Nicolas Rey – L’amour est déclaré

Oui, ben justement, parlons-en. Nicolas, ton roman, il est encore plus formidablement chiant que la pluie. Passée l’acidité prometteuse des six premières pages, c’était foutu. J’ai rencontré Maud et – réaction épidermique – j’ai immédiatement eu envie de lui en claquer deux et de balancer le bouquin.

Pour Nicolas, Maud est une femme de caractère. Je dirais plutôt que c’est une pimbêche exaspérante qui n’a pas une once de magie dans son soutien-gorge. Une cinglée alcoolique qui n’est même pas drôle. En même temps, Nicolas a visiblement toujours eu de la merde dans le cerveau (et la cure de désintox n’a pas l’air d’arranger grand-chose). Si tu te fais à l’idée que dans la vraie vie, l’amour n’a rien à voir avec la tendresse, la beauté d’un moment ou un jeu de regards, pas étonnant que tu te retrouves excité devant une connasse qui « aime baiser » mais qui « (hait) l’idée même de dormir avec quelqu’un », qui a « le coeur sec » et qui « ne supporte pas la promiscuité ».

Un autre personnage tout aussi inintéressant gravite autour de Nicolas : son agent. Le dépressif Yves Kleber, aussi appelé « mon petit paquet de chips » (et on ne veut pas savoir pourquoi) peut être défini en un seul adjectif : pathétique. Mais dans tout ça, le plus à plaindre est encore son fils, Hippolyte, 6 ans. Non content de lui avoir flanqué sur le dos un prénom hyper tendance pour le reste de sa vie, Nicolas passe son temps à lui rabattre les oreilles de ses conseils pourris à propos des filles, du premier râteau, de la première fois, du rapport père-fils idéal, etc. Limite on préférerait qu’Hippolyte lise la notice de tous les médocs de l’armoire à pharmacie, ça lui sera sans doute plus utile pour plus tard.

Il paraît que ce roman (?) est autobiographique. Eh ben, mon vieux, si ta vie est aussi chiante que ton roman, on comprend que la pluie te remonte le moral… Ce gars se la joue Beigbeder mais il a oublié son sourire en coin. Il joue très mal le mondain parisien désabusé et son sarcasme est amer au lieu d’être amusé. Rien de ce qu’il raconte n’est convaincant. Pas de finesse, pas de douceur, pas de piquant dans son absence de douceur, de l’ironie lourdingue, des mots en toc, des phrases qui sentent le trop réfléchi, de (très) courts chapitres qui se veulent mordants et qui tombent invariablement à plat. Ce roman est une enveloppe vide. Un truc décousu et sans intérêt.

Elle avait besoin de parler. Elle a commencé :

« J’ai un problème d’intensité. Je la recherche tellement qu’elle m’échappe à chaque fois. Je veux toujours vivre ce qui va suivre. Et lorsque je réalise que l’instant est beau, les choses me rendent encore plus triste. Chiant mon discours. Pardon. […] » [p. 63]

À vous qui passez par ici, un conseil : ne lisez pas ce brouillon qui sonne creux.

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Dévoreuse de livres

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