Massimadi: films, docus, afro, LGBT!

Du 1er au 3 mai aura lieu au Bronks le festival Massimadi. Unique en Europe, le festival présente pour la deuxième année consécutive des films et documentaires LGBT (lesbiennes, gays, bi, trans) d’Afrique et de ses diasporas. Une initiative de l’association Les identités du baobab dont le travail s’oriente sur les questions de l’homosexualité en Afrique et dans les communautés afros.

Si l’idée du festival est déjà là, son nom s’impose il y a trois ans quand Marthe Djilo Kamga, la coordinatrice de l’association, assiste à Montréal au festival LGBT du même nom organisé par Arc-en-ciel d’Afrique. Un nom riche de sens puisqu’il est la contraction des termes masisi et madivinèz,  soit tarlouze et fouine en créole haïtien. « C’est intéressant de se réapproprier des insultes, les reprendre, l’assumer fièrement et y mettre autre chose que ce que les insultants peuvent y mettre » me dit Joëlle Sambi, responsable presse du projet.

L’objectif du festival étant de sortir des sentiers battus, de dire qu’il y a autre chose que ce que les médias mainstream montrent de l’Afrique, le choix de la programmation est le résultat d’un minutieux travail de recherche. Tant dans le fond que sur la forme, le festival veut présenter des films de qualité, des films qui touchent et interpellent en apportant de la nuance. Pas question ici d’idées ou de réponses toutes faites, le festival se veut outil de réflexions, d’échanges et de discussions. Une programmation équilibrant L, G, B, T dont le fil conducteur est l’homosexualité vécue par les Africains, ou personnes d’origine africaine, traitée avec originalité.

Massimadi, ce sont des films principalement, mais aussi un bar et des discussions, des expos de peintures, de la musique avec des dj sets et une soirée de clôture au Tales.

Trois jours durant lesquels, m’ajoute Joëlle, la volonté est de « s’interroger sur cette uniformité, ce truc où, parce qu’on appartient à la communauté LGBT, on est forcément dans un moule. Il existe au sein de cette communauté, du racisme, de la lesbophobie, de l’homophobie, du sexisme. Le festival, c’est aussi ébranler un peu les choses, dire que le fait d’être lesbienne, trans,  bi ou gay ne préserve pas de la connerie. C’est une critique de la société de manière globale hétérocentrée et une façon de questionner notre propre communauté; notre communauté LGBT mais aussi notre communauté africaine. Dire au deux communautés qu’on existe. »

Un festival intelligent plein de fond et de ressources qui nous change du paysage habituel. Venez donc découvrir, vous informer, vous amuser, boire un verre, discuter dans la la bonne humeur et le respect.

La programmation et toutes les infos sur le site de Massimadi et sur la page Facebook 

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