Oscars 2017: Opinion à tête reposée sur le sacre de Casey Affleck

Les Oscars, vous le savez peut-être c’était dans la nuit du 26 au 27 février. Vous le savez également peut-être, c’est Casey Affleck (le frère de Ben «batman» Affleck) qui a remporté la catégorie meilleur acteur pour son rôle dans Manchester by the sea de Kenneth Lonergan. Et franchement, j’applaudirais bien des deux mains, à coups de grands youhou enthousiastes si quelques petits détails ne me chiffonnaient pas.

Détail numéro un: J’étais #teamryangosling depuis le jour où les nominations sont tombées.

Détail numéro deux: Casey Affleck est mêlé à plusieurs affaires de harcèlement sexuel.

Oui Madame. Comme Roman Polanski. Comme Woody Allen. Comme pas mal de gens que cela n’empêche nullement de mener une bonne et belle vie. Je n’invente rien. J’ai d’ailleurs enfilé mes petites lunettes de femme qui lit pour vous diriger vers le strip de Mirion Malle que je trouve tellement bien fait, bien que déprimant et révoltant. Mais qui explique bien mieux que je ne saurais le faire les problèmes de double standard qu’on rencontre quand il est question de violence et de célébrité.

Avec toutes ces informations en ma possession, je m’interroge.

Je ne remets nullement en doute la performance dudit Casey. Je pense simplement que on ne peut pas se réunir entre privilégiés milliardaires, se moquer avec impertinence du président Trump (le mal à la mode, dont il fait bon se moquer, alors que bon, fallait peut-être ne pas le mettre là en premier lieu. Je dis ça, je dis rien). Et puis dans la même lancée, couronner roi de la promo un type dont il est de notoriété publique qu’il et pas hyper hyper respectueux de ses comparses féminines.

Parce que si moi je regarde ça, comme un ado devant les Anges de la Téléréalité qui va penser que se clasher dans une villa c’est trop la thug life, je pourrais me mettre à imaginer que rien à battre de respecter les filles, ça empêche pas de gagner à la fin.

Devant ce genre d’affaire, je suis la première à me lancer dans un combat de « si ». Et si en fait, Casey avait écrasé le chat de la fille et que pour se venger.. Et si en fait Ben il est Batman pour de vrai et qu’il a prévenu l’Académie que c’était rien que des menteuses les filles…

Sauf que ça c’est dans ma tête.

J’ai appris que souvent le monde n’est pas drôle du tout. Et que s’il y a de la fumée, c’est souvent parce que la forêt amazonienne entière crame à côté.

Du coup, je prends position.

Casey Affleck, à mes yeux tu ne méritais pas cet Oscar. Tu ne le méritais pas parce que, malgré ton indéniable talent pour le cinéma, tu n’es pas ce à quoi j’aspire en matière d’individu remarquable. On a primé l’homme. Pas le rôle. Pas le personnage. Pas même le film. Juste une idée amère que les autres, on s’en bat comme de l’an quarante. Ce qui doit être plus ou moins l’époque où cette affaire nous fait retourner.

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Fille qui écrit- Serdaigle aspirant Gryffondor- Regarde trop de séries pour son propre bien- Namur city- femme libérée sans l'abonnement à Marie-Claire.

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