The Maze Runner/Le Labyrinthe

Il y a quelques jours, j’ai bravé le vent et le froid pour aller nulle part ailleurs qu’au cinéma! Petite veinarde que je suis, j’ai gagné des places pour aller voir… The Maze Runner/Le Labyrinthe de Wes Ball. Comme d’habitude, je ne me souvenais pas avoir joué pour mais j’adore les surprises alors ça tombe bien, n’est-ce pas!?

J’avais regardé la bande annonce quelques jours auparavant, envisageant d’aller coller mes fesses et deux trois pop-corn au fond d’un siège le plus au milieu (la rangée du milieu, le siège du milieu étant indéniablement la meilleure, parole d’un ami professionnel). J’y avais vu un autre film sauce trilogie/saga inspiré d’un ouvrage comme Hunger Games, Divergent, et les autres saga action-fantastique qui parlent de vampires, de sorciers et j’en passe, suivez mon chemin mental. Et tout ça, ça disait quoi pour moi?

Ca disait : romance inévitablement un peu difficile mais intense, noyau d’acteurs typiques et assez clichés, parcours semé d’embûches, et surtout un héro « élu » pour la réussite de tout ce que les autres-ne-savent-pas-faire-un-point-c’est-tout-mais-c’est-pas-grave-on-les-aime-quand-même, une fin trop prévisible.

Mais ça disait aussi: des décors et des effets plutôt convaincants, une atmosphère parfois lourde mais assez intense pour vous tendre un peu les bretelles de sous-vêtement, des personnages relativement attachants puisque étudiés pour qu’on s’y identifie d’une manière ou d’une autre (c’est aussi positif hein, on a besoin de ça), une bande son bad ass qui reste en tête et donne des frissons.

Et donc?

Et donc j’ai pas pris de pop corn, juste des cacahuètes au chocolat (je prononce pas la marque, c’est pour votre bien, rien que le dire fais prendre du poids, j’ai un demi paquet dans chaque fesse déjà). J’ai pris un siège bien au milieu, comme il faut, j’ai remué l’arrière-train, je me suis calée bien confortablement et c’est parti pour le film…

Tout ce qui suit n’est pas garantit sans spoiler, mais je fais au mieux pour le suspens.

Ce que j’en ai pensé

J’ai bien aimé. Je venais dans l’espoir d’être divertie, transportée et ce fut le cas! Ceux qui me connaissent relativisent automatiquement mon propos, étant donné que je suis très bon public et donc très réceptive.

« Ce qui est bien avec Aline c’est que même quand nous on sent le truc venir, qu’en général on sursaute pas, avec elle à côté, la tension monte, elle panique à l’avance, elle sursaute,( parfois j’hurle aussi) et du coup, nous aussi on sursaute »

Mais! (il y a toujours un « mais ») Lisez-moi tout de même! J’ai été crispée durant la presque totalité de ce film! La tension s’installe instantanément. Ca commence avec un malaise, on est coincé quelque part avec un personnage du film et puis on stagne un peu, le décor s’installe, les personnages principaux font leur apparition, un début d’intrigue et après à peine 7 minutes de film BOUM! Ca court, ça se bat, ça hurle et on se fait embarquer sans sommation dans une course à la liberté.

Je vous assure que j’étais scotchée à mon siège, tendue comme un ..(non je ne le dirai pas, débrouillez-vous) et je ne pouvais pas m’empêcher de jurer en me recroquevillant (« put*in, puta*n, p*tain,.. »frénétiquement à chaque rebondissement et il y en avait!).

Je suis sortie de la salle, épuisée mais bienheureuse, contente du résultat global, de l’univers assez original de l’intrigue (mais l’intrigue…pff, enfin j’en reparle!), contente de constater qu’une suite serait donnée (même si franchement au début j’espérais me tromper, histoire qu’on nous vende pas encore un « abonnement  trois séances » pour un trilogie moelleuse ou carrément une saga).

Objectivement vraiment…

Objectivement, je ne pense pas que ce film sorte plus du lot que Divergent, Hunger Games et con-films (ho le jeu de mot!) en dehors simplement du cadre choisi pour faire évoluer les personnages : un gigantesque labyrinthe commandé par on ne sait qui et qui semble se remodeler chaque nuit (une fois fermé) pour éviter toute fuite; et habité par d’horribles créatures pleines de pattes, gluantes et bruyantes.

Dans ce labyrinthe, un groupe de jeunes hommes vivent en autarcie (tout ce dont ils ont besoin leur est fourni via un caisson métallique acheminé par le sous-sol) dans un espace verduré, boisé, qui doit sentir bon l’herbe fraîche et les tomates presque mûres. Chacun a une tâche d’élection: cultiver, construire, cuisiner, etc et puis il y a les coureurs. Ils doivent passer leurs journées dans le labyrinthe, y courir et en détailler chaque recoin en vue de créer une cartographie et trouver une issue. Pourquoi courir ? Parce que les portes du labyrinthe se ferment à la tombée du jour et que personne n’a jamais survécu une nuit dedans, surtout en présence de ces créatures appelées « griffeurs ». ARGH! Mais non quoi! On entend à peine la phrase « jamais personne n’a survécu » qu’on sait déjà tous que quelqu’un va le faire. Sinon le film n’a pas de sens. Donc le film, à peine commencé, est déjà trop prévisible.

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Chaque mois, le caisson livre un homme, qui ne se souvient de rien , pas même de son nom (supposé lui revenir quelques jours après) et qui devra prendre sa place dans la communauté. Là arrive notre héros, légèrement différent des autres (ben tiens, l’élu, le voilà!) et curieux (qui va aller fourrer son nez dans le labyrinthe à votre avis?) et courageux (ou stupide, c’est à voir) et aussi (pas) accessoirement un leader convaincu et convaincant que leur vie leur a été prise et que « ici ce n’est pas chez nous », donc incapable de s’adapter vraiment à une situation, de se rendre à l’évidence et prêt à tout risquer pour ses idées. Autant ça pue du bec, autant c’est admirable, donc tout le monde admire et il se trouve des suiveurs.

Mais quand on a un groupe de gens coincés quelque part, il se crée systématiquement une hiérarchie, et si en apparence tout le monde dit son mot, un coup de pelle et on trouve un leader et un règlement imposé par lui que tout le monde suit et respecte « pour le bien de tous, la sécurité et patati et patata ». Dans ce contexte, nous plaçons un jeune homme un peu trop borderline et un autre personnage tête à claques qui va tout contredire et discréditer notre héros à base de « Ici c’est chez nous », « Le règlement a été conçu pour qu’on ne s’en écarte pas », « tout est ta faute », « nous ne devons pas partir » et qui finit à force de fierté (mais de lâcheté, comme ça le spectateur l’aime pas trop sans pouvoir trop lui donner tort) par prendre le lead et tenter de contrecarrer les démarches du héros. Comme ça, là, on a  juste un concours de pénis en bonne et due forme et on sait tous que de toute façon le héros s’en tire d’une manière ou d’une autre.

Je vais pas faire tout le tour, mais en gros on a des interactions globalement similaires aux autres gros films qui font de la tune en ce moment, une intrigue de base du même genre, c’est sans surprises, ou quelques-unes, par-ci, par-là et c’est embêtant car toutes ces histoires sont inspirées d’ouvrages et parfois des anciens, et à terme on va tous finir par se dire que les écrivains se concertent alors que c’est bien souvent dans le processus de réalisation du film made in Hollywood, qu‘on supprime les subtilités si intéressantes qui rendent les livres uniques et si passionnants. On réduit l’histoire et on exagère les traits des personnages…baboum une grosse production!

C’est divertissant, j’ai bien aimé mais je ne peux pas dire « je voudrais le voir une seconde fois » ou « quand il sort en Blue-Ray je l’achète et le mets sur le podium de mes coups de coeurs ». Parce que ce n’est jamais qu’un autre film du genre et ça colle avec une envie de break, de vide, de pause. Le temps du film on fait une pause mais quand on sort, pas de débat, pas d’intrigue, pas de questionnement autre que « à quand la suite » ni de spéculations basiques sur ce qui se trame et qu’on sait que l’on va découvrir dans le « 2 »… Alors que si le film s’arrêtait là, on resterait sur notre faim, on aurait un sentiment presque délectable de frustration destiné à nous faire nous imaginer une fin, une suite et à se vider la tête tout en la remplissant d’un peu de magie.

J’aime les fins troublantes et définitives. Elles sont fertiles, elles nous rendent fertiles.

Je ne vais pas vous conseiller de courir payer votre place de cinéma (cher et vilain) pour ce film. C’est à voir, certes mais pas à mettre au-dessus d’un film plus profond, plus original ( et là je sèche mais pas Sex Tape…Peut-être Fury ou The Loft, Le Juge,…que je n’ai pas encore vus mais qui s’annoncent pas trop mal, je vous dirai!)

En bref…

Du bon et du mauvais.

+ Une tension assez bien maintenue.

+ Un héros canon et convaincant.

+ Un casting plutôt encourageant, quoique Kaya Scodelario soit aussi insipide que dans la série Skins UK.

+ Un cadre original, des décors vraiment impressionnants.

+/- Une bande son à la hauteur mais pas si surprenante (vous savez ça prend toujours ce côté ultime, ça colle et ça hérisse le poil mais on en a dans 70% des films).

–  Tout est trop prévisible, c’est sans surprises, les interactions entre les personnages sont écrites sur leurs fronts et ils sont clichés (même s’il faut bien ça pour donner un peu de puissance), la gonzesse est inutile au possible (il fallait que je le dise, « retourne dans Skins ou va jouer dans Twilight« )

Voyez-le à l’occasion, laissez-vous embarquer, c’est gai mais ne vous attendez pas à du grand art. C’est dit!

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"Née, nourrie, vêtue et pas velue. Un poil artiste, la plume en patte, je miaule, je grogne, tout ce qui compte c'est qu'on ne m'oublie pas trop vite.Née, nourrie, vêtue et pas velue. Un poil artiste, la plume en patte, je miaule, je grogne, tout ce qui compte c'est qu'on ne m'oublie pas trop vite. Etudiante en communication, passionnée de dessin, d'écriture, de culture avec un C, je suis aussi animatrice radio à mes heures perdues et pleine de rêves et de projets fous et insensés. Tout ce que je ne dis pas tout haut, je l'écris ou je le dessine. Je parle beaucoup, même avec la bouche fermée."

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