Message from the King au BIFFF : laisse béton, Fabrice !

Message from the King est une magnifique transposition à l’écran de la chanson Laisse béton de Renaud. L’histoire est simple, le Black Panther de Captain America : Civil War veut apprendre un jeu rigolo à grands coups de chaîne de vélo à des salauds qui ont osé toucher à sa sœur. Chadwick Boseman leur a filé des beignes, les méchants lui ont foutu une torgnole et le héros leur a dit « laisse béton » ! Voici donc le résumé de ce nouveau film décevant de Fabrice du Weltz.

Jusqu’à présent la filmographie de notre compatriote avait suscité un certain engouement de ma part. Calvaire, Vinyan, Code 45, et Alléluia avaient contribué à confirmer les qualités de metteur en scène de Fabrice du Welz. C’était sans compter cette immense déception subie au BIFFF vendredi dernier. Dieu soit loué j’ai pu profiter de ce film grâce aux répliques assassines des spectateurs du Festival du Film Fantastique. Devant les confessions d’une jeune mère de famille paumée, une voix retentit dans la salle : « On s’en fout ! ». Après une heure d’ennui, le héros découvre une sextape mettant en scène sa sœur, ce qui a au moins eu le mérite de provoquer la réplique d’un spectateur : « ça au moins, c’est un bon film ! ».

Pourtant ce film n’avait pas trop mal commencé et l’idée de la chaîne à vélo fonctionnait très bien, permettant d’iconiser ce héros insignifiant dont la seule scène finale ne fait qu’asseoir la platitude du personnage. L’histoire est sans cesse alourdie par des sous-intrigues où se côtoient petite frappe, dentiste véreux et producteur pédophile dans un Los Angeles interlope influencé par John Carpenter (Invasion Los Angeles).

Durant la présentation du film par le réalisateur, qui rétrospectivement n’a fait que mettre en exergue les lacunes en matière de références cinéphiliques, Fabrice du Weltz a poussé la chansonnette, coutume du BIFFF oblige, avec une magnifique La P’tite Gayole. On peut sans hésiter lui attribuer le prix de la chanson wallonne ! En revanche, si on se targue d’avoir pour influence le chef-d’œuvre de Paul Schrader, Hardcore, il faut au moins avoir les capacités de lui arriver à la cheville. De par son pitch, Message from the King fait penser à Get Carter, mais pas la version de Mie Hodges, celle de Stephen T. Kay, c’est dire ! Et encore, ce n’est pas très gentil pour Stallone…

Et dire que le revenge movie avait été tellement décrié à l’époque des films de Charles Bronson ! Aujourd’hui, ce genre bénéficie d’une complaisance inouïe et d’une perte de valeur. Quand hier Charles Bronson, après avoir brutalisé la racaille de son quartier, allait vomir dans ses chiottes, aujourd’hui Chadwick Bosman trucide les responsables de la mort de sa sœur dans l’indifférence générale. On se fiche de ce qui va arriver au héros, on n’en a rien à foutre que sa sœur ait été tuée et on prierait même le ciel qu’il arrive quelque chose à ce Jacob King. En vain.

Pour cette première incursion dans le cinéma de genre américain, on espérait mieux. Souhaitons que cet excellent metteur en scène retrouve plus de vigueur en revenant vers sa belle petite gayole…

j’vais t’apprendre un jeu rigolo

à grands coups de chaîne de vélo

j’te fais tes bottes à la baston !

moi j’y ai dit :

Laisse béton !

 

Retrouvez la programmation du BIFFF sur le site officiel !

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Comédien, metteur en scène et réalisateur travaillant pour l'asbl La Roulotte Théâtrale. Passionné de cinéma, de théâtre et de littérature, j'ai des projets plein la tête !

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