Meg Stuart en quête de vérité

« Comment assimiler les nombreuses influences qui m’ont façonnée en tant qu’individu et en tant qu’artiste ? Y a-t-il encore de nouvelles expériences et des récits de vie restant à écrire qui sommeillent dans mon corps ? »

Voilà une question épineuse à se poser, d’autant plus lorsqu’on occupe seule la scène le temps d’une soirée.

Dans Hunter, Meg Stuart, chorégraphe américaine établie à Paris, commence une exploration intérieure. Elle se met en quête de souvenirs disparus, d’anecdotes, de mouvements en mettant en jeu plusieurs disciplines dans un one woman show.

On voit défiler l’aventure de la création par bribes sous nos yeux. La chorégraphe commence en étant assise à une table. Elle est en train de découper des morceaux de photos et de les rassembler. Après avoir créé une œuvre d’art plutôt jolie, elle y met subitement le feu. Un rappel que tout est éphémère et que notre mémoire est faillible, comme le prouve le temps.

Dans la première partie de la pièce, la danseuse se déplace dans un monde mystérieux à mi-chemin entre la danse et l’expression. Sa chorégraphie est loin de mes médiocres tentatives de danser la valse lors de mes cours de danse de salon. Dans l’idée, c’est le même type d’autoportrait : les expériences physiques, concrètes d’un être humain qui grandit. On trouve là les morceaux d’une vie que Meg Stuart partage avec nous. Un public tout à la fois désorienté et enchanté.

Le spectacle Hunter dissèque la vie comme il dissèque la danse. Dans la deuxième partie de la pièce, la chorégraphe devient narratrice. Le spectacle devient presque un monologue comique. Elle y décrit certains de ses premiers souvenirs, fait revivre des rencontres avec quelques-uns de ses héros et mène une réflexion sur ce qui est vrai et ce qui est faux.

Les themes qu’elle aborde ne sont pas faciles mais l’artiste n’est pas là pour nous expliquer pourquoi la vie est compliquée. Elle choisit plutôt de nous montrer un fascinant puzzle. A vous de disposer ses pièces comme vous l’entendez. Mais sachez que dans cette aventure, tous les éléments sont importants pour comprendre comment le passé influe sur le présent.

Vu le 3 septembre @Kaaitheater, dans le cadre du Theater Festival.

Plus d’informations et de dates sur le site web

Traduit de l’article Meg Stuart hunts for truth écrit par Mixy

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