No country for Young Men

Comment vit-on la crise en Grèce ? Comment se projeter dans un pays en désagrégation, où 65% des moins de 25 ans sont sans emploi ? Comment envisager sereinement l’avenir lorsque tout s’écroule, et que seuls restent les symboles d’autrefois…symboles d’un passé glorieux et pesant, mais pour combien de temps encore ?

Autant de questions posées auxquelles cette exposition entend apporter un certain éclairage. En donnant la parole à une trentaine d’artistes grecs contemporains, c’est une vision sans détour, à la fois réaliste et sévère sur la situation du pays que Bozar propose gratuitement à tous les visiteurs. Leur œuvre dépasse l’actualité politique et économique et jette un regard nuancé sur ce qu’il se passe aujourd’hui en Grèce. Non seulement les effets négatifs de la crise sont mis en image, mais aussi les opportunités qu’elle offre de réinventer le pays.

NCFYM

Au travers de différents supports (photographies, installations, films, sculptures, etc.), les œuvres dénoncent cette soif de consommation qui a participé à mener le pays au bord du gouffre, et plus généralement, un regard sans concession est porté sur les conséquences sociales du capitalisme: d’un Monopoly revisité intitulé Pawnshop (de l’artiste Lina Theodorou) où chaque joueur jongle entre la corruption, les prélèvements d’Etat et le prêteur sur gage au brillant film de Yorgos Zois sur les tribulations d’un caddie de supermarché, sur la chaîne de valeurs, d’actions et de ressources humaines à la fois aux origines et impactées par ce symbole de la consommation de masse. Sans bien sûr oublier de faire allusion aux Jeux olympiques…

La scénographie de l’exposition est assez simple, mais donne ainsi justement toute la place à la voix brute des artistes, et convoie leur message sans prisme. Ainsi, dans ce chaos ambiant, on décèle quelques chants d’espoir (Alexandros Georgiou propose ainsi un Eros ayant retrouvé ses ailes, tandis que Guerillas Optimists propose les photos des actions de ce collectif qui choisit de porter le message de lendemains plus souriants.

Cette exposition est poignante de sincérité et de simplicité : les artistes auxquels une tribune est offerte disent leur désir de vivre, décemment, dans leur pays. Ce qui semble (semblait?) être un droit de fait est aujourd’hui une lutte…

Du 27/03 au 03/08/2014

Lieu : Palais des Beaux Arts

Accès : Rue Ravenstein

Tarif : Gratuit

Plus d’informations sur Bozar.

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Curieuse, spontanée, enthousiaste et exigeante, j'aime aller au théâtre et j'aime raconter ce que j'y vois, que j'ai aimé ou pas!

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