Mercredi, c’est cinéma: On a aimé Je suis à toi (interviews) et on s’est endormi devant Good People

Je suis à toi, David Lambert continue son exploration de l’intime!

C’est LA sortie belge de la semaine et ça nous fait plaisir de revoir David Lambert qu’on a connu il y a deux ans avec son premier film, Hors les murs, et avant ça avec les scénarios marquants de La Régate et Post Partum. Un premier essai qui a vécu une jolie carrière en salles (jusqu’au Canada et la Semaine critique de Cannes!) et dans les festivals. Le nouveau film du réalisateur liégeois, Je suis à toi, reste dans le même univers, fait d’homosexualité, d’exploration de l’intimité mais aussi et surtout d’une histoire d’amour.

Le pitch de Je suis à toi, Lukas (Nahuel Perez Biscayart), jeune prostitué argentin se vend et essaie de soutirer de l’argent aux internautes par webcams interposées. Quand Henry (Jean-Michel Balthazar), boulanger du village d’Hermalle-sous-Argenteau, décide de le prendre sous son aile et de le sortir de sa misère, Lukas fait sa valise et débarque en pays liégeois. Le début d’un échange de bons procédés entre les deux héros, Henry donnant refuge, métier d’apprenti et salaire à Lukas, et Lukas sortant Henry d’une autre misère, affective, sentimentale et sexuelle. Pourtant quand Lukas se rapproche d’Audrey (Monia Chokri), vendeuse à la boulangerie, le doute n’est plus permis et le choix est vite fait, le coeur de Lukas bat pour cette jeune veuve.

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Si Hors les murs ne m’avait pas totalement emporté, Je suis à toi, lui, est réussi à plus d’un titre et nous embarque en témoin de cette relation triangulaire. Et si les images sont parfois explicites (un sexe en érection ou une fellation durant quelques secondes, ce qui a déjà valu au film une certaine incompréhension illégitime), elles ne sont pas choquantes (surtout à l’heure où une violence, bien moins anodine, a envahi nos écrans quotidiens depuis trop longtemps) et donnent profondeur au film, sont nécessaires. Car, ce qui crève le plus l’écran, ce sont les comédiens: un premier grand rôle au cinéma pour l’acteur de théâtre Jean-Michel Balthazar (dont 2014 sera sûrement son année au cinéma avec la sortie deux autres films attendus, nous aurons le temps d’en reparler), une éclatante confirmation du talent de Nahuel Perez Biscayart et la douceur de Monia Chokri. Je suis à toi est une brillante réussite, entre silences et comédie musicale (des moments jouissifs), possible grâce à la vision et à la réalisation très personnelle de David Lambert. Il était à notre micro, un exercice qui ne l’effraie plus trop depuis qu’il a connu Cannes, car « après Cannes, tout paraît calme: »

Le droit de réponse de David Lambert est à lire ici

Mais nous ne nous sommes pas arrêtés là, puisque Nahuel Perez Biscayart était également là, un peu fatigué par de nombreux voyages. Et, il a beau être argentin, avec lui pas de barrière de langue!

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Je suis à toi de David Lambert, avec Nahuel Perez Biscayart, Jean-Michel Balthazar, Mona Chokri, Achille Ridolfi.

 

Le 26 novembre dans les cinémas belges.


Good people make bad movie

Il y avait de quoi rêver et baver devant ce Good People d’Henrik Ruben Genz: un casting de rêve (James Franco, Kate Hudson, Omar Sy et le toujours aussi attachant Tom Wilkinson dans le même film) devant la caméra d’un des réalisateurs prometteurs de la prodigieuse série danoise The Killing (adaptée ensuite aux États-Unis) et une histoire qui semblait tenir la route (un couple criblé de dettes s’empare de 200 000 dollars volés et laissés par leur locataire, mort d’une overdose. Mais très vite, l’affaire tourne et les voilà pris entre deux clans, qui cherchent à mettre la main sur l’argent à tout prix, sang y compris.

Malheureusement, les premières minutes nous font déchanter et ravaler très vite notre bave. Musique de série X d’après minuit, seconds-rôles approximatifs et réel ennui semblant animer les acteurs se demandant dans quelle galère ils sont venus se fourrer. Non pas qu’ils jouent mal, même si Kate Hudson n’apporte pas beaucoup de chair à son personnage. Quelle galère, c’est le mot! Tant le pire dans cette histoire… c’est l’histoire! Abracadabrante à souhait: un lieu de crime non surveillé par la police, des méchants totalement gauches et qui trouvent, en pleine scène finale, le temps de s’allumer une clope. C’en est presque hilarant. Comme la mise en scène enchaînant les lieux communs et dont le seul risque sera d’avoir mis une caméra sur l’arrière d’un pick-up en fuite. Tout ça donne  à ce Good People des allures de téléfilm. Oui, Henrik Ruben Genz aurait mieux fait de rester braqué sur le petit écran. Reste le plaisir de retrouver les acteurs, dont Omar Sy qui réussit pas mal son incursion dans le monde du thriller d’action à l’américaine. Mais qui prouve aussi que sa présence seule ne suffit pas à rendre un film… intouchable.

Good people, d’Henrik Ruben Genz, avec James Franco, Kate Hudson, Tom Wilkinson et Omar Sy

Sortie en Belgique le 26 novembre (du moins à l’UGC de Brouckère et au Kinépolis Bruxelles, seuls cinémas en Wallonie et à Bruxelles à le programmer!)

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Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

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