Mueck – L’humanité dans le détail

La Fondation Cartier pour l’art contemporain reçoit le sculpteur australien Ron Mueck.

Cet artiste australien vivant à Londres propose une vision de la nature humaine hors du commun grâce à des sculptures hyperréalistes à des échelles surprenantes. C’est un homme très discret qui ne présente que rarement son travail lors d’expositions en Europe.

Il a fallu attendre 8 ans pour redécouvrir les œuvres de l’artiste dans une exposition qui propose six œuvres récentes et trois sculptures réalisées pour l’occasion.

De plus, un film inédit, à la fois intime et émouvant, nous plonge au cœur même de l’univers de l’artiste. Lente et silencieuse, son œuvre n’en n’est pas moins percutante et exceptionnelle. On peut y observer l’artiste comme par une fenêtre. Il ne trahit pas son travail pour les besoins du film. Il ne participe qu’à sa compréhension. Il ne parle pas car ses œuvres parlent d’elles mêmes. Il n’a rien de plus à ajouter. Le silence fait partie de son travail.

Rare est l’occasion de contempler ses œuvres et le lieu magnifique qu’est la fondation Cartier offre un écrin parfait pour ses sculptures humaines. Ses grandes baies vitrées font entrer la lumière qui met en valeur la beauté des détails et la précision dans l’utilisation des matériaux. L’artiste semble rechercher l’exactitude, la quintessence de l’être humain dans sa représentation charnelle. L’impression est bluffante, les sculptures semblent poser pour une photo et prêtes à bouger dans la seconde suivante.

Les œuvres monumentales nous donnent l’impression d’être tout petit. Les plus petites nous donnent l’impression de supériorité.

Les trois nouvelles sculptures figent des relations entre deux êtres, des adolescents, une mère et son bébé ou un couple sur la plage. Il arrive à proposer des scènes d’une ambiguïté intrigante.

En effet, de nombreux sentiments émanent de ces scènes figées dans le temps. Le spectateur devient une partie intégrante de l’œuvre car celle-ci suscite des émotions. Elle fait appel à notre sensibilité, notre compassion, elle intrigue par son réalisme. Ces œuvres sont universelles par leur sujet. Une humanité sans artifice. Mueck dresse un portrait de sujets ordinaires, que l’on croiserait sans y poser un regard.

Il nous propose de regarder ses êtres que l’on ne voit pas. Il confronte, dans son travail, le corps, le situationnel et l’existence dans son entièreté. L’artiste se nourrit du réel et puise son inspiration dans la vie quotidienne. Il ne cherche pas à sublimer le monde mais à le représenter au plus proche de sa réalité brute. Cependant, il emprunte de l’art pictural comme la nature morte, la photographie ou la bande dessinée pour capter le regard sur son œuvre.

Le travail de cet artiste est un hommage à l’Homme, à sa fragilité du corps, à sa fragilité dans sa psyché. Il résonne en nous comme un miroir sans concession. C’est d’une beauté implacable.

Du 16 avril au 27 octobre 2013, au 261 Boulevard Raspail, 75014 Paris, 9,50 €.

Pour plus d’informations, visitez le site de la fondation Cartier.

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Designer d'espace de formation, je trouve mon inspiration dans les arts comme l'architecture, la peinture, la photographie ou le cinéma. Écrire me permet de partager un peu de ma passion et de faire découvrir des expos ou des événements qui m'ont marqués.

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