MINHWA, La peinture populaire coréenne: EXPO au Korean Cultural Center Brussels

MINWHWA,  La peinture populaire coréenne est une exposition qui met en lumière l’artiste SUH Gongim, du 4 mai au 17 juin 2017 au KCCB. Cette peintre, originaire du petit village de campagne de Gimje, traite le sujet traditionnel en le remaniant de façon contemporaine. Après Pékin, Paris, Budapest, Berlin et Madrid, découvrez cet art 100% coréen de passage à Bruxelles pour la dernière étape de sa tournée mondiale.

MINWHA, c’est quoi? 

Le Minhwa a été créé pour décorer des intérieurs. Il est inspiré de croyances populaires, de la religion ainsi que d’événements importants de la vie. Pour cette raison, il comprend divers symboles traditionnels dont les vœux pour la paix de la famille, la bonne santé, la richesse, le succès des enfants, etc. La dynastie Joseon (1392-1910) autour du XVIIIème siècle est considérée comme la période d’une grande évolution. Elle était proche de récupérer le pouvoir économique et a échappé à la période d’obscurantisme issue de la guerre entre le Japon et la dynastie des Qing. Ceux qui ont amassé de la richesse sont apparus comme une nouvelle tendance bien que le conflit social dû à l’autorité de la noblesse subsistait.

Au lieu d’une révolution, le nouveau pouvoir a choisi de mener une résistance culturelle comme une opposition indirecte. Elle s’est produite dans la littérature, la musique, la peinture et plusieurs autres domaines de la culture. Une telle vague a suscité chez les artistes un désir de détachement de la culture chinoise, où de nombreuses règles étaient imposées dans les peintures traditionnelles qui avaient dominé l’art coréen, ainsi que d’une prédisposition forte à la recherche de nouvelles valeurs.

MINWHA durant la Renaissance

La fin de la période Joseon était l’âge d’or de la peinture coréenne. Cela a coïncidé avec le développement de la classe moyenne et la révélation de ses désirs potentiels dans différents secteurs culturels. Les détails minutieux sont devenus grossiers et les couleurs vives apparaissent pour la première fois. La peinture du milieu de cette période tend donc vers la liberté des mœurs et vers la poursuite d’un style nouveau. Au milieu de l’influence de la résistance culturelle, le Minhwa s’est placé au sein des centres artistiques populaires comme un drapeau symbolique, nous révèlent Mle. Hyeyeon Park, organisatrice de l’exposition, et Monsieur Lee Giyoung, auteur de l’ouvrage Être fasciné par le Minwha (2011)

Par ailleurs, la tendance révolutionnaire a mené les artistes à réaliser beaucoup d’œuvres dans l’anonymat, dans le but de profiter le plus possible de la liberté d’expression et de contribuer à la véritable résistance contre l’aristocratie culturelle. Dans cette exposition, SUH Gongim nous montre quelques aspects de Minhwa: le Chaekkeori (peinture des effets personnels des savants), le Sipjangsaeng {dix éléments symbolisant la longévité}, des paysages, etc.  

MINWHA à travers 3 oeuvres de l’artiste SUH Gongim

Traditionnellement, le tigre représentait le roi de la dynastie et le pouvoir des autorités. Le Minwha représente le tigre de manière extravagante. Le premier tableau de 2008, Retour de l’héro ou Renaissance du héroillustre un tigre entouré par des papillons sur fond rouge. Les ronds sur le tigre symbolisent le pouvoir détourné.  On retrouve ici toute la satire inhérente au Minwha.

Associés aux papillons qui symbolisent l’espoir et le retour à la vie,  la peinture de Suh Gongim prend une nouvelle symbolique. Et pour compléter l’analyse par une anecdote, le tigre illustré est inspiré de la mascotte des Jeux Olympiques de Séoul en 1988. Le tableau de 2008 célèbre ainsi le renouveau de la société coréenne durant ce laps de temps.

Dans La pivoine et le coq (2014), le coq est synonyme d’un succès de la vie. Accompagné par la pivoine, il fait référence à la richesse et à la gloire. Le lotus quant à lui représente la prospérité d’une entreprise. La troisième peinture Les jours heureux (2010) met en scène une grue qui représente habituellement la longévité. Mais elle a un tout autre sens avec le pin, faisant référence au bonheur des époux.

Chaque oeuvre de l’exposition de Suh Gongim exprime des souhaits pour les gens. Ces souhaits sont représentés par différents éléments (animaux, plantes, couleurs, etc.). Les associations sont infinies et les symboliques qu’elles peuvent prendre le sont également. Il en résulte que cet art prend une toute autre dimension lorsque l’on essaie de déchiffrer les messages des artistes. La multitude de combinaisons possibles rend le Minwha intrigant et passionnant.

MINHWA, La peinture populaire coréenne 
Du 4 mai au 17 juin 2017 au Korean Cultural Center Brussels, rue de la Régence 4 – 1000 Bruxelles Belgique
Photos de l’expo: Douglas.BXL

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