Maryline de Gallienne: une ode sensible au métier d’actrice

Après avoir été sa mère dans son premier film Les garçons et Guillaume …à table ! et après avoir incarné Lucrèce Borgia (la mère-monstre de Victor Hugo) pour la Comédie-Française, Guillaume Gallienne revient comme réalisateur avec Maryline, un nouvel et bel hommage aux femmes et aux actrices.

Loin des strass et des paillettes du 7ème art, Maryline évoque le côté sombre du cinéma à travers ce personnage (inspiré par une femme rencontrée il y a 15 ans) dont le rôle a été écrit pour la magistrale et lumineuse révélation du film, Adeline d’Hermy, jeune sociétaire de la Comédie-Française (elle a été la partenaire de Guillaume Gallienne dans Les Damnés et sera dans son adaptation d’Oblomov pour Arte).

Maryline est une femme modeste, blessée, parfois humiliée, qui rêve d’être actrice. Elle n’a certes, « ni l’audace ni l’aura de son célèbre homonyme hollywoodien » ni les mots pour se défendre, mais sera forte et déterminée pour (s’) incarner et réaliser son rêve.

Marylinec’est l’histoire d’un combat, d’un déterminisme, celui d’une femme forte, d’une chrysalide qui deviendra papillon.

 

Aux côtés de Adeline D’Hermy, Gallienne s’est entouré de  » sa famille de coeur » comme il la définit « des gens simples et humbles » dont certains issus de la Comédie-Française comme Eric Ruff (administrateur général de l’institution qui a également été son professeur de théâtre et plus récemment son mari dans Lucrèce Borgia) ou Xavier Beauvois.

L’apparition de Vanessa Paradis est brève mais belle: c’est un rôle-clé, révélateur et salvateur pour Maryline (jusqu’au générique du film pour lequel l’actrice-chanteuse reprend Cette Blessure de Léo Ferré, une ode à la femme dont L’origine du monde de Courbet aura été une source d’inspiration ). Elle est Jeanne Desmarais, une femme bienveillante, une sorte d’ange bienfaiteur dont le jeu n’est pas sans rappeler celui de Jeanne Moreau. Un rôle proposé au départ à Catherine Deneuve qui l’a refusé estimant que le rôle était trop proche d’elle.

Maryline est un drame, mais l’ensemble est lumineux porté par son actrice qui parvient à nous embarquer pour la suivre tout au long de son chemin périlleux.  

Habile et sensible, Maryline rend hommage aux femmes mais aussi, de Truffaut à Almodovar ou encore les frères Dardenne, aux cinéastes qui aiment les femmes.

Maryline de Guillaume Gallienne au cinéma le 15 Novembre.

 

Written By

Atteinte de cinéphilie aiguë, Lorraine Lambinet, fille de projectionniste, a passé son enfance dans les salles obscures. Titulaire d'une Maîtrise Arts du Spectacle et Écrits Cinématographiques, elle a touché à tous les domaines du 7ème Art aussi bien à la programmation (Festival Quais du Polar, Courts du Polar), l'exploitation (Projectionniste), la réalisation (Assistante réalisatrice) ou la production (Assistante de production long-métrage ). Aujourd'hui, elle est Directrice d'un cinéma en région parisienne.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *