Medina. L’intégrale, ou des humains dans de beaux Drax…

Dans un futur lointain et post-apocalyptique, sur une planète (la Terre ?) désertique et dévastée qui n’est plus qu’un vaste champ de bataille, Medina, le dernier bastion de l’humanité, résiste. Protégée par un gigantesque bouclier énergétique, la ville est en état de siège permanent. Depuis des décennies, les Hommes sont en guerre contre les Drax, une race d’aliens insectoïdes ayant la fâcheuse tendance de transmettre un mutagène transformant quiconque entre en contact avec eux en un nouveau Drax. Condamnée à mourir à petit feu, l’humanité voit cependant une lueur espoir se profiler lorsque qu’un vétéran de guerre, Karlof, arrache des griffes des Drax une jeune fille de 14 ans, Hadron, enceinte d’une enfant qui semble être le premier hybride entre humain et Drax. Medina résistera-t-elle jusqu’à la naissance de l’enfant, ou succombera-t-elle aux assauts des extraterrestres bien décidés à récupérer ce qu’ils considèrent comme leur futur ?

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Il y a quelque chose à la fois de Mad Max, de Starship Troopers et bien entendu d’Alien(s) dans Medina. Publiée de 2010 à 2013, scénarisée par Jean Dufaux (auteur notamment du célèbre Murena) et dessinée par Yacine Elghorri, la BD proposait un mélange de genres pas inintéressant, servie par un dessin qui, dans ses tons et ses architectures délabrées, rappelle parfois curieusement Enki Bilal. L’intégrale que nous présente Le Lombard rassemble les trois tomes de cette courte série qui présente l’avantage d’offrir un récit complet, cohérent et sans longueur.

Mais s’il s’agit certainement d’une force de l’ouvrage, il en est aussi quelque part l’une de ses principales faiblesses : Medina est court, trop court, ce qui fait que le récit s’enchaîne sans temps mort et sans laisser le temps à l’atmosphère particulièrement glauque de l’univers de s’installer, ce qui aurait compensé le sentiment de déjà-vu qui se dégage de l’histoire. Car si le scénario de Medina offre un mélange de genres, il le fait sans guère d’originalité, d’où un sentiment de déjà-vu assez prononcé à la lecture de l’ouvrage. Le cadre et les enjeux du récit étant posés rapidement, il en va de même des personnages, qui ne sont pour la plupart qu’esquissés. Le manque d’expressivité de leurs traits et des dialogues parfois maladroits achèvent de convaincre le lecteur d’avoir affaire à une histoire manquant cruellement de personnalité, ce qui peut surprendre étant donné le scénariste de renom qui est à l’écriture. Reste l’ambiance poisseuse du récit, des scènes d’horreur plutôt gores, et une fin qui, bien que quelque peu prévisible, s’offre un unhappy end plutôt réussi.

Jean Dufaux et Yacine Elghorri, Medina. L’intégrale, Le Lombard, 160 p., 19.99€

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Passionné de cinéma, de bandes dessinées en tout genre et de littérature de science-fiction, quand je n’alimente pas mon propre blog j’essaie de faire un peu d’histoire…

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