Oyster Node sera bientôt à l’AB: rencontre avec Julie Rens

Oyster Node remplira l’AB Flex le mardi 27 septembre. Le temps d’un lunch, nous avons rencontré Julie Rens, la chanteuse de ce groupe bruxellois qui mise plutôt sur la qualité que la quantité.

OYSTER NODE : Cosmic R&B

Avec des influences Jazz, Soul, Hip Hop, R&B mais également quelques consonances électro, Oyster Node se définit comme le représentant d’un courant alternatif, le Cosmic R&B. Une façon pour le groupe d’affirmer qu’ils ne souhaitent pas avoir d’étiquettes collées à la peau. Ils veulent faire leur musique sans être cloisonnés dans un genre musical défini. Alors que certains en produisent afin de correspondre à des standards grands publics, les nœuds d’huître composent librement. Cette approche me fait penser aux géniallissimes Balkan Beat Box qui mélangent également de nombreux univers différents. Si quelqu’un arrive à les réunir le temps d’une soirée, l’affiche serait assez détonante…

Six musiciens professionnels sont réunis derrière le noms d’Oyster Node: un ingénieur son, un pianiste, un saxophoniste, un bassiste, un batteur et la chanteuse Julie Rens.

Adeptes de l’écriture collective à partir d’un beat ou d’une mélodie, leur univers plutôt dark ne sombre pas dans le pessimisme ambiant. Bien au contraire. Ayant assuré les premières parties d’Anderson Paak, Roots Manuva, Herbalizer ainsi que différentes collaborations, dont une remarquée avec Akro, c’est avec les Gantois de Face on TV que le groupe bruxellois partagera l’affiche de l’AB Flex mardi prochain.

Disposant d’un seul EP en boutique, Oyster Node s’apprête à apporter du contenu nouveau à leurs fans de plus en plus nombreux. Des morceaux sortiront au compte-goutte via différentes plateformes en ligne dans les prochains mois.

Pour l’anecdote, Julie Rens m’avait littéralement subjugué pendant leur concert du festival de Dour 2016. La chanteuse bruxelloise de 25 ans avait attiré de nombreux festivaliers dans la Dance Hall par sa voix envoûtante qui résonnait au loin sur la plaine de feu. Mon coup de cœur du festival assurément. Et certainement l’une de mes plus belles découvertes musicales de l’année 2016. Depuis lors, je souhaitais rencontrer cette chanteuse au regard captivant et à la voix magique afin de savoir ce qui se cachait derrière ce nom mystérieux d’Oyster Node. C’est désormais chose faite.

Rencontre le temps d’un lunch avec Julie Rens, chanteuse du groupe bruxellois Oyster Node

C’est en vélo que Julie Rens m’a rejoint sur le piétonnier de Bruxelles. Entre ses cours, ses petits boulots et ses dates de concert, c’est détendue et souriante que la chanteuse a répondu à mes questions en dégustant un Bento Box à deux pas de l’Ancienne Belgique.

Douglas: Comment vas-tu? Où en es-tu dans la vie à l’heure actuelle? 

Julie Rens : Ça roule plutôt pas mal. Là j’ai cours dans une heure car je rempile pour une année supplémentaire. Je viens de terminer le Conservatoire de Bruxelles. C’est pas plus mal comme ça j’aurai plus de temps pour me consacrer à mon projet musical avec Oyster Node. On a quelques dates de concert en prévision mais normalement la fin d’année va être mise à profit pour créer des nouveaux sons et écrire des nouvelles chansons. J’aimerais prendre du temps pour apporter du contenu nouveau dans les prochains mois.

Douglas: Est-ce qu’Oyster Node est ton premier projet musical? C’est votre premier projet collectif avec les autres membres?

Julie Rens: Tout le monde se connaissait déjà mais ça a commencé il y a trois ans. Suite à une demande de concert aux Halles de Schaerbeek fin 2013, on s’est tous réunis spontanément pour écrire ce concert d’une heure en quelques semaines. Avec le succès de ce concert et le plaisir qu’on a pris, on a su que c’était le début d’une chouette aventure.

En ce qui me concerne, je suis bercée depuis toujours dans le monde de la musique. Mes parents sont musiciens professionnels. Je connais donc un peu le milieu même si nos parcours respectifs et nos styles musicaux ne sont pas comparables. J’ai fait du piano et du solfège depuis toute petite mais pour Oyster Node, je me limite à prendre le micro car on a déjà tout ce qu’il faut dans le groupe.

Douglas: Et tiens, Oyster Node, c’est quoi le délire qui se cache derrière ce nom?

Julien Rens: Alors là, il y’en a pas vraiment… en tout cas, à part te dire que c’est un nœud d’huître, je garde le mystère (clin d’œil amusé).

Douglas: La finalité, c’est d’en vivre à 100%? D’autres projets personnels en dehors du groupe ?

Julie Rens: Oui tout à fait, on aimerait tous en vivre. En dehors de mes cours et quelques petits boulots de temps en temps, je me consacre entièrement à mon projet musical. Il en va de même pour les autres membres du groupe. On a entre 24 et 35 ans et nous sommes totalement investis dans Oyster Node.

De nos jours, ce n’est pas la vente d’albums qui permet de faire beaucoup de recettes. Notre musique est disponible sur des plateformes en ligne. On a aussi un CD de notre EP, mais pas encore de vynil car c’est un peu trop onéreux au niveau de l’enregistrement. Ce sont surtout les concerts qui permettent de nous faire connaître et d’avoir des rentrées. 

Après, quand on est passionné, la question de faire autre chose ne se pose même pas. Pour l’instant, on a plus de dates côté flamand et à Bruxelles qu’en Wallonie. En Flandre, il y a beaucoup d’événements musicaux. Ça nous permet d’enchaîner les performances à un rythme plutôt régulier, mais nous sommes ouverts à jouer partout, enfin presque…

Douglas: C’est-à-dire? Vous avez déjà refusé beaucoup de salles ou de dates? Pour quelles raisons, si ce n’est pas indiscret?

Julie Rens: C’est pas qu’on veuille faire nos divas et que l’on refuse des endroits par plaisir. C’est simplement que nos sonorités demandent une acoustique de qualité afin d’apprécier pleinement notre musique. On évite de jouer dans des endroits qui pourraient nous desservir et où le public pourrait être déçu car le son n’est pas optimal. Mais la plupart du temps, nous sommes plutôt disponibles et ouverts aux propositions qui s’offrent à nous, si les exigences minimales sont réunies.

Douglas: Quelles sont les projets d’Oyster Node pour la suite? Un nouvel EP ou LP prochainement? 

Julie Rens: On prévoit de sortir des morceaux au compte-goutte d’ici la fin de l’année 2016. Oyster Node, c’est vraiment mon projet phare. Je le vis à fond et je m’y épanouis pleinement. On va continuer de faire ce qu’on a envie en espérant que le public suivra.

De mon côté, j’ai également un projet individuel avec Squeaky Lobster mais rien de très précis à l’heure actuelle. Disons que ça permet de ne pas s’endormir sur ses lauriers et d’occuper mes temps libres.

Douglas Linge: Je t’ai trouvée démente sur la scène de Dour cet été. J’étais vraiment envoûté par ta voix et ton regard sur scène. Un truc incroyable. Comment tu vis les concerts? T’es plus à l’aise dans la création ou dans la performance?

Julie Rens : J’ai besoin d’être impliquée à toutes les étapes du projet mais la finalité, c’est quand même la communion avec le public sur scène. C’est ce qui m’apporte le plus de plaisir. L’adrénaline avant une prestation, c’est vraiment unique. C’est génial quand on sent que le public capte une émotion ou un message. Après j’aime également travailler sur les mélodies et l’écriture des textes. 

Douglas Linge: Oyster Node est-il un groupe engagé? Comment qualifies-tu vos textes? 

Julie Rens: Je ne pense pas que notre groupe soit engagé… (elle se ravise en souriant) … enfin si, on l’est quand même un peu, à notre manière. Pas spécialement engagé pour une cause précise mais on aime partager nos réflexions ou notre vision de la société dans nos morceaux. Mais ça vient tout seul ou par hasard sans qu’il y ai une volonté sous-jacente d’aborder des thématiques particulières. 

Par exemple, le premier morceau de notre EP, Blinded by the void, il parle de l’éphémère. L’éphémère dans le sens où tout devient de plus en plus éphémère dans notre société. On ne prend plus le temps d’apprécier les choses sur la durée ou de les découvrir pleinement qu’on est déjà captivé par d’autres choses.

Douglas Linge: En tout cas, moi je suis toujours autant captivé par ta superbe voix aux consonances soul et je pense ne pas être le seul. Merci beaucoup pour ce lunch. Un petit selfie ensoleillé avec toi avant de te laisse filer à tes cours.

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Julie Rens et Oyster Node seront à l’Ancienne Belgique avec Face on TV ce mardi 27 septembre.

La site officiel de l’Ancienne Belgique

La page Facebook d’Oyster Node

Pour acheter votre ticket du mardi 27 septembre en ligne, c’est ici

Quelques liens pour acheter leur musique: Bandcamp, Soundcloud, etc. 

 

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