Muffins et rôtis de porc

Dura lex sed lex. Depuis l’antiquité, parents, professeurs, patrons, policiers, juges et autres consorts nous  rabâchent cette phrase afin de nous apprendre à faire la différence entre le BIEN et le MAL (comme si les majuscules allaient changer quelque chose). Après la très contestée justice du Oeil pour oeil, dent pour dent, des lois plus civilisées ont été créées, mises sur papier, peaufinées et chaque pays a, petit à petit, modifié ses principes de vie à leur guise. Offrant une institution prétendument impartiale à ses citoyens pour les conseiller, les aider mais aussi les punir lorsqu’ils sont en tort.

Et voilà que nait la huitième merveille du monde: la très grande et sage Justice européenne. Seulement voilà, il arrive que la loi puisse paraître aberrante.

Voici l’histoire d’un belge et trois français qui ont été arrêtés pour avoir volé dans des poubelles:

Publié le 5 Mai 2011 sur le site de la RTBF

 Un juge de Termonde a condamné un homme à six mois de prison (avec sursis) parce qu’il avait volé des muffins périmés dans le container à déchets d’un supermarché. Depuis plus de dix ans, l’homme faisait les poubelles de supermarchés pour son usage propre, mais aussi pour aider les gens dans le besoin.

Publié le 6 Avril 2011 sur Lille 43000

Quelque part en France, jeudi dernier vers 21 heures. Trois personnes récupèrent de la nourriture périmée dans les poubelles d’un supermarché. Deux rôtis de porc, deux pintades, quatre paquets de raviolis, six barbotons, des fruits et légumes, en deux mots : « plein à bouffer ». Or, lundi, à 9 heures du mat’, voici que sept gendarmes déboulent chez eux à la recherche du conducteur du camion, et de deux autres personnes. Ils sont mis en cause par une plainte du directeur du supermarché (…). Au final, (…) ils ressortent avec un simple « rappel à la loi ». Un papier qui leur explique qu’ils sont accusés d’avoir « soustrait frauduleusement des denrées alimentaires périmées », « au préjudice » du directeur du supermarché. Et si, dans les trois ans, ils se remettent à récupérer de la bouffe périmée dans les poubelles d’un supermarché, il y aura des poursuites.

Quand on accepte la Dura Lex en question, on est en droit (ahah) de se poser des questions. Car même si infraction il y a, où sont passés les jugements à l’amiable? Les traitements au cas par cas? Les grosses boites se protègent à coup de barricades juridiques et les services à la clientèle s’amenuisent de jour en jour. Les procédures sont de plus en plus longues et coûteuses et l’aide au citoyen lambda est réduite au strict minimum.

Mais ce n’est pas tout. Où sont les lois, les organisations mises en place pour redistribuer les tonnes de nourriture qui sont tous les jours jetées aux sans-abris et crève-la-dalles du coin? Elles n’existent pas. Trop dangereux. Il se pourrait qu’un pauv’ clodo te colle un procès pour lui avoir donner un sandwich datant de la veille! Et bien oui! C’est comme ça maintenant: le monde ne tourne plus rond (s’il l’a jamais fait) et nous, pauvres décérébrés, on doit vivre dedans!

Sur ce, Good Bye and Good luck, les cocos!

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2 Comments

  • en travaillant dans un magasin d’alimentation, je trouve dégeulasse de ne pas redistribuer la nourriture à des personnes dans le besoin. Surtout si la date de consommation est encore bien valable!!! Meme le personnel peut l’acheter au quart du prix, pour finalement, que ce soit jeter… société de consommation pourrie ou tout est pour l’argent…et tant pis si tu n’en as pas…

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