Nicolas Fargue – J’étais derrière toi

« C’est dans la trentaine que la vie m’a sauté à la figure. J’ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu’il peut avec ce qu’il est. J’ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela pouvait bien ressembler, la souffrance et le souci, la trentaine pour me mettre, comme tout le monde, à la recherche du bonheur. Qu’est-ce qui s’est passé? Je n’ai pas connu la guerre, ni la perte d’un proche, ni de maladie grave, rien. Rien qu’une banale histoire de séparation et de rencontre. »

Conté tel un monologue, comme s’il s’adressait directement au lecteur, J’étais derrière toi de Nicolas Fargue semble être, d’après le premier paragraphe, une histoire d’amour aux débuts prometteurs.

Mais ce livre n’est pas (que) ça. A l’aide d’un nombre incalculables de digressions rendant parfois la lecture indigeste, l’auteur décrit l’inscription d’une nouvelle relation positive dans un contexte initial foncièrement négatif. Je m’explique. Tandis que le héros s’englue dans une relation longue durée extrêmement négative et violente avec une femme noire, le hasard (ou devrais-je dire le destin ?) lui fait rencontrer une femme blanche avec qui se développe rapidement une histoire éphémère douce et positive, trop positive pour lui.

Perturbé par ce contraste poignant, le narrateur insiste lourdement sur sa culpabilité, sur l’explication de ses comportements ainsi sur leur issue. Alors que l’histoire, tantôt violente et blessante avec sa femme, tantôt touchante et attirante avec sa maitresse, nous emmène dans les chemins sinueux de la psychologie du héros, les écarts, parenthèses et divagations du discours nous en éloignent tout autant, à un tel point que l’on est tenté de sauter quelques lignes ou paragraphes pour se replonger dans le concret de l’évolution des évènements, dans la vie de cet homme tiraillé entre son amour soumis pour une femme manipulatrice et son admiration pour une adulescente passionnante.L’histoire de vie décrite par Nicolas Fargue est bouleversante d’humanité et de sincérité, dommage que ces caractéristiques soient atténuées par un style parfois trop lourd et assommant.

Nicolas Fargue, J’étais derrière toi, Folio (2007).

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Musicien, photographe, écrivain, le tout en amateur mais avec passion. Au point que j'ai quitté un emploi stable pour me reconvertir dans le journalisme. Je suis retournée à l'école à 30 ans passés et depuis je me réjouis de ce choix qui me porte vers ce que je suis! Une personne curieuse de tout, passionnée de musique, de voyages terrestres ou spirituels, de rencontres avec l'autre...

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