Obsolète : une pièce sur l’angoisse du futur et sur la volonté d’agir, au Théâtre Varia

Obsolète, c’est l’histoire d’un homme et deux femmes préoccupés. Tous les jours, ils sont stimulés, sensibilisés par les catastrophes diverses et variées qui se déroulent sur la planète. Pendant ce temps, eux, ils sont dans leur cuisine. A se demander quoi faire réellement. Trier ses déchets, acheter bio, signer des pétitions, faire toutes ces petites actions quotidiennes, ça ne leur suffit plus, face au futur qui s’annonce hostile. Ils culpabilisent. Que feront-ils donc ? Réponse au Théâtre Varia jusqu’au 3 février !

Le monde va à vau-l’eau. C’est le crédo de Marie, Alice et Hervé (de la Compagnie Enervé). Leur obsession. Pendant que les ours polaires voient fondre la banquise sous leurs pattes à se prendre de l’eau plein les narines jusqu’à s’y noyer, que les poissons meurent empoisonnés pour avoir dégusté de trop près les déchets qui s’aglutinent, jetés à outrance dans les rivières du monde, morts, surs les rives, que la bourse et les banques ont ruiné un nouveau pays, que des suicides d’agriculteurs indiens (ou d’ailleurs) se succèdent comme des dominos qui tombent, ils ont la boule au ventre.

Dans Obsolète, le futur est à craindre, l’inaction aussi © Alice Piemme

« En fait, ils se sentent coincés, déresponsabilisés, assistés, manipulés, stressés« , expliquent les créateurs de la pièce. Ces derniers n’ont pas choisi, au fond, ce thème par hasard. « Nous sommes des enfants de 68« , précisent-ils, « Tout ce qui semble manquer à notre époque désillusionnée y était : solidarité, utopie, confiance dans la lutte. Les jeunes d’alors se battaient, se fédéraient, se mettaient en danger et leurs combats aboutissaient à des changements palpables dans la vie de tous les jours. Pourquoi ces combats semblent-t-il appartenir à un autre temps ? Pourquoi paraît-il si difficile aujourd’hui de changer le monde ?« .

Mais ce n’est pas la seule raison de ce choix de scénario d’Obsolète. « Une autre raison, moins glorieuse, à notre difficulté d’action est probablement le confort. Nous sommes une des premières générations à jouir d’un confort aussi large, qu’il soit matériel ou qu’il concerne nos choix de vie, notre liberté. Nous regardons les combats de nos parents avec envie, mais ils se battaient pour quelque chose de vital : pouvoir aimer qui l’on veut, avoir un niveau de vie décent, ou ne pas garder un enfant non désiré. Or, le problème des menaces actuelles c’est qu’elles sont encore impalpables. Oui, la pollution et les faillites augmentent, oui, les hivers sont de moins en moins froids, oui, il y a des inondations, oui, les carburants sont hors de prix… mais on peut encore s’en accommoder. Nous sommes donc dans une situation schizophrénique, coincés entre notre angoisse pour un futur qui s’annonce atroce pour nos enfants« .

On peut donc le dire : Obsolète, c’est le constat de l’inaction de la génération des fils et des filles de 68 et de l’absence de conviction de bon nombre d’entre eux (certes pas tous, il y a toujours des activistes). Cette pièce réveillera peut-être certains d’entre nous, ….ou en confortera d’autres du bien-fondé de leur(s) combat(s) quotidien(s).

La pièce se joue au Théâtre Varia du 18 janvier au 3 février. En prime, aura lieu, autour du spectacle, la Journée verte ce samedi 27 janvier, à partir de 14h. Il s’agit d’une journée de sensibilisation à l’écologie et à l’environnement, organisée avec des associations de quartier (Refresh, Communa, Contrat de quartier Durable Gray, Maelbeek et Sceptre, Habitat & Rénovation asbl, ARC asbl).

Jeu, conception et mise en scène : Alice Hubball, Marie Lecomte, Hervé Piron
Création lumière, régie générale et bricolages inventifs : Joël Bosmans
Création sonore : Maxime Bodson
Animation vidéo : Laurent Talbot
Scénographie et costumes : Prunelle Rulens
Travail chorégraphique : Maria Clara Villa Lobos

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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