Marsiho

Massalia, Massilia, Marseille, Marsiho… tant de noms pour un lieu unique au monde, preuve s’il en est de la place spécifique que l’antique cité phocéenne lovée sur les bords du Lacydon occupe dans l’imaginaire des hommes.

Car oui à n’en pas douter, Marseille est un lieu unique. Ville des Suds, riche de son passé, cosmopolite, laborieuse, chaude, enivrante, regardant vers le lointain et tournée vers un archipel évoquant déjà les rivages de la Mer Egée.

Mais Marseille, c’est aussi, et certainement avant tout, la scène d’un truculent théâtre humain, un spectacle quotidien fait de joies, de tristesses, auquel prennent part d’illustres inconnus, sous le regard jaloux des figures du négoce, de la pègre, des cafés et autres cabarets.

Une urbanité toute méditerranéenne et portuaire s’est fait jour en ce coin de Provence, animée d’une foule diverse drainée depuis la terre ferme vers le Vieux-Port et la Joliette, en partance pour l’outre-mer, ou un tout autre ailleurs.

Atypique, la vie en ce coin du monde a fait l’objet de bien des essais de la part de diverses disciplines artistiques, en faisant une figure du genre redondante.

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Philippe Caubère, tel un félibre moderne, s’essaie à la figure de style, en se livrant à un tour de force qui ne laisse pas indifférent. Durant près de deux heures de temps, il décrit seul en scène dans un costume d’un blanc immaculé un Marseille aujourd’hui révolu. Il nous fait revivre, à travers la prose, ciselée, ampoulée, parfois lourde et tellement méditerranéenne d’André Suarès, l’ambiance si particulière de cette ville au début du siècle passé en faisant montre d’un réel talent de comédien. Le récit prend corps, tant l’interprétation du texte, soulignée par d’habiles effets de lumière, est vivante : on sent le mistral froisser notre veste au pied de la Bonne-Mère, on se retrouve dans les bas-fonds de Marseille, on se fait bousculer dans le vacarme de la Bourse. La mise en scène, minimale – on notera toutefois le souci du détail : les deux chaises sur scène sont de style provençal – laisse la liberté à l’esprit de vagabonder à sa guise, et de se laisser prendre au jeu.

Marsiho

Du 7 au 17/10 à l’Atelier-Théâtre Jean Vilar

Texte de : André Suares
Adaptation et mise en scène : Philippe Caubère
Lumières : Philippe Olivier
Son : Jean-Christophe Scottis
Direction technique : Claire Charliot
Régie Son : Matthieu Faedda
Photo : Michèle Laurent

Plus d’infos sur le site de l’Atelier-Théâtre Jean Vilar

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Curieuse, spontanée, enthousiaste et exigeante, j'aime aller au théâtre et j'aime raconter ce que j'y vois, que j'ai aimé ou pas!

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