Mike Cannon – Maléfices

Maléfices est un ensemble de quatre nouvelles fantastiques traitant du thème de la mort.

Ce court recueil se présente avec une couverture noire, sobre mais incitatrice. Une curiosité toutefois bien vite éteinte suite à la lecture des premières pages.

Mike Cannon, sans avoir rien inventé, relate néanmoins ici quatre histoires à potentiel : une maison hantée par une ancienne résidante, une chasse aux loups-garous, une horde de morts qui reviennent à la vie dans un vieux cimetière et, enfin, un jeune homme qui subit une inquiétante métamorphose suite à l’attaque d’un grand requin blanc…

Si les thématiques choisies sont des classiques méritant d’être exploités par un regard nouveau et original, la désillusion est quasi immédiate. En effet, la principale caractéristique de la création d’une ambiance, dans un récit fantastique ou d’épouvante, réside dans la qualité de la description réalisée par l’auteur. Les nouvelles de Mike Cannon en manquent cruellement, donnant cette impression de creux au sein des différentes intrigues et empêchant farouchement le lecteur de s’attacher et de s’intéresser un tant soit peu aux personnages. On désirerait cruellement que l’atmosphère soit là, pesante, étrange, prenante, mais il n’en est, hélas, rien. Malgré tout, la dernière nouvelle (Sharkman) est peut-être celle qui semble la mieux travaillée.

Il faut par ailleurs ajouter qu’à notre grand regret, l’auteur passe parfois du coq à l’âne, nous laissant dans une sorte d’attente frustrante étant donné notre incapacité à percevoir le sens des enchainements. Ceux-ci sont brutaux, rapides, un assemblage maladroit d’actions et de dialogues, tel un bonbon servi sans son emballage.

Le style, quant à lui, est d’une maladresse qu’on ne peut omettre de mentionner en raison des lourdeurs, des répétitions récurrentes ainsi que de la pauvreté du vocabulaire. Notons également, et ce n’est pas négligeable, les innombrables erreurs d’accord et l’inconstance dans les choix typographiques qui finissent de rendre l’ensemble du récit assez indigeste (encore une fois, la dernière nouvelle semble être la moins affectée). Nous ne pourrons que conseiller à tout jeune auteur désireux de se lancer dans le monde de l’écriture, de ne pas négliger l’étape de la relecture.

Maléfices, dans l’ensemble, se résumerait à une bonne idée arrêtée au stade de brouillon, tant il nous laisse en bouche cet arrière-goût amer d’inachevé.

Dommage.

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