smith. En 2011, Sofia Coppola exposa un choix de photographies de Mapplethorpe à la galerie Thaddaeus Ropac, à Paris, où elle mit l’accent sur les portraits de femmes et les photographies de fleurs réalisées par l’artiste. Plus récemment, signalons la grande rétrospective organisée par le Grand Palais et qui vient de se clotûrer, ou encore l’exposition Mapplethorpe/Rodin au Musée Rodin (à voir jusqu’au 21 septembre).

Pas question de grande rétrospective à la Charles Riva Collection, qui expose vingt photographies issues de la collection privée du collectionneur franco-italien installé à Bruxelles. Une des figures centrales de cette petite exposition est Lisa Lyon, qui posa régulièrement pour Robert Mapplethorpe. Cette adepte du culturisme s’entraîna avec un certain Arnold Schwarzenegger, dont des portraits sont également exposés. A côté de Lisa Lyon, on découvre d’autres personnages de la galaxie Mapplethorpe, comme Brian et Lyle, un couple homosexuel posant en tenue sadomasochiste. Mais aussi Terry, qui pose pour l’artiste dans une posture de madone, un sein dénudé, dans un petit polaroïd aux couleurs sépia.

Deux coups de cœur pour terminer. Premièrement, la photographie de Patti Smith à l’entrée de l’exposition (Patti Smith, 1975). Cette photographie couleur (la seule de l’exposition), montre la chanteuse adossée à un mur blanc sur lequel sont accrochées deux photographies de chevaux, un clin d’œil appuyé à la photographie qui lança les carrières de Mapplethorpe et de Smith. Deuxièmement, le diptyque Pictures/Self Portrait (1977). Sur ces deux photographies, on voit le bras droit de Mapplethorpe écrivant le mot pictures sur une feuille blanche. Sur l’une d’entre elles, le photographe porte une chemise rayée et une montre ; sur l’autre, il porte un bracelet en cuir à clous.

Mapplethorpe: Photographs and Polaroids
Jusqu’au 28 février 2015 à la Charles Riva Collection, 21 rue de la Concorde à 1050 Bruxelles.
Heures d’ouverture : mercredi – dimanche, 12h – 18h30.
Entrée gratuite.

Photo: Copyright Robert Mapplethorpe Foundation used with permission.

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Diplômée en Histoire de l'Art et en Etudes culturelles, Margaux s'intéresse tout particulièrement à l'art moderne et contemporain.

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