Marie-Paule Kumps revient au Théâtre de la Toison d’Or avec une nouvelle pièce : « Saison One 2.0″… Interview !

Noël is coming, on le sait, et avec lui, bien des choses ! Parmi cette floraison de fin d’année culturelle, nous avons tenté de retirer ce qui nous a paru intéressant. Nous nous sommes naturellement tournés vers le Théâtre de la Toison d’Or (TTO) et nous avons découvert qu’était donnée une pièce pas piquée des hannetons. Elle s’appelle « Saison One 2.0« . Le titre peut faire penser à du futuriste, pour certain-e-s, mais est en tout cas énigmatique au premier abord. Difficile de savoir de quoi il s’agit. Cela a attisé notre curiosité et nous avons vu qu’il était question, dans cette pièce, de plongée dans la petite lucarne : la télévision.

Suivant une trame comme une série télé « tradi », la pièce suivra le quotidien, le vécu du moins, des dramaturges, auteurs, metteurs en scène et autres acteurs et actrices dans tout ce qu’ils ont de déjanté mais aussi d’humain, avec leurs angoisses et leurs névroses, au fond. Il y aura du rire et des cliffhangers nous garantit Marie-Paule Kumps, conceptrice de la pièce.

Saison One 2.0, c’est le deuxième round, la suite de « Saison One » (tout court), cette pièce qui a plus de dix ans aujourd’hui, puisqu’elle date de 2007.

Cette pièce est l’oeuvre de Bernard Cogniaux et de Marie-Paule Kumps. Deux personnalités de choix. Nous avons décidé de poser quelques questions à Marie-Paule, sur la pièce « Saison One 2.0« , mais également sur son parcours, sur ce qui l’a poussée à vouloir être comédienne, sur les rencontres qu’elle a pu faire tout au long de sa carrière (déjà bien aboutie) et sur ce qu’elle a retenu de ses expériences.

Interview

Marie-Paule, votre carrière semble aujourd’hui bien étoffée. Quelles ont été vos meilleures expériences de jeu, de création ?

J’ai fait des choses très diverses, c’est une chance. Au début de ma carrière, j’ai co-écrit « Mado » avec Syvlie De Braeckeleer, un seul en scène décalé et poétique que j’ai joué plusieurs saisons de suite. Ce fut ma toute première expérience d’écriture aussitôt après être sortie de l’école ! J’en garde un très beau souvenir. Plus tard, j’ai joué « Trois Versions de la vie » de Yasmina Reza ; j’ai adoré travailler avec Adrian Brine à la mise en scène. Bien sûr, j’ai aussi et surtout créé pour le théâtre avec Bernard Cogniaux, notamment « Pour qui sont ces enfants qui hurlent sur nos têtes » ou plus récemment « À la vie à la mort » ; je garde aussi le souvenir de la pièce « Constellations » jouée avec Bernard Cogniaux : un très grand succès au Théâtre le Public, dans une mise en scène de Pietro Pizzuti.

Comment et quand avez-vous décidé de devenir comédienne ? Y a-t-il un déclic dans votre vie ?

Depuis toute petite, j’ai toujours aimé faire le clown. J’ai également longtemps travaillé dans le social, notamment en tant qu’animatrice d’un mouvement de jeunesse. Un jour, une amie de ce mouvement m’a fait connaître l’IAD. À l’époque, je ne réalisais pas encore que comédienne pouvait être un métier. Par hasard, je me suis inscrite au concours d’entrée et dès le premier jour j’ai adoré. C’était comme des vacances. Je n’ai jamais cessé d’adorer cela jusqu’à aujourd’hui.

On vous connait surtout pour le théâtre. Mais avez-vous d’autres cordes à votre arc ?

Je me passionne pour l’écriture. C’est un bonheur pour moi, comme lorsque j’ai co-écrit Saison One 2.0. En parallèle, j’anime des ateliers d’écriture tout public et j’adore cela : je fais souvent des résidences de 5 jours pour des gens qui ne sont pas nécessairement des professionnels, je me dis à chaque fois que je suis folle et qu’il n’y aura personne… mais ça remplit toujours. Globalement, je suis plutôt monomaniaque : il n’y a que le théâtre. Le reste, ce sont simplement des hobbies : la cuisine, la photographie, la poésie, les voyages…

Vous revenez, en tant qu’auteure et metteure en scène, au Théâtre de la Toison d’Or pour la pièce « Saison One 2.0 ». C’est un titre original, certes, mais que diriez-vous pour nous convaincre de la découvrir ?

Il y a des gens pour dire qu’on a fait le tour du théâtre et le tour des séries. Mais ici, tout est neuf dans cette pièce. Le rapport des séries au théâtre est neuf, raison pour laquelle il est urgent de venir voir Saison One 2.0. La mise en abîme dans le scénario est une autre originalité : toute l’histoire se déroule en effet dans un théâtre…

Cette pièce est-elle dans la lignée de vos créations précédentes ? Ou contraire, avez-vous initié quelque chose de totalement nouveau ?

D’une certaine façon, elle s’inscrit dans la lignée de nos créations précédentes car nous aimons écrire des comédies, Bernard Cogniaux et moi. Mais dans nos comédies, il y a toujours une certaine tendresse, une fragilité qui surnage : les personnages nous sont attachants parce qu’ils sont vrais et touchants. À l’image de la vie : c’est à la fois drôle et terrible. En ce sens, oui, nous sommes restés fidèles à nous-mêmes.

Comment en êtes-vous venue à créer cette pièce en duo avec Bernard Cogniaux ? S’agit-il d’un vieux projet commun ou avez-vous fait cela « un peu par hasard » ?

J’ai connu Bernard à la Ligue d’Impro. Nous nous apprécions sur un plateau, nous nous respectons et nous nous faisons confiance. Lui et moi sommes très différents, ce qui nous permet de nous compléter. Ensemble, nous avons écrit Saison One il y a 12 ans ! À l’époque, nous étions les premiers à concevoir une série télé au théâtre, d’après une idée partagée avec Nathalie Uffner. Nous avons voulu, cette année, revisiter cette aventure extrêmement riche : nous avons alors ré-écrit entièrement l’histoire en nous basant sur la première version d’il y a 12 ans.

Quelles ont été vos influences pour créer cette pièce ?

« Friends » avant tout. Bernard et moi sommes de grands fans de cette série, qui a marqué notre génération. Nous avons aussi été influencés par une autre série : « The Big Bang Theory », notamment pour son format très particulier. Pour l’histoire, nous savions déjà ce que nous voulions raconter. Les séries nous ont aidés pour créer un habillage qui soit crédible, en reflétant la forme spécifique d’une série télé. J’espère qu’au final, les gens se diront : « Ok, cette pièce fait vraiment série ». Ce serait une réussite pour nous.

Parlons d’Ici Bla Bla, cette émission culte passée de la RTBF. On vous y voyait à l’époque. Qu’y faisiez-vous ? Que tirez-vous de cette expérience télévisuelle ?

J’y ai joué toutes sortes de personnages, mais surtout Mamie Nelly. C’était une jolie aventure car nous avions des scenarii originaux conçus au jour le jour, et les auteurs étaient vraiment doués. Par ailleurs, pour les comédiens de l’époque, c’était l’occasion d’avoir du boulot, et un chouette boulot. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes de l’âge de mon fils me reconnaissent grâce à Ici Bla Bla ; cela me touche à chaque fois.

Quels sont vos projets à venir ?

Je m’apprête à tourner avec « Un tailleur pour dames » dans toute la Belgique. J’ai aussi écrit une comédie dans laquelle je joue le premier rôle : « Larguez les amarres » au Théâtre des Galeries, sur le thème des secrets de famille, dans une mise en scène de Pietro Pizzuti. Enfin, je vais reprendre la pièce « Ménopausées » en juin 2020 au Théâtre de Poche.

Infos

Théâtre de la Toison d’Or
12 Déc – 18 Jan
Du mercredi au samedi à 20h30

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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