Nocif’Art donne une expo du 27 avril au 27 juin à la galerie Cigaverte

Le Nocif’Art est ce concept artistique né à Bruxelles en 2006. Il est le résultat de la concrétisation d’une idée originale développée par Gothlieb Tjiackk, principal artiste du genre, par ailleurs. Depuis, des tas d’oeuvres ont été créées de ses mains, par son travail précis et délicat, et des tas d’expositions ont été organisées, à Bruxelles et ailleurs, en vue de faire connaître ce concept hors du commun. Le principe ? Il est assez simple : faire de l’art, des tableaux avec les matières toxiques du quotidien, que nous connaissons tous et qui nous sont parfois utiles mais toujours vues comme des déchets. Gothlieb Tjiackk y a trouvé de la matière pour ses créations. La prochaine expo du Nocif’Art aura lieu du 27 avril au 27 juin à la galerie Cigaverte, au 183 rue haute, dans le célèbre quartier des Marolles, à Bruxelles.

C’est il y a treize ans que Gothlieb Tjiackk a pris son bâton de pélerin et qu’il s’est mis à arpenter les cafés, les lieux publics et autres, pour y récolter ce qui finit généralement à la poubelle, ou souvent au sol. « Ce serait une bonne matière, un bon ingrédient pour faire des toiles« , s’est-il dit. Nous parlons, bien sûr, des mégots de cigarettes. Mais pas seulement ! Puisque Gothlieb Tjiackk utilise aussi bien d’autres matériaux. Nous avons été à sa recontre pour en savoir plus !

Interview

Imprégnons-nous de votre concept. Qu’est-ce donc que le Nocif’Art ?

Pour le décrire, je dirais que le Nocif’Art est une nouvelle branche dans l’art contemporain. Et son axe artistique central repose essentiellement sur la nocivité.

Portrait « style prison » réalisé à partir de résidus de pots d’échappement de voiture diesel grattés et récupérés manuellement © D.R.

Si vous deviez résumer ce concept en trois adjectifs, quels seraient-ils ?

Je dirais que le Nocif’Art est audacieux, déroutant, violent.

D’où vous où est venue cette idée peu commode ?

Je fumais il y a une quinzaine d’années. « Qu’est-ce qu’on pourrait faire d’esthétique avec un mégot? », me suis-je demandé, un jour comme les autres. À l’époque je n’avais ni concept ni même l’idée d’en faire un. Et puis, je me suis dit : « Pourquoi ne pas faire un portrait géant avec des centaines de mégots en suivant la méthode de pixelisation ? » Et c’est comme ça que j’ai créé mon tout premier portrait, un Che Guevara réalisé avec pas moins de 15000 mégots… et un an de travail ! Ensuite, j’ai enchaîné avec des photographies qui relataient des situations néfastes comme le nucléaire, l’alcoolisme ou encore le racisme. C’est à ce moment que j’ai compris que je pouvais développer un concept artistique. Et le Nocif’Art est né. Je suis bien sûr prisonnier de mon concept car je dois toujours respecter l’axe central qu’est la nocivité, mais puisqu’elle peut être matérielle, naturelle ou morale, j’ai encore pas mal de marge en la matière.

Quels matériaux utilisez-vous pour réaliser vos oeuvres ?

Cela dépend de ce que compte réaliser. J’utile des mégots de cigarettes pour les tableaux, des particules fines pour les smographes, de la résine de cannabis pour les aquarelles, et du silicone, aussi pour les tableaux. Et je joins à tout cela quelques photographies.

Gothlieb Tjiackk triant des cigarettes pour constituer une oeuvre © D.R.

Combien d’oeuvres avez-vous déjà réalisées à ce jour ?

À l’heure qu’il est, une quarantaine. Mais le boulot continue !

Où avez-vous déjà exposé ? en Belgique ? à l’étranger ?

Pour l’instant principalement à Bruxelles en Belgique. Il y a eu beaucoup d’expos, en fait. Je citerais les plus intéressantes comme celles qui ont eu lieu à LaGalerie.be (Schaerbeek), à l’AAF (Tour et Taxis), à la Galerie Begramoff (Schuman), au White&Art Gallery (Ixelles) ou au siège du Crédit Agricole (Anderlecht).

Vous représentez souvent des personnalités. Comment les choisissez-vous ?

En général à leur taux de nocivité et dans le monde de la musique il y en a pas mal. Il y a aussi une espèce d’alchimie entre le sujet ,la matière et le résultat paradoxalement esthétique. Le portrait de Serge Gainsbourg sera réalisé avec des mégots tandis que le faciès de Bob Marley sera lui fait avec de la résine de cannabis (aquarelle). Il faut qu’il ait un lien entre le sujet et la matière, mais ce n’est pas toujours évident…

Vous, Gothlieb Tjiackk, pratiquez-vous d’autres disciplines artistiques, la peinture classique par exemple, ou vous dédiez-vous « uniquement » au Nocif’Art ?

Ça peut paraître sectaire mais je ne me consacre qu’a mon Nocif’Art, et au fil des années, il risque encore de se développer puisque j’ai le projet de me tourner notamment vers le documentaire vidéo.

Quels sont vos projets à venir, pour vous et pour le Nocif’Art, dans l’avenir proche et plus lointain ?

Dans les jours et les années qui viennent, je compte faire’ des expos et encore des expos, à la recherche, peut-être, d’une certaine reconnaissance…

Infos pratiques

L’exposition durera deux mois.

Quand ? Du 27 avril au 27 juin 2019.

Où ? À la galerie Cigaverte, rue Haute, 183 à Bruxelles (quartier des Marolles).

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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