Orchestre National de Belgique : Julian Rachlin – BOZAR

Retour sur la représentation du 28 mars 2014 à Bozar.

Programmation :

  • Valentin Silvestrov : The Messenger
  • Wolfgang Amadeus Mozart : Concerto pour violon et orchestre n° 3, KV 216
  • Dmitri Chostakovich : Symphonie n° 8, op. 65

Ouvrant la soirée, The Messenger, hommage musical du compositeur ukrainien Valentin Silvestrov à son épouse disparue, semble prendre la salle du Bozar par la main tellement l’œuvre est empreinte de délicatesse, de dynamisme et de subtilité. La légèreté, soutenue par le doux bruit du vent ajouté à l’interprétation de l’orchestre, semble être le maître-mot de cette composition. La composition de Valentin Silvestrov, pour qui la mélodie joue un rôle fondamental, donne à l’Orchestre National de Belgique dirigé par Andrey Boreyko l’opportunité de commencer « en douceur » avant d’accueillir l’invité tant attendu de la soirée, Julian Rachlin.

Virtuose au violon mais aussi altiste et chef d’orchestre, le Lituanien Julian Rachlin fait partie des plus grands. Musicien complet dès sa plus tendre enfance, Rachlin se produit aujourd’hui sur les plus grandes scènes aux côtés de grands noms tels que Vl. Ashkenazy, B. Haitink, J. Levine, Z. Mehta ou encore A. Previn. Internationalement reconnu et fondateur de son propre festival à Dubrovnik, Julian Rachlin & Friends, le violoniste a offert aux spectateurs réunis ce soir-là à Bozar une magistrale et émouvante interprétation du concerto pour Violon et orchestre n°3 de W.A.Mozart brillamment conduit par le chef d’orchestre russe.  Il est évident que le Stradivarius « ex Liebig » de 1704 qui jouait ce soir a trouvé ici un bien beau partenaire !

Actuellement directeur musical du Düsseldorfer Symphoniker, du Naples Philharmonic et premier chef invité du Radio-Sinfonieorchester Stuttgart, Andrey Boreyko dirigeait ce soir l’Orchestre National de Belgique pour nous faire ressentir de fort belle manière la beauté contemporaine de « The Messenger », créé par Valentin Silvestrov ainsi que la monumentale Symphonie n°8 en do mineur, op.65 de Dmitri Chostakovitch. 

Impressionnant à plus d’un titre, l’orchestre constitué pour cette seconde partie de plus de 90 musiciens laisse la salle pendant plus d’une heure soufflée par une interprétation impeccable de l’œuvre majeure de Chostakovitch. Vibrant hommage aux victimes de la Seconde Guerre mondiale, cette Huitième Symphonie figure sans aucun doute parmi les plus grands chefs-d’œuvre de la musique symphonique du XXe siècle. Confession intime de l’artiste, témoignage de son engagement face à la guerre et cri de protestation, la complexité des cinq mouvements que constituent cette Symphonie n°8 peut s’avérer déroutante, ce qui n’a pas empêché l’œuvre de se retrouver à l’affiche des plus grandes salles du monde depuis sa création en 1943, pendant la bataille de Stalingrad.

Pendant plus de deux heures, Bozar, qui avait accueilli le discours Barack Obama quelques jours auparavant, recevait une nouvelle fois en son cœur du très très beau monde.

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