Plus je m’informe, moins je sais ce qui se passe…

Je ne vais pas vous dire ce que vous devriez penser ou ce que vous devriez faire. Je ne vais pas vous dire qui est le bon et qui est le mauvais. Ce n’est pas mon travail et ce n’est d’ailleurs celui de personne. Qui peut honnêtement avancer qu’il connaît la vérité vraie, objective et impartiale? Chacun a sa propre vérité et c’est la raison pour laquelle tant de gens sont en désaccord sur beaucoup de choses… Je ne prétends donc pas connaître la vérité, mais s’il y a au moins une chose que je connais, c’est le sentiment d’être complètement perdue en ce qui concerne les questions de politique et conflits  internationaux .

Généralement, je ne crois que ce que je peux voir ou tester. Or il est impossible de voir, tester ou examiner soi-même tous les produits ou les événements qui se passent sur terre. A un moment donné, j’ai dû admettre que j’avais besoin de l’opinion des autres pour me faire mon propre avis. C’est ce pour quoi les médias sont généralement utiles: ils nous donnent des informations que nous ne pouvons réunir nous-mêmes. Aussi objectifs qu’ils devraient être, ils ne l’ont pourtant jamais été. Des hommes s’essayant à décrire des faits… Nous savons tous bien ce qu’il en est: il existe autant de versions d’une histoire que de personnes qui la rapportent. Idem pour les médias, eux-mêmes gérés par des êtres humains, ayant, évidemment, des opinions différentes.

Aujourd’hui, nous savons tous que nous ne pouvons nous fier à tout ce que nous lisons ou écoutons. La mondialisation, la multiplication des médias, l’Internet et les réseaux sociaux ont rendu l’information si proche mais aussi si floue ou même farfelue parfois que plus que l’éducation pour tous, nous avons décidé que l’éducation aux médias pour l’individu déjà instruit était nécessaire…

Cependant, éduquer des gens qui pensent être déjà civilisés n’est pas chose facile. De fait, bombardés de tonnes d’information, ils arrêtent généralement de s’intéresser aux choses qui ne sont pas clairement expliquées ou clairement liées à eux. Et nous ne pouvons pas les blâmer pour cela, car dans ce cas, nous aurions à blâmer au moins 80% de la population mondiale…

C’est à mon sens l’essence même de ce problème de désinformation. Peu importe à quel point vous êtes instruits, combien de temps vous êtes allés à l’école, combien de médias vous lisez ou écoutez, à quel point une question vous intéresse… Personne n’est vraiment formé pour comprendre le monde et l’expliquer.

D’une part, nous avons des gens aux connaissances spécifiques et pratiques qui leur permettent de travailler correctement, d’autre part, nous avons des gens qui approfondissent des sujets comme les arts, la politique, la psychologie, la littérature, mais qui sont, pour la plupart, incapables d’expliquer les résultats de leur recherche de manière simple et claire.

Et après, quoi? Lors d’un événement littéraire, vous ne trouvez que des lettrés, les débats politiques attirent uniquement les personnes politiquement impliquées et les expositions sont pleines d’artistes. Des gens qui ne peuvent pas expliquer pourquoi leur travail ou activité importe et comment ce qu’ils font peut apporter beaucoup d’informations aux autres et leur apprendre des choses utiles et importantes sur eux-mêmes et sur le monde dans lequel ils vivent. Des gens qui connaissent beaucoup de choses, qui peuvent parler de sujets complexes pendant des heures, mais qui éprouvent des difficultés à sensibiliser les gens qui ne sont pas déjà au courant de leurs idées ou de leurs causes.

Et si? Et si c’était ce désir humain perpétuel de classer, séparer et étudier des sujets un à la fois qui a fait du monde un ensemble d’informations inextricables? Trop d’articles, trop de médias, trop d’experts… Et si le problème n’était pas seulement les gens pas bien informés qui se sentent perdus et stupides à regarder toutes les choses qui se passent dans le monde, mais aussi les bien informés qui ne prennent pas la temps de se familiariser, d’utiliser et d’interagir avec d’autres domaines que le leur?

Enfin, si le défi du XXIème siècle n’était pas de trouver un moyen d’informer et d’éduquer les gens correctement, mais de rendre l’information directe et assez claire, sans jamais être simpliste? Et que ce moyen soit enseigné à tous ces journalistes, experts ou professeurs qui ne comprennent pas que les gens ne les comprennent pas? Eh bien, peut-être que j’aurais l’impression que le monde et toutes les choses qui se passent autour de moi sont moins absurdes ou incompréhensibles… Peut-être que je saurais enfin ce qui se passe ici et là et pourquoi les gens continuent à se battre et tuer d’autres personnes… Peut-être que je comprendrais pourquoi ils ne peuvent pas trouver une solution et pourquoi parfois nous décidons de mettre notre nez dans les affaires des autres pays et pourquoi, parfois, nous ne le faisons pas… Peut-être aussi que je serais en mesure d’expliquer les choses que j’ai apprises à d’autres personnes et que je pourrais contribuer à un changement lent mais non négligeable dans l’esprit des gens… Et vous aussi, n’est-ce pas?

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