Obsolète au Varia

L’histoire d’Alice, de Marie et d’Hervé nous parle parce qu’ils nous ressemblent. Indéniablement. Ces trentenaires qui ont eu la chance de naître occidentaux le cul bordé de nouilles et la cuillère en plastique dans la bouche à une époque où on galvanisait encore l’Homme et le Progrès comme la plus belle chose qui pouvait décemment arriver à notre magnifique planète bleue se retrouvent aujourd’hui rongés par les remords et les contradictions.

Boire du jus d’orange Monsanto ? Pas question ! Acheter des jeans délavés venant du Bangladesh ? Intolérable. Utiliser des tasses en plastique ? Vous n’y pensez pas ! Manger du chocolat ? Ah ben non, désolée, non seulement c’est pas local mais en plus on utilise plus de 1712 litres d’eau pour produire votre petite barre de 100 gr.

Oui mais… Un morceau de chocolat bio et éthique, c’est quand même bon avec une bonne tasse de café bien chaud (pourvu qu’il ne soit pas en capsule –  de l’aluminium, vous vous rendez compte ? – et sans lait – parce qu’on n’est pas des vaches, quand même !). Et puis surtout, c’est bien trop dur de dire adieu à tout ce confort auquel on a été habitués toutes ces années. Sans parler du choc culturel entre les bobos-écolos et les autres pour qui le tri, les toilettes sèches, les ampoules économiques, l’alimentation bio et locale, le commerce équitable et éthique et tout le reste ne sont que des moyens insignifiants de se donner bonne conscience dans ce monde qui court inexorablement à sa perte et qui ne sera certainement pas sauvé par ce genre d’actions à la portée infinitésimale…

Dans le fond, ils n’ont pas tort. Ceux qui devraient changer, ce sont les lobbys, les grandes entreprises, ces gens qui exploitent honteusement des enfants et produisent autant de déchets en un jour que ce qu’une famille de 4 personnes produirait en une vie. Alors à quoi bon ? En 2070, vu comme on est partis et, s’ils ne changent pas, la planète sera tout de même foutue. Autant en profiter tant qu’on peut, non ?

Le collectif Rien de Spécial, en nous confrontant à nos propres questionnements et contradictions, nous fait rire. Jaune, parfois, mais rire tout de même. Et nous amène aussi à réfléchir, à nous interroger sur les causes qu’on embrasse et celles qu’on laisse de côté, parfois un peu honteusement, car, après tout, doit-on vraiment s’empêcher de vivre sans savoir si nos efforts payeront un jour?

Loin d’eux l’idée d’offrir une solution miracle ou encore de vous faire culpabiliser un peu plus. Ils sont juste là pour partager avec le public ce sentiment, fort, universel, déroutant mais surtout humain, de n’être parfois… qu’un paradoxe vivant

Du 14 au 28 avril au Petit Varia, rue Gray 154 à 1050 Ixelles (billetterie au Varia, rue du Sceptre 78).

Mis en scène et joué par : Alice Hubball, Marie Lecomte, Hervé Piron.

Une production du collectif Rien de Spécial, en coproduction avec le Théâtre Varia, le Théâtre de l’Ancre et la Maison de la Culture de Tournai. Avec le soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles, service du Théâtre.

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