Le n° 3 de Médor s’en prend au stade « national »

Paru juste avant le début de l’Euro 2016 organisé chez nos voisins français, le troisième numéro de Médor propose à nouveau des enquêtes à charge. L’article « Terrain Miné. Histoire très belge d’un stade si peu national », signé Eric Walravens, met les pieds dans le plats : le nouveau stade « national » sera construit en Flandre, sans véritables soutiens autres que quelques poids lourds de la politique bruxelloise, pour accueillir les futurs matchs des Diables Rouges. Ce stade qui, cela fut promis, « sera bâti, sans subsides des pouvoirs publics » ne pourra vraisemblablement sortir de terre « qu’au prix d’un bon plan de communication politique et surtout d’un tour de passe-passe financier ». En effet, si les pouvoirs publics ne paieront pas la construction du stade, la collectivité supportera bien une série de coûts : terrain cédé à une entreprise privée… puis location de places dans le stade, construction d’un immense parking souterrain de 10 000 places, et d’autres frais, de police ou de dépollution du terrain, notamment. Après un Euro en demi-teinte pour l’équipe belge, ce dossier pourrait perdre quelque peu du vent favorable de patriotisme footballistique qui l’a sous doute protégé des questions et des regards gênants jusqu’à présent.

Médor 3 - Extrait 1Les quelques pages d’une BD documentaire titrée avec humour « Elles en ont plein le seau » nous en apprennent plus sur les conditions de travail peu envieuses des techniciennes (et aussi quelques techniciens) de surface employées par des firmes de nettoyage là où, il n’y a pas si longtemps, elles étaient des membres à part entière de chaque entreprise, avec des horaires de travail, des salaires, des missions et des formes de sociabilité et de reconnaissance bien plus enviables.

Petit détour pour découvrir l’existence de salles qui, dans certaines prisons en Belgique, permettent aux détenus de recevoir des visites hors surveillance (pour maintenir les liens de son couple, par exemple) : entre limites du dispositif et vertus en matière de réinsertion, Chloé Andries en dresse un portrait nuancé et très humain.

Ailleurs, on revient sur le parcours de Luc Trullemans, météorologue médiatique, avant de devenir un paria suite à divers messages racistes postés sur les réseaux sociaux, puis candidat aux élections européennes pour le Parti Populaire de Mischaël Modrikamen. Qui est-il vraiment et comment en est-il arrivé là ?

Médor 3 - Extrait 2Parce que toutes les enquêtes n’ont pas à nous flinguer le moral, mais que certains récits démontrent qu’il existe encore des interstices pour faire advenir le changement que l’on souhaite, un article explique la lutte menée par Beya Merad, ancienne gérante d’une agence bancaire, désabusée par le manque d’éthique de son ancien partenaire, partie en guerre contre les banques, jusqu’à devenir avocate après avoir repris des études pour ce faire. L’affaire poursuit son cours devant la justice.

Médor 3 - Extrait 3Après un premier numéro éblouissant, suivi d’une deuxième livrée un peu moins percutante malgré sa qualité, le troisième Médor s’avère à nouveau tout à fait digne d’intérêt et ne se contente pas d’aboyer là où passe la caravane (pardon…). Si vous appréciez ce trimestriel, n’hésitez pas à soutenir ce média coopératif et son slow journalisme à la belge, qui prend le temps d’informer et de raconter.

Médor : les yeux ouverts. Trimestriel belge d’enquêtes et de récits, n° 3, été 2016, 17 €. ISSN : 2466-6718.

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Je n'aime pas parler de moi. Ce qui ne devrait pas être un problème vu que c'est peu probable que vous vouliez lire sur ce sujet. Par contre, j'aime bien écrire sur tout ce qui suscite ma curiosité, m'amuse ou m'interpelle. Parfois aussi les trucs que j'aime pas, pour vous mettre en garde, ou vous effrayer. Dur à dire.

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