Parenthèse enchantée avec David LaChapelle au Musée des Beaux Arts de Mons

Gare du midi un matin froid de décembre, j’embarque à bord du train IC n°3730 en direction de Mons. Convaincue que le meilleur de l’actualité culturelle ne se trouve pas toujours dans les capitales, je me livre souvent à des pèlerinages d’une journée et celui-ci a un objectif précis : le musée des Beaux-Arts de Mons et son exposition (jusqu’au 25 février 2018) David LaChapelle : After the deluge.

Quand on arrive en ville…

Ce qui frappe à l’arrivée au musée, c’est évidemment la modernité de son architecture au milieu d’un centre-ville historique et bien conservé. L’ambiance ensuite, douce, décontractée, propice à la rêverie et à la déambulation. 6€ le ticket d’entrée pour les moins de 26 ans (9€ en tarif plein et 2€ pour les enfants), peu de monde dans l’exposition (un matin de semaine rien de plus normal): dès les premiers pas, on est donc conquis par le lieu, reste donc le contenu de l’exposition.

L’arche de LaChapelle

On connaît David Lachapelle surtout pour ses portraits de stars souvent érotisés et ses mises en scènes toujours flamboyantes. Egalement auteur de clips musicaux pour Britney Spears, Robbie Williams ou encore Amy Winehouse il fait partie de ces artistes contemporains qui, à l’instar de Jeff Koons ou encore Damien Hirst, ont complètement intégré les codes de la culture moderne et de la publicité dans leur œuvre. Si l’on retrouve les thèmes parfois violents et très ironiques de son travail, l’exposition est dominée par un tout autre pan de sa recherche, une vision moins acide qui emprunte à l’Histoire de l’Art (Michel-Ange, Edward Hopper, Andy Warhol, Pierre et Gilles) autant qu’à celle des religions. L’exposition nous emporte dans un voyage avec pour point de départ un déluge qui laisse la terre à la fois détruite mais aussi en proie à une renaissance quasi magique des hommes et de la nature. Si les couleurs sont sans cesse saturées elles s’adoucissent au fur et à mesure et l’humain tout comme ses constructions, laissent peu à peu place à une nature fantasmée et scintillante.

Seule à naviguer entre les toiles, j’ai été particulièrement marquée par les séries Gas et Landscape. Dans la première, LaChapelle a photographié des stations-service abandonnées dans les forêts de Maui (archipel d’Hawaï), la nature a alors repris ses droits et de ces scènes émane une grande tranquillité. La seconde met en scène des raffineries imaginaires construites à micro échelle avec des objets recyclés. Le traitement photographique est tel que ces bâtiments nous apparaissent comme à taille réelle, sortes de palais industriels de couleur et de lumière.

Lorsque je sors du musée, j’ai les yeux saturés de couleurs et la tête pleine des images magnifiques et grandiloquentes que je viens de voir. Amis montois précipitez-vous, pour les autres cessez d’hésiter, le BAM tout comme son exposition valent pleinement le détour.

David LaChapelle : After the deluge

Du mardi au dimanche de 10h à 18h

Jusqu’au 25 février 2018 au Musée des Beaux-Arts de Mons – Rue Neuve 8, 7000 Mons

Plus d’infos sur le site du BAM

Written By

Je n'aime pas choisir donc un peu de tout : des expos, des livres, des concerts, et surtout beaucoup à manger !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.