Ouverture du FIFA

Le Festival du Film d’Amour de Mons (FIFA) va bientôt ouvrir ses portes pour une 33ème édition.

33 ans, l’âge du Christ! En ces temps de cinéphilie réactionnaire, il y a des signes qui ne trompent pas, le nom du programmateur (Maxime Dieu) en est un exemple. « On ne donne pas sa vie pour un iPhone. L’islam est fort, lui, d’une armée planétaire faite d’innombrables croyants prêts à mourir pour leur religion, pour Dieu et son Prophète », disait Michel Onfray. Fort de cette constatation et à l’aube d’une guerre de civilisation, le 7ème art essaie de pallier le manque de foi de ses aficionados des salles obscures.

De l’épopée christique Tu ne tueras point au prêchi prêcha de Martin Scorsese (Silence), tout porte à croire (c’est le cas de le dire) que la profession de foi des metteurs en scène ne se situe plus tellement dans leur mise en scène mais dans leur idéologie. C’est dans ce contexte que va bientôt s’ouvrir le 33ème Festival du Film d’Amour de Mons. « Aimez-vous les uns les autres », disait Jean, bien avant que sa phrase ne soit détournée par Prévert de façon tellement plus bénéfique et certainement beaucoup plus religieuse en un « Aimez-vous les uns sur les autres ».

Le FIFA n’a pas seulement l’âge du Christ, il a aussi le mien. C’est au détour de la salle numéro 5, au milieu du film Highlander 3 que mes yeux de béotien, ou d’hilote si vous préférez, vinrent à la rencontre d’un cinéma plus difficile d’accès. Je ne le savais pas encore mais la forte impression que venaient de me faire Mario Van Peebles et Christophe Lambert allait faire place à un tout autre genre de cinéma. Bien sûr j’avais déjà fait des incursions dans le cinéma d’auteur, mais d’une façon poussiéreuse, presque académique. Là, il ne s’agissait plus de Citizen Kane ou du Nosferatu de Murnau, mais bien de cinéma d’aujourd’hui.

La sensation qui prédomine au FIFA est celle du privilège, comme une certitude que le film que nous sommes en train de regarder ne sera plus jamais projeté. Combien de films brillants venant des quatre coins du monde ai-je vu sans jamais pouvoir les revoir un jour? Dans ce bric-à-brac qu’est la mémoire, il me revient des titres : La Vida Mancha d’Enrique Urbizu en 2004, La Buena Vita de David Trueba en 1998, Le Grand Galop de Krzysztof Zanussi en 2000 et Prendimi E Portami Via de Tonino Zangardi en 2004. Le FIFA est sans doute aussi à l’origine de mon engouement pour le cinéma coréen grâce au remarquable Oasis de Lee Chang-dong en 2004, sans oublier l’énorme claque donnée par Denis Villeneuve en 2001 avec sans doute son film le plus abouti : Maëlstrom.

Certainement moins connu et bénéficiant de moins de budget que la plupart des festivals, le FIFA a pourtant une belle aura qui mérite d’être sauvegardée.

Festival du Film d’Amour de Mons
Du 10 au 17 février 2017.
Les projections se dérouleront dans les 2 cinémas (Imagix & Plaza Art) et le Théâtre Royal de la ville de Mons.

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Comédien, metteur en scène et réalisateur travaillant pour l'asbl La Roulotte Théâtrale. Passionné de cinéma, de théâtre et de littérature, j'ai des projets plein la tête !

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